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Pétrole: face au coronavirus, l'Opep ne présente pas de front uni

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Vienne (AFP)

Quelle parade à la déroute des cours du pétrole ? Les pays producteurs de l'Opep et leurs alliés ont abordé divisés leur conférence à Vienne jeudi, partagés sur l'ampleur de la réaction à adopter face à l'épidémie de coronavirus qui mine la demande.

Une première séance de discussions réunissant uniquement les 13 pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole a commencé vers 10h00 heure locale (09h00 GMT), au siège autrichien de l'organisation. Ils ne retrouveront leurs dix alliés signataires de l'accord Opep+ que vendredi matin, pour tenter d'atteindre un consensus.

Les signaux, déjà peu favorables sur un marché à l'offre excédentaire, sont carrément passés au rouge ces dernières semaines à mesure que l'épidémie de pneumonie virale se propageait à travers le globe.

Les revenus pétroliers souffrent notamment du ralentissement imposé par le coronavirus à l'économie de la Chine, premier importateur mondial de pétrole. L'OCDE a ramené lundi sa prévision de croissance mondiale pour 2020 de 2,9% à 2,4% et le FMI a recommandé mercredi à la communauté internationale d'en faire trop plutôt que pas assez pour contrer l'impact du nouveau coronavirus.

La propagation de l'infection a ruiné les efforts consentis en décembre par l'Opep et la Russie qui s'étaient imposés des quotas de production encore plus stricts pour faire remonter les prix.

Le cours du baril de Brent de la mer du Nord, la référence européenne, est passé dimanche sous la barre des 50 dollars, un plus bas qu'il n'avait pas atteint depuis juillet 2017.

- Approches divergentes -

Afin d'enrayer cette chute, l'alliance de 23 pays producteurs, connue sous le nom d'Opep+, n'a d'autre choix que de s'accorder sur des coupes supplémentaires dans les extractions d'or noir, "l'annonce d'une baisse de la production pouvant cimenter la reprise des marchés", a estimé jeudi Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.

Mais cette stratégie n'a pas l'adhésion de la Russie, deuxième pays producteur mondial de brut derrière les États-Unis et devant l'Arabie saoudite, qui a basé ses prévisions buldgétaires sur un baril à 42,4 dollars et répète qu'elle se satisfait du niveau actuel des prix. Elle propose de prolonger l'accord en vigueur, a annoncé mercredi l'agence publique RIA Novosti.

Cette option n'est pas vue d'un bon œil par l'Arabie saoudite, le principal producteur de l'Opep, qui voudrait au contraire retirer du marché un million de barils par jour, histoire de redonner un vrai coup de fouet aux cours du brut, selon plusieurs sources.

La réussite des négociations repose par conséquent sur la capacité d'entente de l'alliance russo-saoudienne, en vigueur depuis fin 2016 mais qui a donné des signes de tiraillements ces derniers mois.

- Précautions sanitaires -

Au-delà des divergences sur le fond, l'épidémie chamboule aussi les habitudes des ministres et délégués des membres du cartel présents cette semaine à Vienne.

Jeudi, un médecin a pris la parole en amont de la réunion pour rappeler que les risques de contamination par le coronavirus sont jugés "faibles" à Vienne... tout en invitant à "limiter les poignées de mains" et à se signaler auprès de l'équipe médicale "en cas de toux ou de fièvre".

L'Autriche a déclaré 37 cas d'infection au nouveau coronavirus.

Comme la veille, des membres du personnel médical ont pris au pistolet la température des entrants dans les locaux du cartel, de même que celle des journalistes à la porte de la salle de presse, improvisée dans un hôtel voisin.

M. Barkindo, le secrétaire général nigérian de l'Opep et Alexandre Novak, le ministre russe de l’Énergie, se sont même essayés mercredi au "footshake", une façon de se saluer d'un léger coup de pied, selon une vidéo mise en ligne par l'Organisation.

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