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Municipales: les bureaux de vote se préparent, à l'ombre du coronavirus

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Paris (AFP)

Les bureaux de vote se préparent aux élections municipales de dimanche à l'ombre du coronavirus, qui menace autant les assesseurs, tentés par endroits de se désister, que les électeurs, potentiellement rétifs à se déplacer.

"Venez voter avec des gants, avec des bonnets, avec des masques, mais venez voter!", a lancé mardi le député LR de l'Oise Eric Woerth, à l'instar d'autres politiques qui ont appelé à ne pas sacrifier le scrutin des 15 et 22 mars sur l'autel du Covid-19.

Les maires restent les élus préférés des Français, mais la participation à ces élections est en baisse continue depuis plus de trente ans et sera l'une des clés du scrutin.

Selon un sondage Ifop réalisé le 5 mars et publié dimanche, 28% des électeurs sont susceptibles de ne pas aller voter dimanche prochain en raison des risques de contagion, et ce davantage dans les grandes villes que dans les communes rurales. Mais 72% iront voter malgré tout.

Selon l'eurodéputé et membre de la direction du RN Nicolas Bay sur France 2, ce "risque" sur la participation pourrait poser "une vraie question démocratique".

- Procurations facilitées -

Pour encourager la mobilisation, le ministère de l'Intérieur a pris des mesures visant à faciliter la délivrance de procurations pour les personnes vulnérables et confinées en raison de l'épidémie.

Ces personnes peuvent déjà demander à un officier de police de se déplacer pour recueillir leurs demandes de procurations. Dans les Ehpad désormais, elles pourront être recueillies par une personne travaillant dans l'établissement, désignée par le juge d'instance ou l'officier de police judiciaire.

Dans un courrier aux élus samedi, le Premier ministre Edouard Philippe avait insisté qu'il n'était "aucunement question de reporter" les élections, rappelant la "pertinence" des "mesures barrières" comme le lavage des mains.

Le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a envoyé mardi des instructions supplémentaires aux maires.

Celles-ci s'adressent aux électeurs mais aussi aux intervenants dans les bureaux, comme le président, les deux assesseurs au moins (s'il en manque un, il est désigné parmi les électeurs les plus âgés), chargés de faire signer la liste d'émargement aux électeurs et de tamponner leur carte électorale, et le secrétaire, qui rédige le procès-verbal.

Des scrutateurs procèdent en outre au dépouillement des votes sous la surveillance des membres du bureau.

- Stylos -

Electeurs comme responsables des bureaux sont invités à se laver les mains fréquemment, avec des flacons de gel hydroalcoolique placés à l'entrée et à la sortie des bureaux, et à maintenir une distance raisonnable des autres personnes présentes.

Les électeurs pourront venir avec leur propre stylo, ou bien les stylos mis à disposition seront nettoyés régulièrement. Mais le port des gants n'est pas recommandé, ni celui d'un masque chirurgical sans présence de symptômes.

Le maire de Montpellier Philippe Saurel a ainsi commandé 320.000 stylos afin que chaque électeur puisse émarger sans risque de transmission.

Le président du bureau ne pourra pas empêcher un électeur manifestement malade de voter s'il a pris des mesures de protection (port du masque notamment) mais il pourra "mettre à l'écart" un électeur non protégé.

A Paris, où la mairie doit ouvrir 897 bureaux, la maire sortante Anne Hidalgo a affirmé vendredi avoir anticipé un "nettoyage renforcé" des bureaux avant et après le vote, ce qui rendrait "nécessaire" selon elle la fermeture des écoles lundi.

A Marseille, la mairie qui doit garantir l'ouverture de 480 bureaux affirme que "pour l'instant les désistements d'assesseurs sont à la marge, et les partis font appel à des bénévoles de secours", si bien que "la ville ne se pose pas du tout la question de la réquisition".

A la Balme-de-Sillingy, cluster de la maladie en Haute-Savoie qui compte 5.200 habitants dont 3.600 électeurs, le maire François Daviet, atteint par le Covid-19, se montre serein et espère "que les gens iront voter". Pour tenir les cinq bureaux de vote, son père et ancien maire Georges Daviet se dit "confiant" de trouver les 20 assesseurs prévus.

Le maire de Lyon et ancien ministre de l'Intérieur Gérard Collomb est lui plus inquiet. Il rapporte à l'AFP qu''il y a "de plus en plus de gens qui disent non" pour être assesseurs.

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