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Harvey Weinstein condamné à 23 ans de prison pour viol et agression sexuelle

Harvey Weinstein arrive au tribunal de New York le 24 février 2020.
Harvey Weinstein arrive au tribunal de New York le 24 février 2020. © Carlo Allegri, Reuters

L’ancien producteur de cinéma Harvey Weinstein a été condamné, mercredi, à vingt-trois ans de prison pour viol et agression sexuelle. Ses avocats ont indiqué qu'ils feraient appel de cette décision.

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Pour l’ancien magnat d’Hollywood, le verdict de la Cour de Justice de l’État de New York a des allures de condamnation à perpétuité. L’ex-producteur Harvey Weinstein a été condamné, mercredi 11 mars, à vingt-trois ans de prison pour agression sexuelle et viol.

La sentence prononcée par le juge de Manhattan James Burke est proche du maximum prévu, soit vingt-neuf ans, pour les deux chefs d’accusation dont Harvey Weinstein avait été déclaré coupable le 24 février. Les avocats de l’ancien magnat d’Hollywood avaient demandé au juge James Burke une peine de cinq ans, soit le minimum légal selon les textes de l’État de New York.

"Compte tenu de son âge [67 ans, NDLR]", avaient-ils écrit, "toute peine supérieure au minimum légal [...] équivaudrait à une condamnation à perpétuité".

Les avocats avaient fait valoir que, depuis octobre 2017, leur client avait perdu sa femme, qui l’a quitté, son emploi, sa société (The Weinstein Company) et faisait encore face à des manifestations d’hostilité constantes.

La défense avait mentionné aussi ses deux jeunes enfants, de 6 et 9 ans. "Il se pourrait que je ne revoie jamais mes enfants", a ajouté, mercredi, Harvey Weinstein, qui s’exprimait pour la première fois depuis le début du procès.

"Pour qu’il prenne conscience"

Durant son allocution, il s’est présenté en victime du mouvement #MeToo. "J’étais le premier exemple et maintenant, il y a des milliers d’hommes accusés." Et d'ajouter : "Je suis inquiet pour ce pays".

En face, il y avait les victimes, les six femmes à avoir témoigné au procès, qui se tenaient côte à côte au premier rang, une image marquante de ce procès.

Deux d’entre elles, Mimi Haleyi et Jessica Mann, dont l’agression a mené à la condamnation d’Harvey Weinstein, se sont adressées au juge avant qu’il n’annonce sa décision.

"L’incident avec Harvey Weinstein a changé le cours de ma vie", a expliqué Mimi Haleyi, qui a dû s’interrompre, en pleurs, avant de reprendre son allocution. "Il a détruit une partie de moi."

"J’espère que (la peine) sera suffisamment longue pour qu’il prenne conscience de ce qu’il a fait, à moi et à d’autres, et se repente vraiment", a conclu l’ancienne assistante de production, agressée sexuellement par le producteur en 2006.

Rendre des comptes

"Je suis contrainte de porter le poids de cette expérience jusqu’à ma mort", a dit ensuite Jessica Mann, évoquant l’homme qui lui "a volé (son) corps" et a "finalement dû rendre des comptes".

"Aujourd’hui, je n’ai pas honte", a poursuivi l’ancienne aspirante actrice, qui a été violée par Harvey Weinstein. "J’ai pu m’exprimer. Il n’y a plus de monstres dans mon placard."

La procureure Joan Illuzzi-Orbon, qui a mené l’accusation durant le procès, n’avait pas demandé de peine précise, sollicitant du juge une peine qui reflète "la gravité des crimes du condamné, son absence totale de remords (...) et la nécessité de le dissuader, lui et d’autres, de commettre de nouveaux crimes.

À l’audience, mercredi, elle a de nouveau rendu hommage aux victimes qui ont témoigné lors du procès. Sans elles, Harvey Weinstein "n’aurait jamais pu être stoppé".

Elle a souligné "l’absence d’empathie" et "l’égoïsme" du producteur indépendant.

Harvey Weinstein n’a jamais reconnu publiquement autre chose que des relations consenties avec les femmes qui l’accusent et, de fait, n’a exprimé aucun remords ni présenté d’excuses.

Les avocats d’Harvey Weinstein ont déjà indiqué que leur client ferait appel de la condamnation, ce qui ne l’empêchera pas d’être placé immédiatement en détention.

Nul ne sait, pour l’instant, dans quelle prison de l’État de New York le co-fondateur du studio Miramax purgera sa peine, mais sans doute pas à la tristement célèbre Rikers Island, où il est incarcéré actuellement, et plutôt destinée aux accusés en attente de procès.

Pour le mouvement #MeToo, que l’affaire Weinstein a fait naître, la victoire est déjà certaine. Elle s’est jouée avec le verdict de culpabilité, même si le jury l’a disculpé de trois des cinq chefs d’accusation, les plus sérieux.

"Je ne récupèrerai pas ces années de ma vie, mais j’ai maintenant ce petit espoir d’avoir une existence devant moi, ce que je n’avais pas hier", disait, le lendemain du verdict, au journaliste Ronan Farrow, l’actrice Rose McGowan, qui accuse Harvey Weinstein de l’avoir violée.

Harvey Weinstein doit encore répondre d’une autre inculpation pour deux agressions sexuelles à Los Angeles, annoncée début janvier.

Avec AFP

 

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