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Coronavirus: l'Assemblée entre inquiétude et appels à ne pas "surréagir"

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Paris (AFP)

Certains sont "très inquiets" et d'autres pas du tout, plaidant qu'il ne faut pas "céder à l'irrationnel" : au lendemain de l'annonce des premiers cas de coronavirus à l'Assemblée, députés et collaborateurs digèrent la nouvelle.

La présidence du Palais Bourbon a annoncé jeudi soir la contamination de deux personnes, dont un député LR du Haut-Rhin, Jean-Luc Reitzer, hospitalisé en réanimation. Son bureau était orné vendredi d'une affichette "accès interdit".

L'autre cas concerne un salarié, qui travaillait encore ces derniers jours à la buvette des députés, et est "confiné à domicile". S'y ajoute un troisième cas suspect, chez un salarié du restaurant des députés, qui "est hospitalisé".

Dernièrement, au moins deux députés venant de zones à risque avaient aussi été confinés.

De quoi affoler ceux qui gravitent dans cette ruche, où se côtoient 577 élus, leurs collaborateurs, mais aussi plus d'un millier de fonctionnaires et des visiteurs en nombre, même si beaucoup se félicitent que les travaux en séance soient suspendus jusqu'au 23 mars pour cause d'élections municipales.

Pour Philippe Gosselin (LR), "c'est sérieux". Le virus "pourrait se propager d'autant plus facilement, qu'à l'Assemblée tout le monde croise tout le monde. Et que tout le monde vient de partout, voire des quatre coins du monde", dit-il à l'AFP.

Dès le 3 mars, le bureau de l'Assemblée, son conseil d'administration, avait édicté des consignes : information en interne, pas de bise ni de serrage de main, utilisation du gel hydroalcoolique... Jeudi soir, le président Richard Ferrand (LREM) a rappelé les règles, notamment pour ceux ayant fréquenté la buvette ou le restaurant, dont le "contrôle de la température deux fois par jour" et la "restriction de la vie sociale".

- "Zone de contact" -

François de Rugy (LREM) qui rapporte à l'AFP avoir dernièrement déjeuné au restaurant et dîné à la buvette, "prend l'alerte au sérieux". Il n'ira notamment pas, comme il l'avait prévu, rendre visite à sa mère de 79 ans, qui suit un traitement réduisant ses défenses immunitaires.

Le mouvement "dominant" est à l'annulation des rendez-vous pour ceux qui ont fréquenté le restaurant et/ou la buvette, dit-il.

Pas de rendez-vous non plus pour Matthieu Orphelin (ex-LREM) qui rapporte comme d'autres qu'il vient de "prendre(s)a température". Ni pour Philippe Chalumeau (LREM) médecin généraliste qui s'est retrouvé à l'Assemblée "dans une zone de contact".

Maxime Minot, député de l'Oise, un des foyers de l'épidémie, confie à l'AFP être "très inquiet pour l'ensemble de l'institution".

Du côté des collaborateurs, on note qu'il y a "très peu" de monde sur place ce vendredi, les travaux dans l'hémicycle s'étant achevés la veille sur les retraites.

Mais le niveau d'inquiétude est "élevé" voire "très élevé", rapporte Gonzague de Chantérac, du syndicat CFTC, même si depuis une semaine "tout le monde garde davantage ses distances", observe Astrid Morne (UNSA-USCP). Elle pointe notamment "une inquiétude chez les fonctionnaires" de voir que les visites de l'Assemblée sont maintenues.

Vendredi matin, une classe de CM2 parisienne déambulait ainsi dans le Palais Bourbon. "On suit les consignes et on reste vigilants", rapportaient les accompagnatrices, tandis que non loin de là, des agents de nettoyage essuyaient méticuleusement les poignées de porte.

Côté députés, ce n'était pas la foule. Aux 4 colonnes, le lieu de rencontre avec la presse, Bruno Fuchs (app MoDem) plaidait pour ne pas sombrer dans la "psychose", malgré le "choc" de la contamination d'un collègue.

Jean-Marie Sermier (LR), dont la place dans l’hémicycle est juste derrière l'élu contaminé, a assuré sur BFMTV faire "complètement confiance en l’institution et au corps médical".

"Pas de raison de paniquer", a abondé Olivier Becht (UDI-Agir du Haut-Rhin), sur franceinfo, tandis que l'insoumis Alexis Corbière plaidait sur Cnewspour ne pas céder à "l'affolement".

Le chef de file des élus LREM Gilles Le Gendre a admis pour sa part "la dimension symbolique" d'une contamination à l'Assemblée, mais estimé qu'il ne fallait pas "surréagir".

Son collègue Jean-Baptiste Moreau (LREM), lui, n'est "pas du tout" inquiet. "Il ne faut pas céder à l'irrationnel", dit-il à l'AFP. "Il faut être vigilants, mais ce n'est pas Ebola non plus".

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