Coronavirus: l'exécutif se prépare au stade épidémique qui semble inéluctable

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Paris (AFP)

Une trentaine de chercheurs à l'Elysée autour d'Emmanuel Macron, des ministres face à des représentants d'élus locaux: l'exécutif continue d'afficher sa mobilisation face au nouveau coronavirus dont le passage au stade épidémique paraît toutefois inévitable.

285 cas confirmés sont recensés à ce jour sur le territoire, avec 73 nouveaux cas mercredi, dont 15 dans un état grave hospitalisés en réanimation.

Quatre personnes porteuses du virus sont décédées. Elles étaient soient déjà à risques soit très âgées.

Il semble "peu probable malheureusement" que la France échappe au stade 3, le stade épidémique, a indiqué mercredi la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, à l'issue d'un Conseil de défense à l'Elysée. "Nous nous préparons activement au fait d'avoir une épidémie".

Face à l'inquiétude, les sénateurs ont appelé le gouvernement à communiquer avec pédagogie, le ministre de la Santé Olivier Véran assurant que le choix fait est celui de la "transparence".

Jeudi après-midi, Emmanuel Macron doit réunir les principaux acteurs de la recherche publique et privée engagés dans la lutte contre la maladie Covid-19.

Le pays reste pour l'heure au stade 2, celui où les autorités mettent "tout en oeuvre pour freiner la diffusion du virus", selon M. Véran.

- Chômage technique -

Les restrictions collectives décidées le week-end dernier n'ont donc pas changé, les rassemblements de plus de 5.000 personnes en milieu clos, qui favorisent la transmission rapide du virus, restant notamment interdits. L'arrêté relatif à ces mesures est paru jeudi.

Ces mesures seront "réexaminées" en cas de passage au stade 3. Mais même dans ce cas, "la vie du pays ne s'arrêtera pas à cause du coronavirus" a affirmé Mme Ndiaye, "les transports en commun continueront à circuler jusqu'à nouvel ordre... ".

Le report des municipales (15-22 mars) n'est pas à l'ordre du jour.

Mais de nouvelles annulations sont annoncées par précaution, comme le MIPTV, deuxième plus grand événement mondial dédié aux professionnels de la télévision, prévu du 30 mars au 2 avril à Cannes.

L'inquiétude des Français a baissé d'un cran, selon un sondage Elabe pour BFMTV: 52% ne se disent pas inquiets, soit 5 points de plus qu'il y a une semaine. Face à ce virus bénin dans 80% des cas mais très contagieux, ils disent redouter avant tout les transports en commun.

Mais il n'y a pas encore d'impact tangible sur la fréquentation des trains, selon le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a précisé de son côté jeudi sur Europe 1 que 400 entreprises avaient demandé des mesures de chômage technique pour 6.000 salariés, principalement dans le tourisme et la restauration, où l'activité "tombe à cause du coronavirus".

- Premiers cas en Corse -

La population se précipite sur les masques, dont les stocks ont été réquisitionnés par décret pour éviter la pénurie, et les gels hydroalcooliques. Face à l'envol du prix de ces gels, l'Etat a proposé aux fabricants de plafonner leur prix à 3 euros les 100 ml.

La France est aujourd'hui l'un des principaux foyers du coronavirus en Europe, avec l'Italie et l'Allemagne.

Le bilan a brusquement grimpé en une semaine avec aujourd'hui 14 régions touchées, dont la Guyane pour la première fois, avec cinq cas avérés, tous rentrés d'un rassemblement évangélique à Mulhouse.

Dans le Haut-Rhin, environ dix personnes sont infectées et ont été hospitalisées, à la suite du même rassemblement évangélique, qui avait réuni 2.000 personnes il y a deux semaines.

La Corse, l'une des deux dernières régions épargnées jusqu'ici en métropole, a rapporté jeudi ses trois premiers cas.

Les principaux foyers de cas groupés restent l'Oise, la commune de La Balme en Haute-Savoie et le Morbihan.

Une "bonne centaine" d'écoles, collèges et lycées restent fermés en France, essentiellement dans l'Oise (35.000 élèves touchés) et le Morbihan (9.000). Une première école a fermé ses portes en Ile-de-France, à Louvres dans le Val-d'Oise, en raison de la contamination d'un élève et d'un parent ayant participé à la vie de l'établissement, selon la préfecture.