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Banlieues Bleues, un laboratoire musical de dimension planétaire

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Paris (AFP)

"Tous sont des musiciens ou des musiciennes qui ont fait bouger les lignes, bousculent les codes et essaient de créer autre chose", affirme le président de Banlieues Bleues en Seine-Saint-Denis à propos des protagonistes venus du jazz ou d'ailleurs, de la 37e édition du festival qui démarre vendredi.

Jusqu'au 3 avril, les scènes séquano-dyonisiennes de Pantin à Tremblay, en passant par Saint-Ouen, vont devenir autant de champs d'expérimentations musicales pour la jeune scène française, multiple, et des musiciens venus de Colombie, du Sénégal, d'Europe, de New York, de Lagos, du Canada, des Caraïbes, du Somaliland. Aucune consigne liée au coronavirus ne devrait entraver le bon déroulement du festival, selon ses organisateurs.

Les musiques proposées sont très diverses: jazz, rap, électro, blues, musiques créoles, africaines, orientales...

"Le spectre est ouvert, on s'intéresse à tout", lâche Xavier Lemettre qui préside aux destinées de Banlieues Bleues et place "la valeur artistique avant la notoriété".

Peu de festivals peuvent se targuer d'avoir dans leur programme Lucrecia Dalt, une Colombienne qui fabrique sa musique électronique à Berlin, les Ghanéens impertinents de Fokn Bois, la Néo-orléanaise d'origine haïtienne Leyla McCalla, ou Jerusalem in my Heart, un spectacle audiovisuel autour de la musique arabe concocté par un duo libano-canadien.

"La mondialisation, elle existe depuis longtemps", estime Xavier Lemettre qui en date le commencement dès le XVIIe siècle, lorsque pirates, marins et esclaves ont traversé les océans. "Mais elle s'accélère".

Les migrations seront d'ailleurs le thème de l'une des créations - une dimension importante du festival, qui en propose 12 dont certaines impliquant la jeune population locale - de "BB", intitiée par les poètes-rappeurs Mike Ladd, Sarr Aka Tie et Juice Aleem.

- L'Afrique ciblée -

Sur la carte musicale, Banlieues Bleues a coché plus particulièrement l'Afrique cette année.

A travers ses anciens, toujours de "super grands musiciens" selon Xavier Lemettre: le batteur Tony Allen, l'inventeur de l'afro-beat, le claviériste malien Cheikh Tidiane Seck, pour un hommage inspiré au pianiste de jazz Randy Weston, le saxophoniste nigérian Femi, l'un des fils du grand Fela Anipulapo Kuti.

Mais aussi à travers ses nouvelles générations avec Fokn Bois, des Ghanéens qui font quelque chose de très moderne et vont à l'encontre des clichés sur l'Afrique avec des chansons bourrées d'humour et assez critiques de la tradition, ou Guiss Guiss Bou Bess où Sénégalais et Français essaient de marier sonorités électros et tambours sabar.

Banlieues Bleues donne toujours la parole à la nouvelle scène underground française, avec le duo d'improvisatrices Qonicho Ah ! ou le pianiste Xavier Camarasa et son quintette.

Il cultive aussi une forme de fidélité: le saxophoniste Sylvain Rifflet, le flûtiste franco-ivoirien Magik Malik, la contrebassiste Sarah Murcia, le groupe Papanosh avec le tchatcheur André Minvielle, le tromboniste Fidel Fourneyron y font désormais figure d'anciens.

"La première fois où j'ai travaillé avec eux, c'était il y a une quinzaine d'années. Depuis, j'y ai réalisé pas mal de choses, deux créations, des résidences, des actions pédagogiques", confie le tromboniste Fidel Fourneyron, ancien membre de l'Orchestre National de Jazz de Daniel Yvinec.

"Pour moi c'est un lieu essentiel dans la vie d'un jazz un peu ouvert. Les festivals de cette taille qui font ce travail-là sont rares et précieux. C'est vraiment un endroit où on peut aller pour découvrir des choses".

Comme "Animal", l'une des dernières fantaisies sonores de Fourneyron qui a voulu décrire en musiques la vie et les mouvements de personnages du monde animal comme le chat ou la baleine.

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