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Le coronavirus se rapproche du sommet de l'Etat

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Paris (AFP)

Un ministre infecté par le coronavirus, une autre fiévreuse, le directeur de cabinet du président confiné chez lui, les mesures de protection nettement renforcées à l'Elysée et à Matignon: l'épidémie se rapproche du sommet de l'Etat, contraint de prévoir un plan de continuité.

Moment fort de la vie de l'exécutif, le conseil des ministres se tiendra bien mercredi matin à l'Elysée, mais il manquera au moins un participant: Franck Riester. Le ministre de la Culture a en effet été diagnostiqué lundi "positif au coronavirus" et "placé en quatorzaine" à son domicile, où il continue de "travailler à distance".

"J'ai comme une grippe, fièvre modérée, mal de tête, mais je vais bien!", a tenu à rassurer le ministre à BFMTV.

Sa collègue de la Justice, Nicole Belloubet, "légèrement fiévreuse", a annulé tous ses rendez-vous mardi en attendant le résultat d'un test de dépistage.

Emmanuel Macron, lui, n'a pas été testé, "parce qu'il ne présente pas de symptômes", confie l'Elysée.

"Notre fonctionnement quotidien est fortement contraint", a résumé un conseiller de l'Elysée, quelques heures après le renforcement des mesures de protection autour d'Emmanuel Macron.

Plus aucune réunion n'est organisée dans les bureaux du chef de l'Etat. Les objets qu'il touche, comme les stylos, blocs ou dossiers, sont changés ou nettoyés. Globalement "un espace est maintenu autour de lui", explique l'Elysée.

Les plus proches collaborateurs du chef de l'Etat doivent faire preuve d'une vigilance renforcée: ils doivent faire plus attention dans les transports, aller moins au cinéma ou au théâtre, etc. Un plan de continuité d'activité a déjà été mis en place, avec un système de binômes.

Les membres du personnel ayant été en contact avec un "cas contact" ou s'étant rendus dans un cluster sont priés de travailler de chez eux, ce qui est le cas du directeur de cabinet du président, Patrick Strzoda.

Outre les "mesures barrières" en place depuis une dizaine de jours --- plus d'embrassade ni de serrage de main, etc --, les réunions dans les bureaux sont désormais proscrites et les chaises davantage espacées. Des salles de réunion dédiées sont instituées, avec nettoyage entre chaque réunion. Lors d'un briefing avec la presse mardi, les micros ne passaient plus de main en main.

Par ailleurs, les visites publiques du Palais sont suspendues et les invités réduits au strict nécessaire.

- Cérémonie maintenue -

Mais Emmanuel Macron "n'entend pas vivre confiné au palais" et "veut continuer à se déplacer". Il s'est rendu mardi matin dans le centre d'appel du Samu de Paris, à l'hôpital Necker, où il a rencontré quelques dizaines de personnes sans les approcher de trop près.

"L'agenda du président est allégé et rationalisé pour qu'il soit au maximum en mesure de superviser cette crise importante", indique un conseiller.

Il a cependant choisi de maintenir la cérémonie d'hommage aux victimes du terrorisme prévue mercredi à Paris, où il doit prononcer un discours et remettre des médailles à des victimes. Cette cérémonie a été ramenée à 900 participants, sous la barre des 1000 comme recommandé par les autorités sanitaires.

A Matignon, des mesures similaires ont été prises. Mais il n'est pas question pour Edouard Philippe non plus de remplacer le face-à-face par les visioconférences. "La vie continue. Ils ne sont pas malades. On ne va pas digitaliser la vie gouvernementale", résume un de ses conseillers.

Matignon comme l'Elysée se veulent rassurants sur la continué de l'Etat. "Nous avons des inquiétudes, mais pas sur la continuité de l'Etat", indique l'entourage du Premier ministre. "Un ministre qui est malade, il doit travailler de chez lui, il fait des conf call, il écrit des mails".

"Si un ministre est empêché dans une cérémonie, il peut être remplacé par son directeur de cabinet, le secrétaire général... J'espère que nous n'aurons pas des chefs de bureau pour remplacer un ministre mais nous avons un peu de marge. On espère qu'on n'aura pas au tapis l’ensemble des ministres et leurs remplaçants", a souri un autre conseiller de l'exécutif.

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