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Le quotidien bousculé des généralistes du Morbihan dans un foyer du coronavirus

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Crach (France) (AFP)

Recours aux téléconsultations, salles d'attente quasi vides, masque de protection et gants: les médecins généralistes qui exercent dans la zone du Morbihan particulièrement touchée par le coronavirus font face à une situation inédite qui bouscule leur quotidien.

Le Morbihan a recensé depuis dimanche une vingtaine de cas de coronavirus et un décès.

A Crac'h, commune de 3.400 habitants du golfe du Morbihan et un des principaux foyers de l'épidémie en France, le docteur Christian Morigny accueille dans son cabinet un père tenant son bébé toussant avec un masque un brin intimidant. "Je suis potentiellement contaminant mais je vous rassure, je n'ai aucun symptôme", dit-il au père, avant d'ausculter le bébé avec des gants.

Face au nombre de cas, il doit jongler avec son planning afin d'accueillir les personnes potentiellement porteuses du coronavirus "en dehors des horaires habituels de consultation de façon à ce qu'ils ne puissent pas être en contact avec d'autres patients".

Car dimanche soir, il a reçu un appel de l'Agence régionale de santé lui indiquant que un, puis trois de ses patients avaient été testés positifs au coronavirus. "Je peux vous dire que ça a été quand même un peu surprenant, on est dans un petit bourg de Bretagne. Je pensais que ça allait plutôt arriver par les grandes villes".

Autre effet de l'épidémie sur le quotidien des généralistes: la hausse des téléconsultations et consultations téléphoniques.

Ainsi, sur la porte d'un autre cabinet du village, une affichette donne le ton: "si vous n'avez pas rendez-vous, ne pas entrer sans notre accord".

"Ici, on est en zone cluster", prévient le docteur Isabelle Ezanno, qui a enlevé tous les magazines et les jouets de la salle d'attente. "Je ne fais pratiquement que de la vidéoconsultation", dit-elle, alors que son téléphone et le son de l'application de téléconsultation n'en finissent plus de sonner.

- Arrêts maladie en cascade -

Auparavant, elle n'utilisait cet outil que "pour dépanner", reconnait-elle. Mais à l'heure du coronavirus, elle en mesure toute l'utilité "pour éviter que les gens se croisent et que le virus circule davantage".

A quelques kilomètres de Crac'h, à Auray, la grande salle d'attente du docteur Eric Henry est elle aussi quasi vide, une situation qui contraste avec la crise liée à la grippe A/H1N1 de 2009.

"Contrairement au H1N1, on n'a pas de psychose, les gens sont sereins. Ils ont analysé la situation de façon calme et déterminée, globalement le seul goulot d'étranglement qu'il existe actuellement sont les arrêts de travail", observe-t-il après en avoir signés près de 80 en deux jours, contre... un ou deux en temps normal.

"On en est pour l'instant à gérer les problèmes administratifs plus qu'à gérer des problèmes médicaux", dit-il, expliquant lui aussi avoir essentiellement recours aux téléconsultations. "En fait, on fait juste de la surveillance de patients malades et de l'isolement. Ensuite on organise administrativement la vie d'un territoire pollué... C'est un peu comme Fukushima, il n'y a plus rien qui bouge!", lance l'ancien président du syndicat de médecins SML.

Pour les médecins du "cluster" du Morbihan qui jugent la mortalité du virus "pas si importante" mais avec un nombre de cas "sans doute beaucoup plus important" que ceux communiqués par les autorités, ils confient ne pas craindre de se retrouver en première ligne.

"Je n'ai pas du tout peur: on se protège, on se lave les mains, comme on fait lors de chaque épidémie! Quand il y a une épidémie de gastro, on fait attention et on croise les doigts pour ne pas être malade et... souvent on ne l'est pas!", confie Mme Ezanno.

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