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Reportage

Le Mexique au ralenti lors de sa première "Journée sans femmes"

Notre correspondante Laurence Cuvillier à Mexico, le 9 mars 2020.
Notre correspondante Laurence Cuvillier à Mexico, le 9 mars 2020. © France 24

En 2019, 10 femmes ont été assassinées chaque jour au Mexique. Suite à l'appel d'un mouvement de grève historique dans le pays, les femmes ont été invitées, lundi, à cesser le travail pour dénoncer l'inaction des autorités face aux violences à leur encontre. Nos correspondants à Mexico, Laurence Cuvillier et Matthieu Comin, se sont rendus sur place.

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Mexico est devenu une ville sans femmes lundi 9 mars. Aux yeux des passants, cela saute aux yeux du côté des magasins de chaussures ou des parfumeries, où les rideaux de fer sont baissés et les vendeuses ont disparu. En coulisses, dans les bureaux, leur absence se fait sentir également. 

Ironie du sort, l'une des institutions les plus touchées par le mouvement "Journée sans nous" est le ministère du Travail. Lundi, il n'y a que des hommes au guichet. "Je remplace une collègue. Les hommes, on manque de pratique car d'habitude ce sont essentiellement des femmes qui travaillent ici", sourit Hector Lopez, fonctionnaire du ministère. 

Elles représentent 65 % du personnel. Les hommes de ménage sont en formation accélérée. 

"Pourquoi vos collègues femmes sont en grèves aujourd'hui ?"

Face à ce vide, les hommes du ministère en profitent pour réflechir sur les changements qu'ils pourraient appliquer au quotidien. "Nous avons fabriqué une boîte à suggestions, que nous avons appelé boîte à honnêteté", explique le directeur exécutif du ministère du Travail, Tomas Damerau. 

On peut y déposer des questions ou répondre à un formulaire avec des questions comme : "À votre avis, pourquoi vos collègues femmes sont en grèves aujourd'hui ?" ou "Quelle attitude, mot ou action avez-vous employé au travail ou à la maison, qui aurait pu les blesser ?"

L'initiative "Journée sans nous" a été lancée il y a trois semaines par un petit groupe féministe sur les réseaux sociaux. La grève générale pourrait coûter plus d'un milliard de dollars à l'économie mexicaine. C'est un premier grand moment de réflexion nationale sur les violences dont elles sont victimes. 

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