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La France au ralenti, les mesures économiques "coûteront des dizaines de milliards"

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Paris (AFP)

Alors que des millions d'élèves vivaient vendredi leur dernier jour d'école avant des vacances forcées, le gouvernement a prévenu que les mesures de soutien pour faire face à la crise économique due au coronavirus coûteraient "des dizaines de milliards d'euros".

Le foot français s'est lui aussi mis à l'arrêt: la Ligue de football professionnel (LFP) a acté vendredi la suspension immédiate et "jusqu'à nouvel ordre" de la Ligue 1 et de la Ligue 2, plaçant l'intégralité du football français en sommeil.

Crèches et établissements scolaires devraient rester fermés au moins jusqu'aux prochaines vacances scolaires, qui débutent le 4 avril en Ile-de-France et dans les académies et Toulouse et Montpellier, a indiqué sur France Inter de l'Education Jean-Michel Blanquer.

"Ce qui est assez certain c'est qu'on va aller au moins jusqu'aux vacances de printemps qui commencent début avril. C'est le mois de mars qui va être touché, après on va voir en fonction", a-t-il ajouté, insistant aussi sur le fait que les élèves ne seraient pas vraiment en vacances car ils devront travailler.

Selon Médiamétrie, 22 millions de Français ont regardé son intervention télévisée, très attendue.

Les parents d'enfants de moins de 16 ans qui ne peuvent pas recourir au télétravail "ont droit automatiquement" à un arrêt maladie, sur demande de l'employeur, a indiqué sur Franceinfo la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

Elle a aussi notamment assuré que l'Etat prendrait en charge "intégralement" le chômage partiel demandé par les entreprises pénalisées par la propagation du nouveau coronavirus.

Jeudi soir, 5.117 entreprises avaient demandé à bénéficier du chômage partiel pour un total de 80.000 salariés et un coût de 242 millions d'euros, selon le gouvernement.

Le tourisme, la restauration, l'événementiel et les transports sont particulièrement touchés.

Au total, les mesures annoncées par le gouvernement français pour faire face à la crise économique provoquée par le coronavirus "coûteront des dizaines de milliards d'euros", a prévenu pour sa part le ministre des Finances, Bruno Le Maire, promettant de faire "tout ce qui est nécessaire et même plus".

Après une journée historiquement noire jeudi, la Bourse de Paris, qui avait fini en repli de plus de 12%, à l'image des autres places financières, rebondissait vendredi matin.

Si les mesures annoncées par Emmanuel Macron face à la "plus grave crise sanitaire depuis un siècle" marquent un tournant dans la gestion de la crise due à l'épidémie de coronavirus, les élections municipales, dont le premier tour a lieu dimanche, sont toutefois maintenues.

Le président Macron a aussi demandé aux personnes âgées de plus de 70 ans et aux plus fragiles de rester chez eux tout en les invitant à se rendre aux urnes ce week-end.

Les mesures draconiennes décidées par le président sont destinées à éviter un "crash" des hôpitaux, déjà sous tension.

- Réunion de crise à Paris -

Etait prévue vendredi une réunion de crise à Paris organisée par la maire Anne Hidalgo pour "tirer toutes les conséquences" des décisions annoncées par Emmanuel Macron.

Selon le dernier bilan officiel, 61 personnes sont décédées et 2.876 ont été contaminées – soit près de 600 de plus en 24 heures. Il y a 129 cas graves, en réanimation.

Par précaution, le gouvernement a demandé la "déprogrammation immédiate des interventions chirurgicales non urgentes" afin de libérer des lits en réanimation, en salles de réveil et du personnel qualifié, conformément au stade 2 du "plan blanc" des hôpitaux. "Tous les moyens nécessaires" à la santé seront employés "quoi qu'il en coûte", a insisté le Président.

- Nombreuses inconnues -

De nombreuses inconnues subsistent autour de ce virus ont relevé des experts qui redoutent l'avenir. Le Pr Éric Caumes, chef du service des maladies infectieuses à la Salpêtrière, a prévenu mercredi soir que "les (services de) réanimation se remplissent de manière extrêmement rapide (...) Je vois ce qui se passe dans mon hôpital et c'est la même chose à Strasbourg, à Vannes… On sait qu'on n'en est qu'au début", a-t-il assuré sur LCI.

"Nous sommes au début d'une épidémie d'un virus inconnu, je ne peux absolument pas vous affirmer les yeux dans les yeux aujourd'hui que je sais exactement quelle sera l'ampleur de l'épidémie", a reconnu vendredi sur Europe 1 le ministre de la Santé Oliver Véran, assurant que "toutes les mesures adaptées" étaient prises.

En plus des foyers déjà identifiés notamment dans le Morbihan, le Haut Rhin, l'Oise ou la Corse, un nouveau point de contamination a été annoncé mercredi dans l'agglomération de Montpellier et un premier cas a été détecté jeudi en Guadeloupe.

Mais la situation est aussi particulièrement tendue dans le Rhône, où deux établissements gériatriques ont enregistré deux décès chacun en 24 heures.

La marche pour le climat prévue samedi à Paris et d'autres actions climat qui devaient avoir lieu vendredi ont été annulées par les organisateurs en raison de la crise du nouveau coronavirus

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