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La vie festive new-yorkaise éteinte par le coronavirus

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New York (AFP)

Les théâtres de Broadway fermés, le grand défilé de la St Patrick annulé, les rassemblements de plus de 500 personnes interdits: la ville-phare de la culture américaine, une des grandes capitales de la culture mondiale, a subi jeudi son premier choc lié au nouveau coronavirus.

Le gouverneur de l'Etat de New York, Andrew Cuomo, a annoncé la nouvelle alors que la pression montait de plus en plus pour annuler les grands évènements de cette ville de 8,5 millions d'habitants, qui recense désormais une centaine de cas confirmés de Covid-19, avec des chiffres qui augmentent d'heure en heure.

"Nous prenons des mesures drastiques (..) pour réduire le nombre de personnes dans un environnement contagieux: pas de rassemblement de plus de 500 personnes", a déclaré le gouverneur Andrew Cuomo.

Il a précisé que l'interdiction serait effective à compter de vendredi soir, sauf pour les théâtres de Broadway - qui ont tous une capacité supérieure à 500 places, souvent plus de 1.000 - où elle commence dès ce jeudi à 17H00 (21H00 GMT), et jusqu'au 12 avril.

Les rideaux vont donc rester tirés pendant au moins un mois sur les 41 théâtres dont les enseignes illuminent le quartier de Times Square, au coeur de Manhattan, avec des spectacles que l'on vient voir du monde entier, du "Roi Lion" à "Hamilton", en passant par le tout nouveau remake de "West Side Story".

C'est un nouveau coup dur pour l'industrie du spectacle américaine, déjà ébranlée par de multiples annulations de concerts et de festivals, comme Coachella, South by Southwest ou Ultra, à Miami.

Pour la saison 2018-2019, Broadway a généré 1,8 milliard de dollars de revenus et fait venir 14,8 millions de spectateurs, selon les chiffres de l'organisation professionnelle Broadway League. Et pour la première semaine de mars, les revenus avaient dépassé les 26 millions de dollars.

Après avoir longtemps résisté à toute mesure drastique, la "ville qui ne dort jamais", une des premières destinations touristiques mondiales, est elle aussi obligée de se mettre à l'heure d'une vie sociale réduite.

Mercredi soir, la ville avait déjà annoncé le report de son traditionnel défilé de la Saint Patrick, grande fête populaire qui honore les Américains d'origine irlandaise et réunit habituellement quelque 2 millions de personnes. Il devait avoir lieu le 17 mars.

La fête de la Saint Patrick est traditionnellement un évènement très festif, accompagné de forte consommation de bières et d'autres alcools.

Ce défilé, qui se déroule sur la 5e Avenue, le long de Central Park, s'était tenu chaque année sans interruption depuis 1762, selon le site internet des organisateurs, même pendant les guerres.

- "Pas la panique" -

D'autres institutions culturelles ont annoncé fermer leurs portes, à commencer par le Metropolitan Museum of Art, le plus grand des musées new-yorkais.

"Même si nous n'avons eu aucun cas confirmé en lien avec le Musée, nous pensons que nous devons faire tout notre possible pour garantir un environnement sûr et sain pour la population, ce qui demande à ce stade de minimiser les rassemblements", a déclaré Daniel Weiss, président du grand musée qui borde Central Park, sans donner de date possible de réouverture.

Le prestigieux Metropolitan Opera et l'Orchestre philharmonique de New York ont également annoncé annuler toutes les représentations jusqu'au 31 mars.

Même chose pour les spectacles de Carnegie Hall, tous annulés à compter de vendredi et jusqu'à la fin du mois.

Face à ces annulations, que certains ont commencé à comparer au choc des attentats du 11 septembre 2001, plusieurs New-Yorkais ont indiqué jeudi se préparer à vivre au ralenti, mais sans panique.

"Je suis triste mais compréhensif", a indiqué à l'AFP Joe Brady, 64 ans, qui devait défiler en tête de l'un des cortèges du défilé de la Saint Patrick. "Je pense la situation va s'améliorer plus vite que les pronostics le disent".

"J'ai déjà réduit beaucoup de mes sorties", a aussi indiqué Gregory Orr, cinéaste indépendant, "j'ai stocké un peu de papier toilette, un peu de nourriture - juste au cas où moi ou ma femme tomberait malade et qu'on ne puisse plus sortir".

"Mais ce n'est pas la panique des zombies. New York est un très bon endroit où se trouver en cas d'urgence, elle sait se défendre", a-t-il ajouté.

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