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Le patinage français choisit un nouveau président pour tourner la page Gailhaguet

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Paris (AFP)

Un mois après la démission de Didier Gailhaguet, emporté par le scandale de violences sexuelles dans le patinage, la Fédération française des sports de glace (FFSG) élit son nouveau président, samedi matin à Paris. L'ex-championne de danse sur glace Nathalie Péchalat fait figure de favorite.

Malgré les mesures draconiennes prises par le gouvernement français pour freiner l'épidémie de coronavirus, la FFSG a décidé de maintenir son assemblée générale comme prévu, à partir de 10h00, en y limitant strictement l'accès aux candidats et aux votants. Trois des quatre candidats à la présidence étaient néanmoins favorables à un report.

Comme Péchalat (36 ans), le président du club d'Angers Damien Boyer-Gibaud (36 ans également), monté en première ligne pour appeler au départ de Gailhaguet, l'entraîneur de short-track Gilles Jouanny (57 ans) et l'ex-bobeur Michel-Ange Marie-Calixte (52 ans) présentent leur candidature. L'ancienne juge internationale de patinage artistique Marie-Reine Le Gougne s'est finalement retirée pour raisons de santé. En jeu, un mandat écourté de deux ans, jusqu'au lendemain des JO-2022.

Cette élection marque la fin d'une ère, puisque Gailhaguet a régné sur le patinage français presque sans discontinuer pendant plus de deux décennies, depuis 1998 (sauf entre 2004 et 2007). Mais son sixième mandat a soudainement pris fin début février dernier, après que plusieurs anciennes patineuses, notamment l'ex-championne Sarah Abitbol, ont révélé avoir été victimes de viols et d'agressions sexuelles, commis par différents entraîneurs, alors qu'elles étaient adolescentes.

- Première femme ? -

Si Péchalat est élue, il s'agira d'une première : jamais une femme n'a accédé à la présidence de la FFSG. Plus globalement, il est rarissime qu'une femme se hisse jusqu'à ce niveau de responsabilités : sur 36 fédérations olympiques, seule le sommet d'une, celle d'escrime, échappe actuellement à un homme.

La double championne d'Europe (2011, 2012) et double médaillée de bronze mondial (2012, 2014) avec Fabian Bourzat, qui a mis un terme à sa carrière sportive en 2014, est la première à s'être lancée dans la course, quatre jours seulement après la démission de Gailhaguet. Et elle semble mener la danse.

Elle peut compter sur l'appui des deux principales ligues, Ile-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes, dont dépendent les neuf plus gros clubs français, expliquent des acteurs du patinage à l'AFP. Parmi eux, le club le plus important, Lyon Patinage Glace (plus de 520 licenciés) et Grenoble (4e), la soutiennent officiellement.

Mais un autre projet s'est construit autour de Boyer-Gibaud, chef d'entreprise, venu au patinage par sa fille et président de club depuis 2017. Autour de lui, s'est formé un groupe de réflexion qui défend "un projet venu de la base", "pas anti-Nathalie Péchalat mais constructif".

Concrètement, les 160 présidents de club sont invités à voter. Mais leur poids dépend du nombre de licenciés de leur club. D'une voix, pour un club comptant entre trois et dix licenciés, jusqu'à treize pour le plus gros. Au total, les clubs cumulent 872 voix.

- "Effet Poutine" -

"Sur un grand nombre de gens avec lesquels j'ai discuté, Nathalie Péchalat représente le meilleur gage de sécurité pour représenter la Fédération française, auprès de la Fédération internationale notamment, défendre nos sportifs, entretenir de bonnes relations avec les grands centres (d'entraînement) internationaux...", plaide auprès de l'AFP le président du club lyonnais, Pascal Girardot.

A ceux qui la pensent instrumentalisée par Gailhaguet, Péchalat répond sur les réseaux sociaux: "STOP ! Je ne suis la marionnette de personne. Ceux qui me connaissent savent bien que je n'ai jamais été dans les petits papiers de Didier Gailhaguet".

"C'est une candidature forte : c'est une candidate qui rassure, elle est médiatique, s'exprime bien, c'est une femme, ce n'est pas négligeable avec tout ce qui s'est passé", convient le président du club de Wasquehal, Bruno Travail, soutien de Boyer-Gibaud.

"Mais est-ce qu'on a besoin de médiatisation ? Peut-être qu'on a plutôt besoin de gens de l'ombre, qui font un travail collectif, avec de nouvelles personnes, de nouvelles idées", s'interroge toutefois le président du club de Caen, Ludovic Le Guénnec, qui soutient aussi son homologue d'Angers.

Quant à savoir si la page Gailhaguet est définitivement tournée, beaucoup pensent le contraire. "C'est un jusqu'au-boutiste, il va sûrement essayer" de revenir en 2022, lâche un dirigeant. "On va vers un effet Poutine", compare un ancien champion.

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