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Rap: encore une déferlante belge

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Paris (AFP)

Dans le rap, c'est toujours plus belge la vie: après les Roméo Elvis ou Damso, voici une nouvelle vague, incarnée par ICO, francophone de Bruxelles, et Glints, néerlandophone d'Anvers qui débite son flow en anglais.

Mais quelle est donc la recette belge? "Le vivier de talents a toujours été là, la lumière n'était pas sur nous, mais les rappeurs français allaient chercher des producteurs (des metteurs en son, ndlr) belges, comme Booba du temps d'+Autopsie+ avec le collectif Street Fabulous", avance ICO auprès de l'AFP.

Ce que confirme à l'AFP Olivier Cachin, journaliste spécialiste du hip-hop. "La Belgique a toujours été présente dans le rap francophone, comme le collectif Starflam qui a travaillé avec Rockin' Squat du groupe parisien Assassin". Il cite aussi le Belge James Deano, avec son titre "Le fils du commissaire" (du vécu, son père était policier) et son impayable refrain, "Fuck la police, sauf papa bien sûr".

"Maintenant les Belges profitent du succès du rap français, devenu la musique populaire. Belges et Français ne sont pas dans une logique de concurrence, les featurings (collaborations des uns sur les disques des autres) vont se faire naturellement", prédit encore l'auteur de la biographie "Suprême NTM" (éditions Michel Lafon).

- "J'essaye d'ouvrir la porte" -

ICO pense que "l'ouverture de la Belgique au reste du monde" transpire dans la texture des sons proposés. "En soirée en Belgique il y a 80% de rap US", note-t-il, ajoutant que la "moitié du pays est néerlandophone". C'est de cette partie du territoire que vient Glints.

Lui insiste auprès de l'AFP sur le bouillonnement culturel et l'émulation qui expliquent à ses yeux la fécondité de la scène belge. "A Bruxelles, Anvers, dans certains magasins, il faut savoir parler anglais, français, néerlandais. Tous ces gens qui vivent ensemble sur un petit territoire, c'est totalement hybride. Et quand l'un réussit, on se dit +nous aussi on peut le faire!+".

"C'est fou, c'est impressionnant, dans le rock il y a eu dEUS, puis est venu Stromae - que je l'aime lui - et Angèle, la reine de France maintenant! J'essaye d'ouvrir la porte avec du rap en anglais venu de Belgique, je verrai bien si ça marche. En tout cas, notre production n'est pas monolithique".

Glints et ICO, 50 ans à eux deux, c'est toute une histoire. Le premier sort vendredi son album "Choirboy" (Pias), soit "Choriste" ce qu'il fut à l'opéra d'Anvers de 8 à 13 ans.

- "Piano, solfège, karaté, basket" -

Les racines musicales d'ICO sont également touffues. "Mes parents m'ont mis dans plein d'activités enfant, piano, solfège, karaté, basket, pendant l'été ils ne me laissaient pas dormir (rires)". "Le piano prenait trop de place, j'ai pris un synthé, l'ai branché sur un PC et c'est comme ça que j'ai composé et suis ensuite devenu producteur". Son frère, passé par le théâtre, assure maintenant sa première partie sur sa tournée qui reprend en mars.

ICO et Glints, sous leurs dehors potaches, brassent aussi des thèmes sombres. Glints chante comment il est passé de la galère d'une rupture sentimentale - "dormir sur le sofa d'un pote, bosser dans un bar la nuit" - à la construction d'une "famille alternative". Il habite désormais avec sa bande d'amis artistes dans un ancien abattoir halal où ils ont gardé "le bloc à découpe de viandes".

ICO s'est lui créé un double fanfaron (son album s'appelle "Petit con", distribué par Believe). Mais il évoque aussi le racisme ("Caramel") ou le harcèlement ("Stéphanie"). "J'veux être en poster, dans la chambre de leurs filles/Qui payent 50 euros, pour me voir à l'Olympia" scande-t-il ("Caramel"). Prophétique ?

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