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Coronavirus : pour l'OMS, une pandémie avec des "niveaux alarmants de propagation et d'inaction"

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur de l'OMS, a donné une conférence de presse, le 11 mars à Genève.
Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur de l'OMS, a donné une conférence de presse, le 11 mars à Genève. © Fabrice Coffrini, AFP

L'épidémie de coronavirus est désormais considérée comme une pandémie, a annoncé, mercredi, l'Organisation mondiale de la santé. Le virus continue à se propager, notamment en Europe, et a touché plus de 124 000 personnes depuis fin décembre.

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C'est officiel : la crise du nouveau coronavirus est désormais considérée comme une pandémie. C'est ce qu'a déclaré, mercredi 11 mars, le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"Nous sommes extrêmement préoccupés tant par le niveau alarmant et par la sévérité de la propagation que par le niveau d'inaction. Nous avons donc décidé de considérer que le Covid-19 pouvait être qualifié de pandémique", a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d'une conférence de presse.

Le nombre de nouveaux cas hors de Chine a été multiplié par 13 au cours des deux dernières semaines, a-t-il souligné.

"Urgence de portée internationale"

Apparu fin décembre en Chine, le nouveau coronavirus s'est propagé partout dans le monde, perturbant lignes de production et chaînes d'approvisionnement et incitant les autorités à fermer les écoles, à repousser ou annuler événements sportifs et culturels.

L'OMS a déclaré le 30 janvier que l'épidémie de coronavirus était un cas d'urgence de santé publique de portée internationale, son niveau d'alerte le plus élevé. Il n'y avait alors qu'une centaine de cas de contamination hors de Chine.

Ce sont désormais plus de 124 101 individus dans 114 pays qui sont contaminés par le Covid-19 et 4 566 sont mortes en l'ayant contracté.

En dehors du cas particulier de la grippe, l'OMS ne dispose plus de la nomenclature qui lui permettrait de qualifier telle ou telle maladie de pandémique, c'est-à-dire touchant un grand nombre d'individus dans un grand nombre de pays.

Plusieurs responsables de l'OMS ont déclaré ces dernières semaines qu'ils pourraient toutefois utiliser le mot de pandémie pour caractériser l'épidémie tout en soulignant que cela n'aurait aucune portée légale.

Mobilisation internationale pour relancer l'économie

Confrontés aux craintes d'une crise économique majeure, les grands argentiers de la planète ont annoncé des aides souvent massives, l'Allemagne se disant par exemple pour la première fois prête à renoncer à la sacro-sainte règle du zéro déficit budgétaire, souvent critiquée à l'étranger.  

Fonds d'investissement de 25 milliards d'euros évoqué par la Commission européenne, enveloppe du même montant annoncée mercredi en Italie, plan de 30 milliards de livres rendu public au Royaume-Uni – où la banque centrale a fortement abaissé ses taux –, prochaine présentation aux États-Unis d'un programme de soutien, milliard de dollars canadiens promis par Ottawa, plan de relance de plus de 10 milliards d'euros en Australie, la liste est impressionnante.

Situation unique, les 60 millions d'Italiens étaient appelés à rester chez eux mercredi pour la deuxième journée consécutive. Dans la soirée, le gouvernement a décrété la fermeture de tous les commerces, sauf pour l'alimentation et la santé.

Écoles fermées dans plusieurs pays

En Espagne, les écoles de la région de Madrid ont été fermées. Une décision similaire a été prise mercredi à l'échelle de toute la Pologne, de l'Ukraine, de l'Autriche, du Danemark et du Qatar qui ont ainsi emboîté le pas à une quinzaine d'autres pays. Le Danemark a également interdit tout rassemblement de plus de cent personnes et a prié les fonctionnaires de rester chez eux. 

L'Inde, peu touchée pour l'instant avec seulement 60 cas, a suspendu jusqu'au 15 avril l'attribution de tous les visas de tourisme et décidé d'imposer une quarantaine aux voyageurs provenant de Chine, d'Italie, d'Iran, de Corée du Sud, de France, d'Espagne et d'Allemagne. Le Salvador, qui n'a pas recensé de cas de coronavirus à ce stade, a décrété l'interdiction pour tous les étrangers d'entrer sur son territoire pendant 21 jours.

La Colombie et l'Argentine vont placer en quarantaine les personnes arrivant des pays les plus touchés, dont la Chine et l'Italie, alors que Malte a suspendu ses liaisons aériennes avec la Suisse, l'Allemagne, la France et l'Espagne. 

Un premier cas en Polynésie française

Du côté de Paris, le gouvernement français accélère les préparatifs dans la perspective d'un pic de la pandémie, attendu dans les "semaines qui viennent", et renforce encore la protection des personnes âgées – au risque de les isoler. Face à cette crise, qu'il a qualifiée "d'exceptionnelle", Emmanuel Macron fera une déclaration télévisée jeudi soir à 20 h.

Un premier cas de coronavirus a par ailleurs été détecté en Polynésie française sur la députée UDI Maina Sage, a indiqué mercredi le président de cette collectivité d'outre-mer, Édouard Fritch.

La députée a déclaré des symptômes lundi, deux jours après son retour de métropole. Elle pourrait avoir été contaminée par le ministre de la Culture, Franck Riester, qu'elle avait rencontré en métropole. Maina Sage est confinée à son domicile et ne présente pas de symptômes graves.

Le ministre de la Santé polynésien, Jacques Raynal, a annoncé que la Polynésie était désormais placée en stade 1 de l'épidémie. Le gouvernement a prévu d'annoncer une série de mesures ce jeudi, mais recommande déjà aux Polynésiens de limiter leurs déplacements.

Avec AFP et Reuters

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