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Retraites: l'étape 1 du marathon en passe de s'achever à l'Assemblée, sans la gauche

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Paris (AFP)

L'Assemblée nationale s'apprête à adopter le volet organique de la réforme des retraites, marquant la fin d'un premier marathon parlementaire acharné, conclu par un dernier baroud d'honneur de la gauche, qui a quitté jeudi l'hémicycle.

Les députés sont mobilisés depuis un mois sur cette réforme emblématique visant à créer un système "universel" par points. Ils ont entamé mercredi l'examen du texte organique, au lendemain de l'adoption en première lecture du volet principal via le recours très critiqué à l'arme du 49-3.

Le texte organique de cinq articles, objet de 1.800 amendement (contre 65 articles et quelque 40.000 amendements pour l'autre volet), fixe notamment une "règle d'or" sur l'équilibre financier du futur système. Il prévoit aussi une application anticipée de la réforme dès 2022 pour les parlementaires.

Les oppositions, mobilisées depuis le début des travaux en commission le 3 février, n'ont pas relâché la pression critiquant encore et toujours une réforme qui "manque de coeur" selon la gauche, et qui n'est pas financée d'après la droite. Les mêmes accusations peu ou prou que sur la première partie, interrompue après 13 jours d'un débat hors norme, dénoncé à droite comme à gauche comme un "fiasco".

Mais alors que les députés pensaient siéger jusqu'à dimanche, pour un troisième week-end consécutif, le rythme s'est considérablement accéléré, dans un hémicycle assez dégarni.

D'emblée, la rapporteure Cendra Motin (LREM) avait indiqué qu'elle ne commenterait pas les amendements de forme, le secrétaire d'Etat Laurent Pietraszewski se contentant souvent d'un simple avis défavorable.

De quoi susciter des protestations récurrentes à gauche sur un débat en train de "s'étioler".

"Vous ne répondez à rien (...) défavorable, défavorable, défavorable", a tonné l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon, fustigeant la "déroute morale" d'une majorité "même pas capable" de défendre son "affaire".

Régis Juanico (app. PS) a ensuite dénoncé le "petit jeu" de la majorité et du gouvernement pour que le texte "passe comme une lettre à la poste". Mais, a-t-il dit, "cela ne fera pas oublier la chronique du naufrage parlementaire depuis maintenant un mois".

- "On se barre!"

Après une suspension de séance, les élus PS, PCF et LFI ont quitté d'un bloc jeudi l'hémicycle, dénonçant une "mascarade de débat" et une "triste comédie".

Pour le communiste Sébastien Jumel, "les choses vont se jouer ailleurs". Il a promis une "raclée monumentale" pour la majorité lors des municipales des 15 et 22 mars.

"Pour reprendre les termes de l'écrivaine Virginie Despentes, nous aussi on se lève et on se barre!", a enchaîné Clémentine Autain (LFI). Même décision pour Valérie Rabault (PS) après avoir réclamé comme LR, un vote solennel sur ce texte, et non un scrutin "en catimini".

Le chef de file des élus LREM Gilles Le Gendre a dénoncé après le départ des trois groupes de gauches une manoeuvre "montée à la va vite", le MoDem Bruno Millienne regrettant sur Twitter cette "politique de la chaise vide".

Thierry Benoit (UDI-Agir) a jugé que cela donne une image encore "déplorable de l'Assemblée", sa collègue Agnès Firmin Le Bodo y voyant un "mauvais film".

L'examen a repris dans la foulée à un rythme encore accéléré, tous les amendements de gauche n'étant pas défendus.

Dans le même temps, la bataille s'est poursuivie dans les couloirs de l'Assemblée où M. Le Gendre a raillé les "mauvais acteurs d'une mauvaise pièce". Ils préfèrent "mettre le chaos" que de débattre a renchéri Jean-René Cazeneuve (LREM) sur Twitter.

Jean-Luc Mélenchon a invité de son côté la majorité à "parler avec les murs".

La bataille est loin d'être achevée. Côté rue, une nouvelle journée de mobilisation est annoncée le 31 mars. Côté Parlement, la réforme est attendue au Sénat fin avril, où les élus communistes ont d'ores et déjà promis "un long débat".

Le gouvernement, déjà sous tension entre coronavirus et élections municipales, n'a pas fermé la porte à un éventuel report de 15 jours pour attendre les conclusions de la "conférence de financement".

La réforme reviendra ensuite à l'Assemblée, le gouvernement tablant toujours sur une adoption définitive avant l'été.

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