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Coronavirus : pourquoi les Bourses ont franchi un cap dangereux

Le "bear market" ou "marché baissier" est caractérisé par une chute du cours de la Bourse d'au moins 20 % par rapport au plus récent pic.
Le "bear market" ou "marché baissier" est caractérisé par une chute du cours de la Bourse d'au moins 20 % par rapport au plus récent pic. © iStock

Face à l’inquiétude grandissante suscitée par la pandémie de Covid-19, le Dow Jones, l’un des principaux indices boursiers de Wall Street, est entré en territoire de "bear market". Un terme technique peu connu du grand public mais qui rappelle des périodes économiques douloureuses.

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Le Covid-19 a réveillé l'ours boursier. Le Dow Jones a enregistré une chute de plus de 5 %, mercredi 11 mars, précipitant cet indice crucial de Wall Street en territoire de "bear market", c’est-à-dire un "marché d’ours", aussi traduit parfois en français par "marché baissier".

Cette terminologie animalo-technique désigne, essentiellement, une panique boursière qui menace de s’installer durablement. Le "bear market" n’en demeure pas moins l’un des événements boursiers les plus redoutés car il est souvent perçu comme un ours de mauvais augure, annonciateur d’une possible récession. Explications.

Pour un "bear market", il faut…

Techniquement, un "marché baissier" intervient lorsqu’un indice boursier a chuté de 20 % depuis son dernier pic. C’est ce qui s’est passé mercredi : le Dow Jones a fini la journée à 20,22 % en dessous de son niveau du 12 février 2019, lorsque cet indice de référence caracolait à son plus haut depuis 11 ans.

Concrètement, le "bear market" reflète une grande braderie boursière, lorsque les investisseurs cherchent, tous en même temps, à se débarrasser de leurs titres parce qu’ils anticipent une aggravation de la situation et des fortes pertes dans un avenir proche.

Le "bear market" représente le deuxième niveau d’alerte après la simple correction boursière, caractérisée par une chute du cours des actions de seulement 10 % par rapport à leur plus récent sommet.

Tous les indices de Wall Street ne sont pas encore concernés. Le Nasdaq, l’indice des valeurs technologiques, et le S&P 500, qui regroupe les cotations des 500 grandes entreprises essentiellement américaines, ont échappé de justesse au "marché baissier". Ils ont, tous les deux, fini la séance de mercredi en baisse de 19 % par rapport au 12 février. Mais les chutes enregistrées sur les places financières américaines, jeudi en début de séance, semblent indiquer que Wall Street se dirige rapidement vers un "marché baissier" généralisé. Historiquement, ce décalage n’est pas étonnant : lors des précédents "bear markets", le Dow Jones a généralement ouvert le bal, rapidement imité par les autres principaux indices.

Seulement une dizaine en cent ans

En moyenne, les marchés financiers ont connu un "bear market" par décennie. Ces événements boursiers très violents sont bien plus rares que les simples "corrections". Depuis les années 1930, le S&P 500 a ainsi connu 23 corrections pour seulement dix périodes de "marchés baissiers", a calculé la banque irlandaise First Trust.

Mais une fois installé, ce marché a tendance à durer plus longtemps qu’une correction. Il s’étale, en moyenne, sur une période de 14 mois, alors qu’une correction ne dépasse, typiquement, pas trois à quatre mois.

À lire aussi : "Coronavirus : et les marchés financiers réagirent à la crise sanitaire"

Le plus long "bear market" à Wall Street a duré un peu moins de 3 ans, de 1930 à la fin de 1932, et avait englouti plus de 83 % de la valeur boursière des 500 plus importantes entreprises américaines cotées.

Des signes avant-coureurs d’une récession ?

1930, 1973, 2000, 2007 : quatre années marquées par des "bear markets" qui ont précédé de peu des récessions ayant marqué les esprits. Il serait facile d’en conclure que ces paniques financières annoncent systématiquement des périodes de crises économiques. Après tout, les "marchés baissiers" "indiquent que les investisseurs n’ont plus confiance dans les fondamentaux de l’économie", résume le New York Times.

Mais ce n’est pas toujours le cas. Ainsi, à la fin des années 1940, les valeurs boursières avaient crevé le plafond et un "bear market" était intervenu pour ramener en une petite dizaine de mois les boursicoteurs sur Terre. Le "marché baissier" de 1987 n’avait, quant à lui, que très peu à faire avec l’économie réelle puisque la panique boursière avait alors été déclenchée par un emballement des algorithmes de trading, qui n'en étaient qu'à leur début.

Il n’empêche que la chute brutale de ce mois de mars ajoute de l’eau au moulin à ceux qui anticipent que le Covid-19 va faire basculer en récession, avant la fin de l’année, une économie mondiale déjà fragilisée par le conflit commercial sino-américain.

Même si l’économie parvenait à échapper à une crise, les "bear markets" restent toujours des événements douloureux pour les investisseurs et les sociétés cotées. Lors du krach de 2007, la dégringolade des actions avait effacé plus de 50 % de la valeur boursière totale de l’indice S&P 500.

Cette fois-ci, la chute semble encore plus brutale. Le Dow Jones a perdu plus de 20 % de sa valeur en à peine un mois, ce qui constitue un triste record historique. Dit autrement, en une trentaine de jours, la Bourse de New York a effacé 5 000 milliards de dollars de valeurs boursières.

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