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La recherche se mobilise contre sa future loi de programmation

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Paris (AFP)

Blocages, manifestations, occupations... Plusieurs milliers de chercheurs et étudiants, en grève ce jeudi, sont descendus dans la rue crier leur opposition à la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche, en cours de finalisation par le gouvernement.

"On dit stop! On se lève et on se casse!", a lancé à la foule Marie Sonnette, du comité de mobilisation la Coordination nationale des facs et labos en lutte, reprenant les termes de la romancière Virginie Despentes dans sa récente tribune saluant le geste d'Adèle Haenel aux César.

Devant elle, plusieurs milliers - 8.600 selon la préfecture et plus de 25.000 selon les organisateurs - de chercheurs, enseignants-chercheurs, étudiants rassemblés en ce "jour où l'Université et la recherche s'arrêtent".

Au cœur de leurs revendications: un plan de titularisation massif des nombreux précaires, des créations de postes et des crédits de fonctionnement pérennes pour les laboratoires... Des mesures absentes, selon eux, de la future loi de programmation pluriannuelle pour la recherche, qui doit être prochainement présentée en Conseil des ministres.

"Et on ira jusqu'au retrait" de la loi de programmation mais aussi de la réforme des retraites, chantaient les manifestants avant de parcourir les rues du quartier latin à Paris. Entre les parapluies, pointaient des pancartes "La fac contre-attaque", "I love science", une femme portant un masque "précarité contagieuse", une boule de démolition en papier mâché.

D'autres actions étaient organisées à travers la France: un empilement de chaises vides, sur un campus à Grenoble, ou une "déambulation festive" en musique, sur le campus d'Aubervilliers. Mais aussi des blocages comme à Sciences Po Paris et Lille, Paris 13 et la faculté d'Aix-Marseille, des kermesses, des flash mobs, des concerts, des cours alternatifs...

Si la nécessité d'investir dans la recherche semble faire l’unanimité - Emmanuel Macron a déjà annoncé son ambition de consacrer 3% du PIB à la recherche -, la manière de le faire divise davantage.

- "Besoin de temps" -

Actuellement, deux modèles cohabitent: les crédits réguliers attribués aux labos ou aux établissements, en forte diminution ces 30 dernières années, et les crédits conditionnés à la sélection de projets, système que le gouvernement semble vouloir renforcer.

"Avant, nous avions la possibilité de réfléchir à long terme car il y avait des crédits récurrents dans les labos", abonde Dominique Pasquier, 67 ans, chercheuse émérite au CNRS interrogée lors de la manifestation parisienne.

"La recherche sur projet, c'est de la précarité, de la compétition et du court terme", a résumé Josiane Tack du syndicat SNTRS-CGT lors d'une conférence de presse.

Faisant écho à la crise du nouveau coronavirus et au manque de financement des recherches visant à combattre ces familles de virus, Bruno Canard, spécialiste des virus au CNRS, a souligné dans un texte lu aux manifestants, que "la recherche fondamentale était incertaine, prenait du temps et qu'elle ne marchait pas dans l'urgence".

Dans une déclaration lue avant le départ du cortège parisien, 300 enseignants-chercheurs ont menacé de démissionner de leurs fonctions administratives si le projet de loi du gouvernement n’est pas retiré au 31 mars. "On ne va pas s'arrêter là", a assuré Samuel Hayat, du comité de coordination.

"La recherche a besoin de temps, pas d'évaluation. Si ça passe, on va être en burn out", a assuré Kim, enseignante-chercheuse.

"Tout le monde se rend compte que l'on va dans le mur", pour Alain Roques, directeur de recherches du CGT-Inra.

La Coordination nationale des facs et labos en lutte qui, selon elle, rassemble au moins 111 universités et écoles, 290 labos et 145 revues scientifiques, se réunira vendredi et samedi pour décider les suites à donner au mouvement.

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