Accéder au contenu principal

Polémique Polanski aux César : 114 avocates défendent la présomption d'innocence

Suite au scandale Polanski aux César, 114 avocates pénalistes, se revendiquant féministes, ont publié une tribune pour défendre la présomption d'innocence.
Suite au scandale Polanski aux César, 114 avocates pénalistes, se revendiquant féministes, ont publié une tribune pour défendre la présomption d'innocence. © France 24

Une centaine d'avocates pénalistes, se revendiquant féministes, ont publié, dimanche, une tribune afin de rappeler les principes de présomption d'innocence et de la prescription. Invitée de France 24, Me Marie-Cécile Nathan, co-signataire du texte, explique leur démarche.

Publicité

"La présomption d'innocence doit être le principe qui doit prévaloir à tous les niveaux, affirme Me Marie-Cécile Nathan sur France 24.

Avocate au barreau de Paris, elle a co-signé avec113 autres avocates pénalistes, se revendiquant féministes, la tribune publiée dans Le Monde, qui rappelle les principes de la présomption d'innoncence et de la prescription. Une tribune écrite à la suite du scandale des César, "pour rappeler quelques principes essentiels de notre démocratie et du droit", ajoute-t-elle.

"Tribunal populaire et médiatique"

Si celle-ci concède qu'il peut y avoir des prises de parole et des accusations, celles-ci doivent néanmoins "être portées devant un tribunal, une juridiction, une Cour d'assises, et c'est à la justice d'en décider", poursuit l'avocate pénaliste, dénonçant un "tribunal de l'opinion publique".

"Ce tribunal populaire et médiatique pose une réelle difficulté parce que cela peut avoir des conséquences dramatiques", explique-elle, précisant toutefois que l'idée n'est pas d'empêcher le débat.

"Si une accusation doit être confirmée et prononcée, elle ne peut pas l'être par le tribunal populaire, elle doit l'être par des magistrats dont c'est le travail".

Délai de prescription

Dans leur tribune, les avocates citent la seule victime de Roman Polanski reconnue judiciairement : Samantha Geimer. Au micro de France 24, évoquant également la notion de prescription, Me Marie-Cécile Nathan le rappelle : "La pricipale personne qui devrait être entendue, c'est sa victime officielle, sa victime qui a été reconnue comme telle par la justice américaine et qui dit aujourd'hui 'ça suffit'". Pour la pénaliste, "ce problème de prescription engendre quelque chose qui est une dérive".

Si de nombreuses féministes réclament la fin de ce délai de prescription, fixé à 20 ans, Me Marie-Cécile Nathan précise que depuis l'allongement de ce délai, il peut aujourd'hui être de 30 ans pour les victimes mineures, à compter de leur majorité. Malgré cela, ajoute-t-elle, "si une accusation est portée plus de trente ans après, on n'a rien d'autre qui permet de confirmer ou infirmer cette acusation". L'avocate évoque alors le risque de "tomber dans quelque chose d'arbitraire".

"Nous sommes 114, et légitimes"

"Nous ne souhaitons pas qu'une quelconque parole, ni celle de la victime, ni celle d'un mis en cause soit une parole sacralisée", précise-t-elle. "Il faut qu'il y ait un débat autour de déclarations qui sont faites, et ces déclarations doivent être étayées par des éléments matériels, ce qui est impossible plus de 30 ans après les faits".

Si des associations féministes estiment que le but de cette tribune n'est autre que d'"enfoncer" les victimes, Me Marie-Cécile Nathan s'en défend. "Nous somme 114 et sommes légitimes à pouvoir parler du sujet dans la mesure où nous sommes des femmes dans un milieu particulièrement masculin", argue-t-elle. "Les dossiers de viol, nous les portons pendant plusieurs années, que ce soit d'un côté ou de l'autre, avec des personnes que nous soutenons."

Mardi, une contre-tribune, intitulée "Notre réalité en matière de violences faites aux femmes, c'est la présomption permanente de mensonge", a été publiée dans Le Monde en réponse à celle cosignées deux jours plus tôt par les avocates.

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.