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Le Royaume-Uni lance un plan de soutien massif à l'économie face au coronavirus

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Londres (AFP)

Le Royaume-Uni a sorti l'artillerie lourde mercredi pour aider l'économie à traverser la tempête du coronavirus, avec un soutien budgétaire de 30 milliards de livres et une baisse conséquente des taux de la Banque d'Angleterre.

Le ministre des Finances Rishi Sunak, arrivé en poste il y a à peine un mois, a présenté sur un ton offensif un premier budget post-Brexit bousculé par l'épidémie de coronavirus qui menace de plomber l'activité déjà anémique.

Cette crise sanitaire aura un impact "important mais temporaire", a-t-il déclaré, estimant qu'elle pourrait forcer jusqu'à "un cinquième" de la population active britannique à travailler depuis chez elle tout en perturbant la chaîne d'approvisionnement.

Devant des députés au complet, le ministre a dévoilé un plan de 30 milliards de livres "pour protéger les Britanniques, les emplois et les entreprises", sous les acclamations du camp conservateur.

"Et bien sûr si d'autres mesures sont nécessaires (...) je n'hésiterai pas à agir", a-t-il complété ajouté.

Dans le détail, 7 milliards aideront les travailleurs indépendants et les PME, qui sont les plus menacées par les conséquences économiques de l'épidémie, 5 milliards le système de santé, qui s'ajoutent à 18 milliards d'autres mesures pour soutenir l'économie, qui a déjà souffert de l'ombre du Brexit.

Selon les prévisions officielles, publiés par l'organisme OBR, la croissance britannique devrait atteindre 1,1% en 2020 et 1,8% en 2021, mais ces estimations ne tiennent pas compte de la totalité du choc représenté par le coronavirus, a prévenu le M. Sunak, 39 ans.

Il a également rappelé que son budget répondait aux promesses du Premier ministre Boris Johnson d'investir massivement dans les régions, notamment l'entretien des routes, le haut débit, la protection contre les inondations, la santé ou l'éducation, afin de tourner la page de l'austérité.

A cause de la crise du virus de Covid-19 qui bouleverse l'activité dans le monde entier, la publication de la stratégie pour les infrastructures promise par Boris Johnson a également été repoussée, même si M. Sunak a confirmé que plus de 600 milliards de livres seraient dépensés au cours des cinq prochaines années.

- Action concertée -

Ces mesures, notamment sur les transports, doivent aider le pays à respecter son objectif de neutralité carbone d'ici 2050.

Le ministre, qui a maintenu le gel de la taxe sur les carburants, ce qui va à l'encontre de la transition énergétique, a dans le même temps annoncé une hausse de l'impôt sur le gaz et les emballages en plastique.

Le leader de l'opposition, le travailliste Jeremy Corbyn, a salué les mesures contre le coronavirus, mais estimé que le budget "ne fait rien pour réparer les dégâts" de l'austérité.

M. Sunak s'exprimait quelques heures après la décision surprise de la Banque d'Angleterre de baisser ses taux de 0,75% à 0,25% face au "choc" de l'épidémie de coronavirus, dans une action concertée avec le gouvernement.

C'est la plus importante baisse de taux depuis début 2009, au plus fort de la crise financière internationale. Les taux reviennent à leur plus bas historique, un niveau déjà atteint dans les mois qui ont suivi le vote pour le Brexit.

Cette intervention d'urgence survient alors que la croissance britannique est ressortie nulle sur les trois mois achevés fin janvier, comme au quatrième trimestre, avant même l'entrée en vigueur du Brexit et l'arrivée de la crise du Covid-19.

Se voulant rassurante, la Banque centrale britannique a assuré qu'elle se tenait prête à "prendre toutes les autres mesures nécessaires".

La BoE va en outre encourager les banques à prêter aux entreprises et aux ménages, estimant que "l'activité va probablement s'affaiblir significativement au Royaume-Uni dans les prochains mois".

"La réponse budgétaire (...) n'empêchera pas le PIB de reculer nettement dans les prochains mois mais, avec les mesures de la BoE, cela améliore franchement les chances d'un rebond de l'économie au second semestre", estime Samuel Tombs, économiste chez Pantheon Macroeconomics.

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