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Le chômage partiel en forte progression face à la pandémie du coronavirus

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Paris (AFP)

Pénalisées par la propagation du nouveau coronavirus, de plus en plus d'entreprises françaises ont recours au chômage partiel pour leurs salariés, un dispositif que le gouvernement cherche à améliorer malgré son coût important.

Le tourisme, la restauration, l'événementiel et les transports sont particulièrement affectés par les annulations en cascade.

"Pour préserver l'emploi, il faut du chômage partiel, sinon les entreprises vont mettre la clé sous la porte", prévient Bruno Ducoudré, économiste à l'OFCE interrogé par l'AFP.

Le gouvernement vient ainsi de prendre des mesures censées faciliter le recours à "l'activité partielle", un dispositif particulièrement utilisé lors de la crise économique de 2009 pour limiter les effets néfastes sur l'emploi.

"On évite des dizaines de milliers de licenciements", a assuré jeudi la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

L'État a relevé au niveau du Smic (8,03 euros net de l'heure) l'indemnité horaire compensatrice qu'il verse aux employeurs ayant recours à ce dispositif, et les directions régionales du travail s'efforcent désormais de répondre en 48 heures aux demandes des entreprises, contre 15 jours auparavant.

Au chômage technique, le contrat de travail du salarié est suspendu mais non rompu. L'employeur est tenu de lui verser au minimum 70% de sa rémunération antérieure brute, ou 84% de son salaire net, même si son salaire est supérieur au Smic donc à l'aide de l'État.

- "Très cher" -

Jeudi, environ 3.600 entreprises avaient demandé à bénéficier de mesures de chômage partiel pour environ 60.000 salariés, soit quatre fois plus qu'en fin de semaine dernière, d'après la ministre.

Une "progression considérable", souligne Benoît Serre, vice-président de l'Association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH), qui observe qu'une "désorganisation globale des entreprises est en train de s'installer".

Ce chiffre doit toutefois être relativisé: au troisième trimestre 2009, le chômage partiel avait concerné jusqu'à 300.000 personnes.

A ce stade, le coût pour l'État est de 180 millions d'euros, a précisé Mme Pénicaud.

Son homologue de l'Économie Bruno Le Maire s'est dit ouvert au déplafonnement du dispositif au-delà du Smic horaire, malgré un coût "très élevé" pour les finances publiques. "Ca va se chiffrer en centaines de millions d'euros mais je pense que c'est de l'argent bien dépensé", a-t-il déclaré, en déplacement chez un traiteur des Hauts-de-Seine.

Actuellement, une entreprise enregistre une perte quand elle a recours au chômage technique et que ses employés sont d'ordinaire rémunérés au-dessus du Smic.

Le chômage partiel "n'a pas été encore enclenché, mais on y réfléchit très sérieusement, comme pratiquement tous les acteurs du marché", a déclaré à l'AFP Guillaume Linton, PDG du tour-opérateur Asia, qui propose 42 destinations dans la zone Asie-Pacifique et emploie 120 salariés.

Le dirigeant y voit "un outil fabuleux (qui) permet, une fois la période de crise passée, de reprendre une activité normale sans avoir perdu personne". "Former un +forfaitiste+ qui accompagne les agences de voyage pour fabriquer les devis" nécessite "pas loin de deux ans", explique-t-il.

- Autres mesures -

Beaucoup d'entreprises se refusent encore à recourir au chômage partiel, privilégiant d'autres mesures.

La compagnie Air France encourage ainsi la pose de congés, la prise de congés sans solde et le travail à temps partiel, toujours sur la base du volontariat.

Chez TUI, "la direction demande aux salariés de prendre une partie de leurs congés, on craint bien sûr le chômage partiel à terme", témoigne Lazare Razkallah, délégué CGT du groupe de tourisme.

A Cannes, où le salon mondial de l'immobilier a été reporté à juin et le Mip TV, grand rendez-vous des professionnels de la télévision, a été annulé, les employés de l'hôtel Gray d'Albion (groupe Barrière) sont au chômage partiel jusqu'au 30 avril, a indiqué à l'AFP Paul Gimenez, délégué CGT.

"Cela, on le comprend très bien, en revanche on est totalement opposés au passage de 35 heures à 39 heures payées 35 que le groupe veut mettre en place (...) et à la flexibilité totale demandée, avec une polyvalence entre les deux hôtels cannois Majestic Barrière et Gray d'Albion", s'insurge-t-il.

La direction a prévu de soumettre à un référendum vendredi ces mesures, refusées par une majorité d'élus du conseil social et économique (CSE). "On fait payer la crise aux salariés", dénonce M. Gimenez.

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