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Coronavirus : quelques bonnes nouvelles tout de même

Des élèves portant des masques de protection après un cas de coronavirus, à Lhokseumawe, en Indonésie, le 6 mars 2020.
Des élèves portant des masques de protection après un cas de coronavirus, à Lhokseumawe, en Indonésie, le 6 mars 2020. © Antara Foto, Reuters

En marge des compteurs qui affichent chaque jour un nombre plus élevé de personnes infectées par le nouveau coronavirus dans le monde, quelques conséquences positives émergent tout de même de ce sombre tableau.  

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Avec plus de 3 400 morts et 100 000 personnes contaminées dans 91 pays du globe, le Covid-19 suscite nombre d'inquiétudes. Néanmoins certaines conséquences insoupçonnées liées au virus peuvent apporter un peu d'espoir.

Baisse de la pollution en Chine

À mesure que le virus se propage, on respire mieux dans l’Empire du milieu. Un paradoxe qui s’explique par le ralentissement des activités industrielles. Certes, le Nouvel An chinois provoque chaque année dans le pays une baisse de la production des usines. Mais dans ce cas précis, la diminution des émissions se poursuit dans le temps. Deux clichés spectaculaires, publiés le 28 février par la Nasa sur Twitter, permettent en effet de visualiser la baisse du taux de dioxyde d’azote (NO2) entre janvier et février. "C’est la première fois que je constate une baisse aussi spectaculaire sur une zone aussi large", a souligné Fei Liu, chercheur sur la qualité de l'air au Goddard Space Flight Center de la Nasa.

Les émissions de CO2 en Chine ont par ailleurs diminué d’un quart en deux semaines, si l’on en croit une étude publiée le 19 février sur le site britannique Carbon Brief. Là aussi, il s’agit d’une conséquence liée à la réduction des activités industrielles et à la limitation des déplacements des Chinois en voiture et en avion. Le trafic aérien est  passé de 17 180 vols le 22 janvier à 3 243 le 12 février, soit une baisse de 70 % du trafic par rapport au mois précédent. Enfin, l’ONG "World Air Quality Index", à Pékin, a pour sa part enregistré une baisse des émissions de particules fines dans le pays.

Des données enthousiasmantes que des scientifiques et climatologues modèrent cependant. "Quand l'épidémie aura reflué, il est probable qu'on constate une pollution de rétorsion, avec des usines maximisant leur production pour compenser leurs pertes après leur fermeture prolongée" a expliqué Li Shuo, porte-parole de Greenpeace Chine.

Les pangolins en sursis

Les pangolins eux aussi respirent mieux. Mais ce n’est pas seulement lié à la qualité de l’air. Avant l’épidémie de coronavirus, le pholidote à écailles était très prisé des Chinois pour sa chair, accompagnant les plats les plus raffinés. Ses écailles faisaient, elles, la fortune des marchands de remèdes. La kératine de sa carapace servait aussi bien à soigner pêle-mêle problèmes de libido, circulation sanguine, panaris ou cancers. Dès 2017, les autorités chinoises ont pourtant interdit sa commercialisation. En vain. Le trafic s’est poursuivi. Selon l’ONG Traffic, 900 000 pangolins, en provenance d’Afrique, ont été vendus au marché noir en Asie du Sud-Est entre 2010 et 2019. L’animal figure depuis sur la liste rouge des espèces menacées, dressée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Or depuis que des scientifiques chinois ont, dans un premier temps, accusé ce mangeur de fourmis de jouer les intermédiaires dans la transmission du virus, le petit mammifère a refreiné l’appétit de ses plus grands amateurs. Une bonne nouvelle pour cette espèce parmi les plus braconnées au monde.

Les animaux sauvages protégés en Chine 

Chauves-souris, serpents, civette et salamandres peuvent également souffler. Lundi 24 février, Pékin a décidé d’étendre l’interdiction de commercialiser à tous les animaux sauvages. Le comité permanent du parlement chinois a, en effet, approuvé cette proposition visant à "abolir la mauvaise habitude de trop consommer des animaux sauvages et protéger efficacement la santé et la vie de la population", a rapporté la télévision d'État CCTV.

Reconnaissant "l'important problème de la consommation excessive d'animaux sauvages et les grands dangers cachés pour la santé et la sécurité publiques", Pékin a donc décidé de frapper fort.

Hélas, la même interdiction avait déjà été prise lors de la crise du Sras (Syndrome respiratoire aigü sévère) en 2002-2003. Et rapidement, le faible des Chinois pour les animaux sauvage avait eu raison de l’interdiction. Mais le retour d’un nouveau virus pourrait cette fois faire évoluer les mentalités et les pratiques.

La grippe en recul grâce aux gestes barrière

Le dernier bulletin de Santé publique France, publié le 4 mars, est formel : "l'activité grippale est en diminution dans la majorité des régions en métropole". Certes, le virus continue à circuler dans l'ensemble des régions mais le plus dur semble être passé. L'Ile-de-France est la première région à être passée en stade "post-épidémique", selon les autorités sanitaires.

Il semble en outre que l'épidémie de 2019-2020 ait été moins virulente que celle des deux années précédentes. Une faible progression de la maladie qui peut s’expliquer cette année par une meilleure observation des "gestes barrières" des Français confrontés au risque de coronavirus. "Il est très vraisemblable que le fait de se laver souvent les mains, comme on le fait en ce moment, y contribue", a reconnu le Dr Serge Smadja, directeur de SOS Médecins à Paris, dans un article du Parisien. Une bonne nouvelle quand on sait que l'épidémie de grippe a tué 8 000 personnes en France en 2018-2019.

Des relocalisations envisagées 

Le coronavirus a agi comme un électrochoc pour de nombreux chefs d’entreprise européens. Mis en difficulté à cause du ralentissement de l’approvisionnement venant de Chine, certains d’entre eux ont pris conscience de l’intérêt de raccourcir les chaînes de production pour éviter des pertes financières, et envisager des relocalisations.

C’est notamment le cas des industries pharmaceutiques particulièrement dépendantes de Pékin. "Il y a urgence à réduire notre dépendance à l’égard de ces pays et à rétablir notre souveraineté sanitaire, en particulier pour les médicaments indispensables tels que les antibiotiques ou les anticancéreux, a tancé Marie-Christine Belleville, membre de l’Académie de pharmacie. Il faut créer les conditions d’une relocalisation en Europe." Des relocalisations dans nos contrées pourraient permettre de créer des emplois en Europe et baisser l’impact carbone des transports logistiques.

Le retour du savon dans les établissements scolaires

Il faut se laver fréquemment les mains à l’eau et au savon pour se protéger du Covid-19, recommande l’Organisation mondiale de la santé. Problème, au sein de nombreux établissements français, on ne disposait pas de savon dans les toilettes. Plus généralement, sept établissements scolaires sur dix seraient concernés par des problèmes sanitaires. La situation n’est pas nouvelle. Le Conseil national d'évaluation du système scolaire (Cnesco) dénonçait déjà, en 2017, de graves défaillances dans ce domaine : 72 % des collèges disposaient de locaux dégradés tandis que 62 % n’étaient pas approvisionnés en produits hygiéniques (papier, savon...), selon le Cnesco. Depuis, il semble que les autorités aient pris le sujet au sérieux. "ll faut qu'on prenne ce sujet à bras le corps", a lancé  le ministre de l'Éducation, Jean-Michel Blanquer, sur LCI. Il a assuré travailler avec les rectorats et l'Association des maires de France (AMF) afin qu'il y ait "une vigilance particulière, notamment sur le savon".

La baisse du prix de l’essence à la pompe

Que les automobilistes et les industriels se réjouissent : le prix de l’essence a baissé. Alors que le cours du pétrole continue de s’enfoncer, vendredi 6 mars, à Londres et à New York, les prix des carburants routiers vendus dans les stations-service françaises ont stagné ou baissé la semaine dernière, selon les données du ministère de la Transition écologique et solidaire. 

La baisse est liée au coronavirus. La propagation de l'épidémie crée des inquiétudes, les marchés s'effondrent et le cours du pétrole aussi. Le prix à la pompe se fait déjà ressentir pour les conducteurs français contraints de prendre quotidiennement leur voiture.

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