Accéder au contenu principal

Coronavirus : les quatre stades du plan de prévention en France

Panneau d'affichage à l'hôpital pédiatrique Lenval de Nice, en France, le 5 mars 2020.
Panneau d'affichage à l'hôpital pédiatrique Lenval de Nice, en France, le 5 mars 2020. © Eric Gaillard, Reuters

Avec plusieurs centaines cas de contamination au coronavirus au 5 mars, le gouvernement français prévoit de déclencher le stade 3 du plan de lutte contre l’épidémie d'ici "une ou deux semaines maximum". Que signifient concrètement ces différentes étapes pour le quotidien des Français ? Quelques éléments de réponse.

Publicité

Quarantaine, restrictions, fermetures… La France est "entrée dans une phase qui va durer des semaines et sans doute des mois [pour lutter contre le Covid-19], a assené Emmanuel Macron en début de semaine. Raison pour laquelle le président a réuni, jeudi 5 mars, les principaux acteurs de la recherche publique et privée engagés dans la lutte contre le coronavirus.

Les quatre stades du processus de prise en charge de l'épidémie.
Les quatre stades du processus de prise en charge de l'épidémie. © France 24

Car, selon la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, il semble "peu probable malheureusement" que la France échappe au stade 3, celui de l'épidémie, où il s'agit surtout d'atténuer les effets de la propagation du virus, sans pour autant arrêter les mesures pour éviter sa progression, poursuit-elle.

Que comprend chaque stade du processus d’une épidémie ? Description de ses quatre phases.

• Stade 1 : Empêcher le virus d'entrer sur le territoire

Les mesures mises en place visent à isoler les individus infectés ou revenant d'une zone à risque. Les cas avérés sont placés en confinement et une enquête sanitaire est lancée pour retracer leur activité récente et identifier les personnes qui ont pu être mises en contact avec le virus.

• Stade 2 : Limiter la propagation du coronavirus

Depuis le 28 février, la France est passée au stade 2 de son plan de lutte contre le coronavirus, celui au cours duquel les autorités mettent "tout en œuvre pour freiner la diffusion du virus", a affirmé le ministre de la Santé, Olivier Véran. Il n'y a pas encore de circulation active du virus ; seulement des foyers de contamination disséminés. En France, trois foyers de contamination ont été identifiés dans les départements de l’Oise, de Haute-Savoie et du Morbihan.

Dans ces zones touchées, on ferme les établissements scolaires, on limite les déplacements et on met en place, dans une large mesure, le télétravail. Les événements et les manifestations publics sont annulés.

Le but de cette phase est de laisser le temps aux établissements de santé de se préparer pour faire face à l’épidémie et un potentiel passage au stade 3.

Coronavirus : ""On va vers une augmentation du nombre de cas"

• Stade 3 ou "stade épidémique" : Le virus circule activement

À un tel stade, "on a l'impression que le pays va s'arrêter, que les enfants n'iront plus à l'école, qu'on n'ira plus travailler… Ce n'est pas ce qui va se passer", a assuré mardi la porte-parole du gouvernement. "Les métros continueront à circuler jusqu'à nouvel ordre ; les transports en commun continueront à circuler jusqu'à nouvel ordre… La vie du pays ne s'arrêtera pas à cause du coronavirus", a-t-elle insisté. "Le passage d'un stade à l'autre ne doit pas inquiéter. Chaque stade appelle des réponses différentes et adaptées", a complété le Premier ministre Édouard Philippe dans un autre entretien.

Le stade 3 se définit par une circulation active du virus. Il est officiellement question d’épidémie. La stratégie sanitaire est différente et passe d'une logique de détection et de prise en charge individuelle à une logique d'action collective. Il n’est plus question de freiner l’épidémie, mais d’en atténuer les effets. Le ministère de la Santé estime que cette phase peut durer entre huit et douze semaines.

Pour définir les mesures à mettre en place, la direction générale de la santé s’est appuyée sur le plan de pandémie grippale élaboré en 2011 après la grippe A (H1N1) de 2009. Il sert de réflexion et toutes les mesures qui sont soumises sont amenées à évoluer en fonction de la situation.

Concrètement, ce plan prévoit une mobilisation de tous les professionnels de santé (médecins de ville, établissements de santé, établissements médico-sociaux). La prise en charge des patients sans gravité s’effectue en ambulatoire. Ceux qui présentent des signes de gravité sont placés en établissements de santé spécifiques.

À ce stade, d'autres domaines sont impactés. Certaines lignes de train peuvent être réduites. Les autorités sanitaires encouragent en outre les transports individuels et incitent les entreprises à mettre en place le télétravail. Les visites dans les établissements d’hébergements collectifs de type Ehpad peuvent être restreintes.

Les crèches et les établissements scolaires peuvent être aménés à fermer leur porte. Bien que le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, ait assuré cette semaine que "le scénario de fermeture totale des écoles n'aurait pas lieu." Tout comme l'exécutif écarte l'hypothèse d'un report des élections municipales. Le plan d’action prévoit enfin d’éviter les pénuries et une surveillance des prix concernant les produits sanitaires.

Paradoxe : au stade 3, certaines de ces restrictions peuvent être dans le même temps allégées, puisque le virus circule vraiment partout, certaines précautions s’avèrent donc inutiles.

• Stade 4 : fin de l’épidémie 

La phase 4 signe le retour à la situation antérieure à l’épidémie. Les autorités tentent néanmoins durant cette période de se préparer "à une nouvelle vague éventuelle"…

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.