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Les Bourses asiatiques douchées par les annonces de Trump

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Tokyo (AFP)

Les Bourses asiatiques étaient en souffrance jeudi après l'annonce par Donald Trump de la suspension de tous les vols d'Europe vers les Etats-Unis pour 30 jours en raison du coronavirus, devenu pandémique selon l'Organisation mondiale de la santé.

Lors d'une brève allocution solennelle à la Maison Blanche, Donald Trump a annoncé la suspension à compter de vendredi de tous les voyages depuis l'Europe vers les Etats-Unis (à l'exception du Royaume-Uni) pour tenter d'endiguer la propagation du Covid-19 sur le sol américain.

"Vendez, vendez, vendez" commentait l'analyste d'AxiCorp Stephen Innes pour résumer l'état d'esprit dans les salles de marché asiatiques après les annonces de M. Trump. "Des restrictions de voyages veulent dire encore moins d'activité économique mondiale".

Les mesures annoncées par M. Trump pour soulager les ménages et les entreprises américaines mises en difficulté par le coronavirus décevaient aussi le secteur de la finance.

"Ce discours n'a pas été très enthousiasmant", a résumé Takeo Kamai de CLSA Securities Japan, cité par l'agence d'informations financières Bloomberg.

La Bourse de Tokyo, qui avait déjà très mal démarré la séance dans la foulée d'une nouvelle dégringolade de Wall Street la veille, creusait ses pertes: à la pause de mi-séance à 2H30 GMT, l'indice vedette Nikkei dévissait de 5,17% à 18.412,24 points, tandis que l'indice élargi perdait 4,78% à 1.318,96 points.

- Bond du yen, chute du pétrole -

Le yen, valeur refuge, s'appréciait nettement par rapport au dollar et à l'euro après les annonces de M. Trump, un mouvement défavorable pour les groupes exportateurs nippons.

Vers 2H30 GMT le dollar tombait à 103,39 yens, contre 104,55 yens avant l'allocution de M. Trump et 104,42 yens la veille.

L'euro grimpait à 1,1313 dollar, contre 1,1279 dollar mercredi à 19H00 GMT.

A Hong Kong, l'indice Hang Seng a aussi ouvert en retrait de près de 3% jeudi. Les Bourses de Chine continentale ont aussi démarré en repli, mais plus modéré (Shanghai -1,19%, Shenzhen -1,6%).

Les cours du pétrole, qui avaient commencé la journée en Asie sur une hausse timide, repartaient violemment dans le rouge, la suspension pour un mois des vols de l'Europe vers les Etats-Unis signifiant une baisse drastique de la consommation d'or noir, déjà en berne.

Vers 2H10 GMT le prix du baril de brut américain chutait de 5,94% à 31,02 dollars et celui du baril de Brent londonien de 5,90% à 33,68 dollars.

Les cours étaient déjà particulièrement malmenés depuis le début de la semaine en raison de l'incapacité des producteurs à s'entendre pour diminuer l'offre.

Le marché pétrolier avait ainsi encaissé lundi sa pire chute en près de 30 ans, en plongeant d'environ 25% après l'échec de discussions entre les producteurs du Golfe, au premier rang desquels l'Arabie Saoudite, et la Russie pour réduire la production, ce qui a conduit Ryad à déclencher une guerre des prix.

"Si cela ne convainc pas l'Arabie saoudite et la Russie de revenir à la table des négociations, je ne vois pas ce qui pourrait y arriver", a lancé Stephen Innes d'AxiCorp à propos de la suspension des vols de l'Europe vers les Etats-Unis.

Au-delà de cette mesure drastique, le relèvement de l'épidémie de coronavirus au stade de "pandémie" par l'OMS mercredi pesait aussi lourdement sur le moral des investisseurs en Asie.

"Nous sommes profondément préoccupés tant par les niveaux alarmants de propagation et de gravité que par les niveaux alarmants d'inaction" dans le monde, avait déclaré mercredi le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

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