Accéder au contenu principal

Coronavirus: la défiance au plus haut sur les marchés

Publicité

Paris (AFP)

Les marchés continuaient à défaillir vendredi dans un contexte de nervosité extrême, alors que le monde est engagé dans une course contre la montre pour endiguer les effets délétères de l'épidémie de coronavirus sur l'économie.

Vers 14H50 (13H50 GMT), les Bourses européennes continuaient de s'enfoncer dans le rouge, de Paris (-4,02%) à Londres (-3,40%), en passant par Francfort (-3,44%), Madrid (-3,50%) et Milan (-3,45%).

Avant elles, les marchés asiatiques avaient également accusé le coup, quoique dans une moindre proportion, tandis que Wall Street - après avoir dévissé de plus de 3% jeudi - devrait également chuter fortement à l'ouverture ce vendredi.

Le contrat à terme sur l'indice vedette Dow Jones Industrial Average plongeait de 2,70%, celui de l'indice élargi S&P 500 de 2,89% et celui du Nasdaq, à forte coloration technologique, de 3,18%.

Entrés dans une phase aigüe de stress, les marchés n'en finissent pas de se chercher: leur tentative de rebond en début de semaine, fragile en dépit de l'ampleur de la baisse hebdomadaire précédente, a été rapidement balayée par un retour généralisé à la défiance sur tous les actifs risqués, actions en tête.

Signe de cette aversion marquée au risque, le taux obligataire américain à 10 ans continuait de franchir de nouveaux records historiques à la baisse, tandis que le taux allemand de même échéance est revenu à son plus bas historique atteint début septembre.

Le pétrole perdait de son côté près de 4% alors que le marché restait suspendu à la réponse de la Russie à la proposition de l'Opep d'accroître les coupes de production.

Après une séquence noire la semaine dernière, la volatilité est restée très élevée ces derniers jours: "Sur les neuf dernières séances de Bourse, sept ont enregistré des évolutions proches ou supérieures à 3%: cinq à la baisse et deux à la hausse", souligne la Banque Postale Asset Management dans une note.

Et si elle a pu momentanément aider les marchés à temporiser, la décision surprise de la Réserve fédérale américaine d'abaisser ses taux de 50 points de base n'aura pas suffi à rassurer les investisseurs.

Contrairement aux places européennes, Wall Street avait d'ailleurs accueilli négativement cette annonce avant de remonter le lendemain grâce au retour de Joe Biden au rang de favori des primaires démocrates face à Bernie Sanders.

"L'argent bon marché des banques centrales et les paquets d'aides en milliards des Etats ne peuvent que soulager les symptômes, ils ne combattent pas la cause" de l'épidémie, note Milan Cutkovic, analyste chez AxiTrader.

Après l'intervention de la Fed, des banques centrales canadienne, australienne et malaisienne, d'autres sont aussi dans les starting-blocks.

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre (BoE) a estimé jeudi que l'institution avait "encore beaucoup de munitions" pour faire face à une crise financière, malgré des taux d'intérêt déjà très bas.

Les regards sont surtout tournés vers la Banque centrale européenne (BCE), qui dévoilera ses intentions la semaine prochaine, et dispose a priori de moins de marges de manoeuvre.

- Sortir du brouillard -

Mais nombre d'intervenants de marché considèrent que la réponse à apporter devrait être beaucoup plus budgétaire que monétaire pour être efficace. Des plans de plusieurs milliards ont d'ores et déjà été débloqués aux Etats-Unis et en Italie pour répondre à cette crise sanitaire inédite.

"Tout ce qui peut contribuer à court-circuiter la panique et abaisser le prix de la liquidité est bon à prendre, même si on n'en voit pas tous les effets instantanément", affirme Bruno Cavalier, chef économiste chez Oddo BHF.

Car pour l'heure, les marchés restent dans le brouillard: nul ne sait quand prendront fin les mesures drastiques prises dans de nombreux pays pour endiguer la propagation du virus telles que le confinement de la population, la fermeture des écoles et autres sites ainsi que les annulations de salons professionnels.

"Pour les marchés, l'équation reste la même: comment va évoluer l'épidémie à l'échelle mondiale, en combien de temps et quel impact économique dans la durée ?" récapitule Tangi Le Liboux, un stratégiste du courtier Aurel BGC.

"Avec des contaminations à 4 chiffres, la psychose prend de l'ampleur et les gouvernements multiplient les mesures, ce qui porte un coup terrible à l'économie", souligne-t-il.

Car plus que tout autre indicateur, c'est le nombre quotidien de nouvelles contaminations que les investisseurs scrutent à la loupe.

Les pays les plus touchés après la Chine sont la Corée du Sud (6.284 cas dont 196 nouveaux, 42 décès), l'Italie (3.858 cas, dont aucun nouveau, 148 décès), l'Iran (4.747 cas dont aucun nouveau, 124 décès) et la France (423 cas dont 46 nouveaux, 7 décès).

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.