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Anniversaire Beethoven: l'homme derrière le surhomme de la musique

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Paris (AFP)

Un génie de la musique comme Ludwig van Beethoven n'a pas besoin de commémorations pour être célébré, mais le 250e anniversaire de sa naissance cette année est une occasion de rappeler la personne privée, derrière le culte.

L'AFP a interviewé les grands chefs d'orchestre Simon Rattle, Philippe Jordan et Andris Nelsons, et deux experts pour évoquer quelques facettes de la "rockstar" de la musique classique.

- Volcanique et comique -

Eprouvé par sa surdité, Beethoven n'était pas aussi taciturne que le suggèrent ses sévères portraits ou les légendaires anecdotes sur son caractère ombrageux.

"Bien qu'accablé par ce +démon jaloux+ (comme il appelait sa maladie), il n'a jamais perdu son humour", selon Elisabeth Brisson, biographe française de Beethoven.

"La musique de Beethoven n'est pas seulement monumentale, héroïque ou sérieuse comme on le dit souvent. Son côté joyeux, pour quelqu'un qui était en souffrance, est très important et trop souvent nié ou sous-estimé", affirme Philippe Jordan, directeur musical de l'Opéra de Paris.

"On entend sa musique danser. Il rêvait d'un monde meilleur, d'une société en joie".

"La Pastorale (6e symphonie) est un incroyable document psychologique, il est clair que le mouvement de la Tempête n'est pas liée aux conditions météo. C'est sa survie", affirme Simon Rattle, directeur de la London Symphony orchestra.

Pour Andris Nelsons, qui a récemment dirigé l'intégrale des symphonies de Beethoven au Théâtre des Champs-Elysées, "deux siècles plus tard, quand les gens entendent les symphonies, ça les émeut car c'est intimement lié à l'âme de chaque humain".

"Sa musique n'est jamais dépressive, à l'entendre, on penserait que c'était un homme très heureux", affirme le chef du Boston Symphony Orchestra et de l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig.

- De la surdité au surhomme -

C'est une condition médicale qui reste un mystère. La surdité de Beethoven était-elle vraiment totale? Ou a-t-il pu entendre sa célébrissime dernière symphonie, la 9e? C'est ce qu'a avancé en février le musicologue américain Theodore Albrecht cité par l'hebdomadaire britannique The Observer.

"Quand il a commencé à avoir des problèmes auditifs en 1798 (à 27 ans), il souffrait d'acouphène, de sifflements violents, de migraines, de vomissements", affirme Emmanuel Hondré, docteur en musicologie et directeur du département concerts de la Philharmonie de Paris.

En 1802, le compositeur "dit comprendre qu'il va devenir irrémédiablement sourd et formule le fait qu'il va être plus fort que son handicap et devenir un compositeur-héros", ajoute M. Hondré.

Pour étayer sa théorie, Theodore Albrecht a dit se baser sur des documents inédits: ses "carnets de conversations", où certaines notes laisseraient croire qu'il entendait encore un peu.

Le mythe veut qu'à la création de la 9e Symphonie, une chanteuse a dû retourner Beethoven, qui était dos au public, pour qu'il voie la salle l'acclamer.

- Compositeur obsessionnel -

A un éditeur qui se plaignait qu'il corrigeait trop ses partitions, Beethoven aurait répondu: "il faut se prendre pour Dieu pour ne pas améliorer ses créatures", avance Mme Brisson.

"Ce n'était pas du tout le génie mozartien qui donnait tout d'un seul coup", affirme M. Hondré. "C'était très laborieux, il réécrivait sans arrêt et revenait de manière obsessionnelle sur ses thèmes pour les mettre au point parfois durant des mois", affirme M. Hondré.

Une exigeance ressentie par les chefs d'orchestre. "Ca demande une telle énergie physique et émotionelle (de diriger sa musique) et avec tout ce que vous donnez, ce n'est jamais assez", selon M. Rattle.

- Napoléon, la déception -

Il était un grand admirateur du Siècle des Lumières et des idéaux de la Révolution. "Napoléon incarnait encore cet idéal comme consul et Beethoven lui dédie sa symphonie No.3 (l'Héroïque). Jusqu'à ce que Bonaparte décide de se déclarer Empereur des Français, provoquant l'ire de Beethoven", selon M. Hondré.

Il raya le nom de Napoléon du manuscrit. "La page du manuscrit est transpercée avec sa plume, il y a un trou à la place. Il était extrêmement déçu".

- Beethoven amoureux -

"Il était un jeune homme fringant et séduisant qui avait du succès auprès des femmes. Selon son ami Franz Wegeler, il était tout le temps amoureux et faisait tourner les coeurs", affirme Mme Brisson.

La plupart des femmes dont il s'éprenait étaient des musiciennes comme son élève Joséphine von Brunswick.

Des femmes ont inspiré des musiques, comme son célèbre "Clair de lune", qui serait dédié à la comptesse Giulia Guicciardi, un amour déçu comme d'autres.

Reste la mystérieuse "Elise" de la célèbre "Lettre pour Elise": selon Mme Brisson, le musicologue Ludwig Nohl aurait choisi arbitrairement ce prénom, l'autographe n'ayant jamais été retrouvé. S'agit-il de Thérèse Malfatti ou de la cantatrice allemande Elisabeth Roeckel?

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