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Coronavirus: le rugby français doit se décider

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Paris (AFP)

Report ou huis clos? Les partisans des deux options s'opposent avant la réunion des présidents de clubs lundi à Toulouse, qui doit trancher le sort du Top 14 et de la Pro D2 face à la pandémie de coronavirus.

Une première décision était déjà attendue mardi. Mais, après l'interdiction décrétée jusqu'au 15 avril de tout rassemblement de plus de 1.000 personnes, le rugby pro en France a décidé de "se donner du temps pour envisager l'impact des différents scénarios".

La Ligue nationale de rugby (LNR) enverra donc vendredi aux trente clubs des deux premières divisions deux hypothèses, l'une sur le report, l'autre sur le huis clos. Avec, à chaque fois, des données chiffrées, les conséquences mais aussi le calendrier probable.

Le but? Permettre aux clubs de décider de leur sort face au coronavirus.

"Quelle que soit la solution choisie, l'impact économique sera énorme. On est conscient qu'il n'y a pas de bonne solution", explique-t-on du côté de la LNR.

- Incertitude -

Dans le camp du huis clos, on retrouve le Stade français et Bordeaux-Bègles, le leader actuel du championnat, ou encore Brive.

"Tout simplement parce que le report n'est pas garanti: les trois prochaines journées ok, mais après? On peut avoir un report sur un report... et là, ça devient compliqué. La situation est inextricable", a expliqué à l'AFP le directeur général parisien Thomas Lombard.

"Il faut jouer le maximum de rencontres, on pourra en assumer une partie. Je dis bien une partie... Ensuite, il faudra que des gens, c'est-à-dire la Ligue, le gouvernement, le ministère des Sports, nous aident", a-t-il ajouté.

Pour le Stade français, "c'est une perte estimée entre 500 et 700.000 euros" pour les deux prochains matches à domicile contre Brive le 21 mars et Castres le 28. "Ce n'est pas négligeable. Et c'est sans compter les renégociations de certains contrats ou les compensations que certains prestataires pourraient nous demander..."

Même son de cloche du côté de Brive: "Compte tenu de la complexité du calendrier, nous ne voyons pas comment il serait possible de reporter toutes les rencontres suspendues pendant un mois. Surtout, imaginons le scénario où le gouvernement prolongerait cette mesure après le 15 avril ou, pire, déciderait d'annuler toutes les rencontres sportives comme en Italie... Nous ne pourrions pas aller au bout du championnat. Il est quand même préférable que le Top 14 se termine sur le terrain et non au gré des règlements", souligne le directeur général corrézien Xavier Ric.

- "800.000 euros de pertes -

Une situation catastrophique pour les clubs, dont les budgets sont liés aux recettes des matches (billetterie, buvette, partenariats...). "Un match à huis clos, c'est 800.000 euros de pertes", a ainsi estimé le président du Stade toulousain Didier Lacroix.

Le champion de France en titre prône plutôt le report, comme Clermont, Toulon ou Agen. Pour le RCT, il s'agit "de ne pas pénaliser l'économie du club mais aussi et surtout de pouvoir partager les matches de fin de saison, et l'émotion qui les accompagne, avec ses supporters".

Mais comme tous le reconnaissent, le président lyonnais Yann Roubert, fataliste, en est convaincu: "il n'y a pas de solution miracle". "Nos supporters et partenaires viennent au match pour partager des émotions. Si on va vers des reports, on n'est pas sûr que cela ira mieux après le 15 avril. Et du coup, on pourra avoir la double peine, celle des reports et des huis clos. Et si les mesures sont plus drastiques, il y aura encore des reports alors qu'il n'y aura plus de dates possibles. Il va falloir choisir entre la peste et le choléra".

Un report aurait forcément des conséquences pour le calendrier déjà chargé, entre championnat, Coupes d'Europe et la tournée des Bleus en Argentine en juillet, en plus du report déjà acté de France-Irlande, dernier match du Tournoi des six nations, dorénavant annoncé fin octobre.

Pas sûr que Canal +, le diffuseur qui met 97 millions d'euros sur la table chaque saison, soit ravi de devoir se passer de rugby.

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