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Face au coronavirus, une débâcle historique pour les Bourses, de Paris à Wall Street

Des traders à la Bourse de New York, le 12 mars 2020.
Des traders à la Bourse de New York, le 12 mars 2020. © Brendan McDermid, Reuters

Les Bourses du monde entier ont enregistré jeudi et vendredi une débandade sans précédent. Le manque de coordination des gouvernements face à l'épidémie de coronavirus a affolé les marchés financiers. 

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Du jamais-vu à Paris, à Milan et Madrid. La pire séance depuis 1987 à Londres ou New York. La panique a complètement emporté jeudi 12 mars et vendredi 13 mars les marchés financiers, qui ont visiblement perdu l'espoir d'une réponse économique efficace face à la propagation implacable de la pandémie du nouveau coronavirus.

Les autorités tentent pourtant d'apaiser les investisseurs à coups de milliers de milliards, mais leur manque de coordination semble plus inquiéter que rassurer.

Howard Silverblatt, Senior Index Analyst chez S&P Dow Jones Indices fait l'addition : 4 700 milliards de dollars partis en fumée jeudi, soit 16 100 milliards de dollars de capitalisation boursière effacée depuis le 19 février.

L'annonce, sans concertation, par le président américain Donald Trump d'une suspension de l'entrée des Européens aux États-Unis pour les 30 prochains jours semble avoir symbolisé cette absence de coopération dans la lutte contre le Covid-19. Et donné le coup d'envoi de la débandade des marchés.

Panique

L'une après l'autre, les places européennes ont affiché des chutes historiques jeudi : pire séance de l'histoire du CAC 40 à Paris (-12,28 %), Francfort au plus mal depuis la Réunification (-12,24 %), Londres qui n'avait jamais dévissé à ce point depuis octobre 1987. À Milan aussi, pire baisse jamais enregistrée : 16,92 %. Madrid a lâché plus de 14 %.

À Wall Street, le Dow Jones a aussi encaissé sa plus forte dégringolade depuis le Lundi noir de 1987, en chutant de 9,99 %.

En données cumulées, la violence de la correction boursière apparaît encore mieux : les grandes places européennes ont plongé de 30 % ou plus depuis le début de l'année.

L'indice vedette de la Bourse de New York a, lui, perdu 26 % de sa valeur depuis janvier. En début de séance jeudi, la panique était telle que les échanges ont été suspendus pendant quinze minutes peu après l'ouverture.

En Amérique latine, ce fut la curée également à Buenos Aires comme à Sao Paulo, où la Bourse a terminé sur un recul de 14,78 %.

Les Bourses asiatiques ont aussi reculé, mais moins en comparaison, Tokyo perdant 6,08 % et Hong Kong 7 % vendredi.

Coup de frein jamais vu

Les marchés ne croient visiblement plus à une réponse économique et financière efficace face à une pandémie qui ferme les frontières, les usines, les écoles, mettant un coup de frein jamais vu à l'économie mondialisée.

Les annonces de relance en ordre dispersé des gouvernements et des banques centrales n'arrangent rien, pas plus que les décisions de confinement qui se succèdent.

Attendue au tournant, la Banque centrale européenne a annoncé qu'elle maintenait ses taux directeurs inchangés, alors que ses homologues américaine et britannique ont toutes deux opté quelques jours plus tôt pour des baisses.

Le fait que la BCE n'ait pas fait de même "en dit long sur le manque de coordination entre les États-Unis et l'Union européenne", commente dans une note Sébastien Galy de Nordea Investment.

L'institution a toutefois lancé jeudi un programme de prêts pour soutenir les PME les plus touchées par l'épidémie de coronavirus, et compte acheter 120 milliards d'euros de dette publique et privée supplémentaire d'ici la fin de l'année. Pas de quoi rassurer les investisseurs.

Avec AFP

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