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Burkina Faso : la France autorise l'extradition de François Compaoré

François Compaoré, frère de l'ancien président burkinabé Blaise Compaoré, lors d'un sommet à Ouagadougou, en 2012.
François Compaoré, frère de l'ancien président burkinabé Blaise Compaoré, lors d'un sommet à Ouagadougou, en 2012. © Ahmed OUOBA / AFP

Le gouvernement français a autorisé l'extradition de François Compaoré vers le Burkina Faso, a  annoncé Matignon, jeudi. Le frère de l'ancien président déchu est mis en cause dans l'enquête sur l'assassinat d'un journaliste en 1998.

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Le décret d'extradition de François Compaoré - frère cadet du président déchu Blaise Compaoré - était validé depuis juin 2019 par la Cour de cassation, mais était en attente de la publication d'un décret gouvernemental. C'est désormais chose faite : le Premier ministre Edouard Philippe l'a signé jeudi 5 mars. Le texte doit désormais être publié au Journal officiel.

Contacté par l'AFP, l'avocat de l'intéressé, Me Pierre-Olivier Sur, a refusé de faire tout commentaire pour l'heure. Ce décret reste susceptible d'un recours devant le Conseil d'État.

Le frère de l'ancien président déchu est mis en cause dans l'enquête sur l'assassinat en 1998 de Norbert Zongo, un journaliste d'investigation reconnu et directeur de l'hebdomadaire L'Indépendant. Il avait été assassiné le 13 décembre 1998, alors qu'il enquêtait sur le meurtre du chauffeur de François Compaoré. Sa mort avait provoqué une profonde crise politique au "pays des hommes intègres".

Le journaliste, âgé de 49 ans, auteur de plusieurs enquêtes retentissantes dénonçant une mauvaise gouvernance sous le régime Compaoré, avait été tué avec trois de ses compagnons. Les quatre dépouilles avaient été retrouvées calcinées dans le sud du Burkina Faso.

François Compaoré avait été arrêté à l'aéroport de Roissy en octobre 2017, en exécution d'un mandat d'arrêt émis par les autorités de Ouagadougou.

"Un tournant décisif"

Mais à ce jour, il n'est pas inculpé dans son pays, à la différence de trois ex-soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'ancienne garde prétorienne de Blaise Compaoré.

"C'est un tournant décisif qui vient d'être franchi dans la quête de la justice et la manifestation de la vérité sur cette affaire qui n'a que trop durer", a réagi Guy Zongo, fils aîné de Norbert Zongo. "C'est une autre étape importante de franchie et nous nous réjouissons que cela se passe dans le bon sens et selon les accords qui existent entre les deux pays", a-t-il dit à l'AFP.

"Même si ce n'est pas aujourd'hui qu'il sera extradé puisque le décret peut faire l'objet d'un recours, tôt ou tard justice sera rendue. Nous sommes sereins sur cette fin inéluctable. Nous espérons que les choses se fassent en respect des procédures et nous avons espoir de voir enfin cette extradition se faire", a-t-il conclu.

En juin 2019, la Cour de Cassation avait rejeté le pourvoi de François Compaoré contre son extradition vers Ouagadougou, où le dossier Zongo, classé en 2003 après un "non-lieu" en faveur du seul inculpé, a été rouvert à la faveur de la chute de son frère, Blaise Compaoré.

Avec AFP

 

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