Coronavirus: les marchés européens hésitants malgré l'annonce de la Banque d'Angleterre

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Paris (AFP)

Les marchés européens perdaient du terrain mercredi avant l'ouverture de Wall Street prévue en repli, malgré la baisse surprise des taux de la Banque d'Angleterre et toujours dans l'attente des détails du plan de soutien à l'économie américaine.

Vers 12h00 GMT, les Bourses européennes abandonnaient une partie des gains du matin: Paris ne progressait plus que de 0,99%, Francfort de 0,38%, Londres de 0,21% et Madrid de 0,11%. Le repli de Milan (-0,34%) annonçait peut-être un nouveau retournement de tendance.

La Banque d'Angleterre (BoE) avait annoncé plus tôt une baisse surprise de 50 points de base de ses taux, de 0,75% à 0,25%, et son gouverneur a assuré que son institution était prête à "prendre toutes les autres mesures nécessaires" afin d'aider l'économie britannique face au "choc" de l'épidémie de coronavirus.

Les marchés européens y ont vu un bon signe avant la réunion monétaire très attendue de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi, dont ils espèrent un arsenal de mesures contre les menaces de l'épidémie du coronavirus pour l'économie.

L'ampleur de cette baisse des taux est la plus importante depuis début 2009, au plus fort de la crise financière internationale. Les taux reviennent à leur plus bas historique, un niveau déjà atteint dans les mois qui ont suivi le vote pour le Brexit.

"Si le but était de faire remonter les Bourses européennes à l'ouverture", le plan a fonctionné, a déclaré Michael Hewson, analyste pour CMC Markets.

"Cependant, pour que la baisse des taux soit efficace, elle doit s'appuyer sur une réponse budgétaire du ministre des Finances plus tard dans la journée (lors de la présentation du budget par le gouvernement britannique, ndlr), sinon les progrès du matin ne dureront pas".

Les investisseurs attendent justement une réponse coordonnée des différentes autorités pour calmer des marchés boursiers très nerveux.

Mardi, l'UE s'était mis en ordre de bataille en annonçant, entre autres mesures, la mise en place d'un fonds européen de 25 milliards d'euros destiné aux systèmes de santé, petites entreprises, marché du travail et aux "secteurs vulnérables de notre économie", selon la cheffe de l'exécutif européen Ursula von der Leyen, désireuse d'alléger la contrainte budgétaire pesant habituellement sur les Etats.

- La fin du zéro déficit en Allemagne -

Le message a été entendu par l'Allemagne, dont la chancelière a annoncé mercredi qu'elle pourrait revenir sur la sacro sainte règle du zéro déficit public. Rome a également annoncé mardi une enveloppe de 25 milliards d'euros pour lutter contre l'épidémie.

Loin de ce contexte européen revigoré, Wall Street devrait ouvrir en repli.

"Les marchés américains ont réagi au rebond du matin en Europe en remontant un peu mais le Dow Jones et le S&P 500 devraient ouvrir en baisse", a ajouté M. Hewson, au lendemain d'une séance américaine dans le vert avant tout pour des raisons techniques. Les Etats-Unis "doutent en effet de plus en plus de la volonté réelle du gouvernement d'agir rapidement" pour repousser l'épidémie.

"Un rebond reste possible à très court terme mais le nerf de la guerre est l'endiguement de la propagation de l'épidémie de coronavirus", a souligné Tangi Le Liboux, stratégiste chez Aurel BGC.

"Si le nombre de cas poursuit sa progression rapide dans les prochains jours en Europe et aux Etats-Unis, les marchés vont redouter la mise en place de mesures de confinement aussi strictes que celles mises en oeuvre en Italie, au risque d'une asphyxie de l'économie", a-t-il ajouté.

Les cours du pétrole, qui avaient nettement rebondi mardi après leur krach de la veille, repartaient en nette baisse en raison des signes d'une intensification de la guerre des prix entre l'Arabie saoudite et la Russie, à l'origine de l'effondrement des cours lundi.

Alors que le géant pétrolier saoudien Saudi Aramco et la compagnie publique émirati ont annoncé leur intention d'augmenter chacune leur production d'un million de barils par jour, le baril de brut américain WTI lâchait 4,6% à 33,28 dollars et le baril de Brent de la Mer du Nord perdait 4,1% à 35,94 dollars vers 11H30 GMT.

L'euro montait par ailleurs face au billet vert, à raison d'un euro pour 1,1323 dollar vers 11H30 GMT contre 1,1292 dollar mardi à 19H00 GMT. La livre, soutenue par les annonces de la BoE, s'appréciait également face au billet vert à raison d'une livre pour 1,2933 dollar contre 1,2911 la veille.