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F1: le coronavirus menace la tenue du GP d'Australie

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Melbourne (AFP)

Touché par la pandémie de coronavirus, le Grand Prix d'Australie aura-t-il lieu comme prévu ? La tenue de la première manche du Championnat du monde de Formule 1, de vendredi à dimanche, est incertaine, après le retrait jeudi de l'écurie McLaren, dont un des membres a été testé positif.

La majorité mais pas l'intégralité des parties prenantes (organisateurs de la course, promoteur de la F1, Fédération internationale de l'automobile et responsables des écuries) s'est en effet déclarée favorable à ce qu'il n'est pas lieu lors d'une réunion jeudi soir, a précisé à l'AFP une source proche du dossier.

En l'attente d'une communication officielle, un responsable du circuit a indiqué avoir reçu pour instruction d'ouvrir normalement les portes au public vendredi à 08h45 locales (22h45 heures françaises, 21h45 GMT), les premiers essais libres étant prévus à 12h00 (02h00/01h00).

Ces derniers jours à Melbourne, huit membres du paddock ont été testés pour le nouveau coronavirus. Un personnel de McLaren s'est avéré positif, ce qui a poussé l'écurie britannique à se retirer "pour le bien-être non seulement des employés de McLaren F1 et de ses partenaires, mais aussi pour celui de ses rivaux, des fans et de l'ensemble de ses participants".

Une neuvième personne, "pas associée à une écurie de F1, à la FIA ou à un fournisseur", a également été testée, a fait savoir le promoteur du GP dans un communiqué jeudi soir. Ce résultat n'est pas encore connu.

Auparavant dans la journée, la présence à Melbourne des dix équipes de F1, de leurs vingt pilotes et de centaines d'autres employés avait suscité un certain malaise, dont le sextuple champion du monde et tenant du titre, Lewis Hamilton, s'est fait l'écho.

- "L'argent est roi" -

"Je suis très, très surpris que nous soyons ici", a déclaré le Britannique lors d'une conférence de presse. "C'est bien qu'il y ait des courses automobiles mais, pour moi, c'est choquant que nous soyons tous ici assis dans cette pièce."

"Je vois les gens vaquer à leurs occupations comme si tout était normal mais cela ne l'est pas", a estimé le pilote Mercedes, qui va essayer de conquérir cette année un septième titre mondial qui en ferait l'égal de Michael Schumacher.

"L'argent est roi", a-t-il encore asséné, interrogé sur la tenue du Grand Prix dans un pays où plus d'une centaine de cas de coronavirus et trois décès ont été recensés. "Je ne vois pas pourquoi je ne ferais pas état de mon opinion", a jugé Hamilton.

"Il est normal de se poser la question", a concédé pour sa part le quadruple champion du monde allemand Sebastian Vettel. "Mais je ne suis pas celui qui doit juger", a ajouté le pilote Ferrari, soulignant que lui et ses homologues "s'en remettent à la décision d'autres personnes en leur faisant confiance".

Il a toutefois évoqué la possibilité de voir les pilotes plaider pour le report de la course si la situation venait à s'aggraver considérablement d'ici dimanche.

Il a d'ores et déjà été décidé que la deuxième manche du Championnat du monde, le GP de Bahreïn le 22 mars, aura lieu à huis clos. Le GP de Chine, qui devait se tenir le 19 avril, a été repoussé à une date non précisée et des menaces pèsent sur celui du Vietnam le 5 avril.

- Hamilton favori -

Ces développements sur le front du Covid-19 font oublier les enjeux de cette première manche de la saison 2020.

Hamilton, 35 ans, et Mercedes partent encore grandissimes favoris, notamment grâce à leur nouveau dispositif révolutionnaire appelé "DAS" (Dual Steering System), qui permet de modifier la géométrie des roues avant de la monoplace tout en la pilotant.

Mais ils devront toujours compter avec Ferrari, même si l'écurie italienne s'est montrée quelque peu en recul lors des essais d'avant-saison, ainsi que sur Max Verstappen et sa Red Bull-Honda.

A 22 ans, le Néerlandais entend rivaliser avec eux, voire pourquoi pas, les devancer. Interrogé jeudi pour savoir comment il entendait dépasser ses concurrents sur une piste qui n'est pas réputée pour le faciliter, il a répondu: "Je ne dépasserai personne, sauf les attardés".

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