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Coronavirus: le foot à huis clos, adieu le spectacle et bonjour le silence

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Paris (AFP)

Silence de cathédrale, consignes audibles de tous et environnement "difficile à apprivoiser": jouer un match de football à huis clos, comme le choc européen PSG-Dortmund, rattrapé mercredi par le coronavirus, représente un crève-coeur pour les joueurs et un manque à gagner pour les clubs.

"Ce n'est pas du football". La constatation est signée Rudi Garcia, alors entraîneur de l'Olympique de Marseille, en février 2019 après une triste soirée passée dans un stade Vélodrome vide contre Bordeaux.

Ce soir-là, l'OM s'impose 1-0 malgré la sanction de huis clos infligée au club phocéen pour un jet de pétard antérieur. Mais ce que les joueurs retiendront surtout de leur nuit, c'est l'atmosphère, "horrible" des mots même de Garcia, carrément "épouvantable" selon le président Jacques-Henri Eyraud évoquant "une soirée que je ne voudrais jamais revivre".

L'absence de public, désormais appelée à devenir mesure courante en raison de l'épidémie de nouveau coronavirus ayant conduit plusieurs pays comme la France, l'Italie et l'Allemagne, à faire du huis clos leur "doctrine" pour les rencontres des prochaines semaines, donne en effet lieu à des scènes surréalistes.

- "Un football coupé des émotions" -

En Espagne, l'image d'un Camp Nou de 99.000 places vide, silencieux, fantomatique lors du dernier match joué à huis clos à Barcelone, le 1er octobre 2017 entre le Barça et Las Palmas, restera gravée longtemps dans les mémoires des Catalans, privés de gradins ce jour-là par le club blaugrana lui-même en réponse à la crise politique en Catalogne.

Plus récemment, lors de Juventus-Inter Milan dimanche, la scène montrant Cristiano Ronaldo en train de faire semblant de taper dans des mains à sa sortie du car, là où attendent normalement des tifosi invités ou sélectionnés par le club, a attesté du caractère inhabituel de la mesure.

Autre anecdote absurde durant la rencontre: Maurizio Sarri, l'entraîneur de la Juventus, se retournant vers les tribunes dans les derniers instants en agitant les bras, comme pour exhorter le public à faire du bruit. Un public pourtant inexistant.

"C'est très difficile et spécial. Cela donne un avantage à l'adversaire. Il faut apprivoiser l'environnement, le silence, la pesanteur", détaillait début janvier Claude Puel, l'entraîneur de Saint-Etienne qui accueillait Nantes dans un stade vide.

Son homologue nantais Christian Gourcuff déplorait lui "un football coupé des émotions". "Ce n'est un avantage ni pour nous, ni pour notre adversaire. Il n'y a pas de rythme et d'intensité".

Lors de Marseille-Bordeaux en 2019, le buteur du match Boubacar Kamara avait même avoué qu'au moment de son but, il "ne savait plus quoi faire" comme célébration, regrettant l'absence de "la folie du public".

- "Matches tordus" -

Au-delà de rendre audibles les consignes des entraîneurs, les échanges entre les joueurs, le retentissement des frappes sur les poteaux et les cris de douleur suivant certains duels, le huis clos perturbe beaucoup les participants, peu enclins à s'enthousiasmer devant des sièges vides.

"Ces matches-là sont souvent tordus, tu es plus concentré sur des choses extérieures que sur le jeu", résumait en 2017 Ernesto Valverde, alors entraîneur du Barça.

Le manque à gagner financier, enfin, est une donnée non négligeable, souvent déplorée par les équipes sanctionnées de matches à domicile sans spectateurs. Entre les revenus de billetterie, de loges, de restauration, les pertes peuvent se compter en centaines de milliers d'euros, comme pour Saint-Etienne - Nantes en février, voire même en millions pour les rencontres majeures.

Pour PSG-Dortmund, le club parisien estime les pertes à venir à 6 millions d'euros "en direct" et redoute "un impact" pour ses comptes, toujours scrutés par l'UEFA et son fair-play financier. D'après la presse, le Barça avait lui perdu 3,4 millions d'euros de billetterie en 2017. A peine moins que les pertes estimées par la presse italienne lors du choc Juve-Inter de ce week-end...

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