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Pétrole: l'Opep et les marchés suspendus au soutien russe

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Vienne (AFP)

L'Opep met tout son poids dans la balance vendredi pour convaincre son allié russe de baisser encore drastiquement la production de pétrole, dans l'espoir d'enrayer la chute des cours accentuée par l'épidémie de Covid-19, sans garantie ni d'accord, ni de résultat.

Le cartel propose à Moscou et à ses neuf autres partenaires une coupe collective supplémentaire de 1,5 million de barils par jour afin de ne pas laisser l'épidémie ruiner les douloureux efforts consentis depuis 2017 pour maintenir à flot les cours du brut dans un marché où l'offre est excédentaire.

Désireuse d'envoyer un signal fort aux marchés, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole, réunie à Vienne depuis jeudi, a même décidé d'étendre la période de cette limitation jusqu'à la fin de l'année 2020, au lieu des trois mois supplémentaires initialement envisagés.

Mais les réticences de Moscou à soutenir cette stratégie, et l'incertitude sur l'évolution de la situation sanitaire mondiale, ont fait perdre plus de 5% vendredi matin au cours du pétrole, le Brent tombant à un niveau plus vu depuis juillet 2017.

"Un échec à parvenir à un accord ferait plonger les prix du pétrole dans l'abîme", a prévenu Stephen Brennock, analyste pour PVM. Pour les analystes de JBC, la réunion de vendredi n'est rien d'autre "qu'un des jours les plus importants dans les presque 60 ans d'histoire de l'Opep".

Or, selon les médias russes citant vendredi la délégation présente à Vienne, la Russie n'est pas acquise à l'option d'une baisse supplémentaire de production, souhaitant simplement prolonger l'accord en vigueur.

Des discussions ardues ont donc débuté dans la matinée au siège du cartel où la réunion principale entre ministres et délégations de l'alliance connue sous le nom d'Opep+, qui compte 23 pays, a été retardée et précédée de rencontres bilatérales.

- Faire "avaler la pilule" à Moscou -

Depuis début 2017, les membres de l'Opep+ se sont déjà engagés au retrait du marché de 1,2 million de barils par jour . En décembre dernier, l'alliance a accru cette réduction de 500.000 barils tandis que l'Arabie saoudite en retirait, à titre individuel, 400.000 de plus.

Un nouvel ajustement sévère semble encore nécessaire: les revenus pétroliers souffrent du coup de frein infligé par l'épidémie de Covid-19 à l'économie de la Chine, premier importateur mondial d'or noir.

"En fin de compte, la décision reviendra aux russes", a résumé Carsten Fritsch, de Commerzbank.

Pour tenter de convaincre ses alliés, l'Opep propose qu'ils ne supportent qu'un tiers de l'ensemble des nouvelles coupes, soit 500.000 barils par jour.

La Russie, deuxième pays producteur mondial de brut derrière les Etats-Unis et devant l'Arabie saoudite, a basé ses prévisions budgétaires sur un baril de Brent à 42,4 dollars et répète se satisfaire des prix actuels, qui naviguaient vendredi autour de 48 dollars.

Pour les majors russes du pétrole, tout baril retiré du marché implique une baisse des rentrées financières et le risque de céder des parts de marché aux Etats-Unis, qui inondent la planète de leur pétrole de schiste.

"Moscou a l'habitude de traîner les pieds sur les engagements de coupes supplémentaires et le nouveau chiffre pourrait être une pilule trop grosse à avaler", a estimé Stephen Brennock de PVM.

Au-delà des divergences sur le fond, l'épidémie a aussi imposé de nouvelles habitudes aux ministres et délégués des membres du cartel présents à Vienne : prise de température des participants au début des réunions, siège de l'Opep fermé aux journalistes et rappel régulier des précautions sanitaires alors que l'Autriche a déclaré plus de 40 cas d'infection au nouveau coronavirus.

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