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Foot: le FC Metz et ses dirigeantes, le club modèle est en Moselle

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Metz (AFP)

Une directrice technique de la section féminine, une directrice de la communication et surtout une directrice générale: dans le monde très masculin du football professionnel français, le FC Metz, club "modèle" unique en France, s'évertue à tordre les préjugés.

"J'ai toujours été la seule femme entourée d'hommes. Mais ça ne doit pas être une excuse ni une limite. Il faut de la compétence avant tout, le genre n'est pas la principale question", explique à l'AFP Jessica Silva, devenue en décembre dernier la responsable de l'équipe féminine messine, qui évolue, comme la section masculine, dans l'élite.

A 29 ans, Julie Decker est, elle, à la tête du service communication du FC Metz. Un poste devenu crucial à l'heure des réseaux sociaux.

"Là où c'est plus dur, c'est quand on doit être ferme, s'imposer. Quand on doit taper du poing sur la table, c'est parfois encore mal perçu par certains hommes. Et quand on est jeune, c'est encore plus dur car s'ils ont l'âge d'être mon père, ça peut déranger", confie la jeune femme, qui a intégré le club mosellan comme stagiaire il y a presque neuf ans.

- "Encore des idées très arrêtées" -

Hélène Schrub (37 ans), qui est aujourd'hui la seule directrice générale d'un club de foot pro dans l'Hexagone, a elle aussi gravi les échelons avant d'arriver tout en haut de l'organigramme du FC Metz.

Après des études à Sciences Po Paris, elle a fait un stage de six mois au service communication du club grenat en 2005 et a vite été repérée par Carlo Molinari, le président messin.

"Elle est tellement brillante que j'ai dit à tout le monde: +il ne faut pas qu'elle nous échappe+. Après son stage, elle était partie travailler au Crédit agricole à Paris donc je suis allé la voir, je l'ai invitée à dîner et je l'ai persuadée de venir", raconte à l'AFP l'emblématique dirigeant mosellan.

Nommée secrétaire générale du FC Metz en 2012 par Bernard Serin, qui a succédé à M. Molinari en 2009, Hélène Schrub est devenue directrice générale en 2016, à seulement 33 ans.

"Certains présidents de club ont encore des idées très arrêtées sur le football et pensent que les femmes ne peuvent pas comprendre comment fonctionne un vestiaire, une équipe pro, un club... C'est dommage car on n'a pas moins de compétences que les hommes pour comprendre tout ça", déplore-t-elle.

Pourtant, cela n'empêche pas la dirigeante de contribuer à l'envol du FC Metz, qui se donne les moyens de se pérenniser en L1 avec notamment l'agrandissement du stade Saint-Symphorien et la construction d'un centre d'entraînement.

- "Je fais plus attention" -

"Au quotidien au club, je ne ressens pas que je suis une femme. Mais c'est vrai que quand je vais aux réunions à Paris, je vois qu'il n'y en a pas beaucoup et je sens de temps en temps un regard différent", détaille-t-elle à l'AFP.

"Je dis toujours ce que je pense mais je fais plus attention car on est un peu plus observée quand on est une population moins représentée, estime Hélène Schrub. Mon objectif est de toujours bien défendre les intérêts du club et de bien le représenter. Pas spécialement de défendre la cause de la femme."

Son exemple est pourtant vu d'un très bon oeil par les instances du football, qui se féminisent elles-mêmes de plus en plus.

"Quand on a des dirigeants qui choisissent pour les compétences sans différence entre les genres, on ne peut que s'en réjouir", estime Brigitte Henriques, vice-présidente de la Fédération.

"Hélène est une pionnière. Son succès doit servir de modèle à de nombreuses femmes qui souhaitent aussi s'investir dans le football de haut niveau", abonde auprès de l'AFP Nathalie Boy de la Tour, présidente de la Ligue de football professionnel.

"Le football n'est pas un secteur plus machiste qu'un autre, ajoute-t-elle. Mais il a certainement besoin de s'ouvrir encore davantage aux femmes à tous les niveaux: joueuses, spectatrices et dirigeantes."

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