Accéder au contenu principal

Coronavirus: la France au ralenti pour tenter de freiner l'épidémie

Publicité

Paris (AFP)

Travail, éducation, culture, transports, sport... La France s'est mise au ralenti pour tenter de freiner l'épidémie de coronavirus, qui n'en est qu'"à son début" et dont il est encore impossible de prévoir l'ampleur, selon les autorités.

Alors que des millions de Français vont se déplacer aux urnes dimanche pour élire leur maire, le dernier bilan communiqué vendredi soir par le ministre de la Santé Olivier Véran a révélé près de 800 nouvelles contaminations et 18 décès supplémentaires en 24 heures, illustrant l'accélération tant redoutée par les autorités.

"Nous sommes au début d'une épidémie d'un virus inconnu", a observé le ministre. "Elle progresse, c'était attendu. Il est encore temps de modifier strictement et scrupuleusement nos comportements afin de nous protéger individuellement et collectivement", a-t-il recommandé.

Le ministre a admis son incapacité à pronostiquer la progression de l'épidémie. "Je ne peux absolument pas vous affirmer les yeux dans les yeux aujourd'hui que je sais exactement quelle sera l'ampleur de l'épidémie", a reconnu vendredi sur Europe 1 Oliver Véran.

Une nouvelle salve de mesures ont ainsi été publiées samedi au Journal officiel, dont l'interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes, contre 1.000 précédemment, qui avait annoncée vendredi par le Premier ministre Edouard Philippe. "L'idée, c'est de faire en sorte que nous puissions ralentir la circulation du virus", a-t-il défendu.

De nombreux musées, salles de spectacles, parcs d'attractions (dont Disneyland Paris) et établissements culturels à travers le pays ont annoncé leur fermeture aux visiteurs, les uns après les autres. Samedi, c'était au tour des musées de la ville de Paris (qui incluent notamment les Catacombes et le Musée d'art moderne de Paris, ou encore le Musée de la Libération) d'annoncer leur mise en sommeil.

- Offre réduite de transport -

La RATP et la SNCF s'attendent à une "offre réduite" de transport la semaine prochaine car certains employés, comme des millions de leurs compatriotes, devront rester chez eux pour garder leurs enfants.

Les crèches ferment en effet mais le ministre de la Santé a annoncé vendredi une dérogation pour les structures accueillant moins de dix enfants et pour les assistantes maternelles "qui le peuvent". Ces structures et ces nounous pourront continuer de recevoir les petits afin d'alléger le cauchemar logistique des parents.

Par ailleurs, les enfants de "personnels soignants essentiels" seront accueillis à partir de lundi par des enseignants dans les écoles - qui resteront fermées jusqu'aux prochaines vacances scolaires au moins, qui débutent le 4 avril en Ile-de-France, a indiqué le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer.

Les parents d'enfants de moins de 16 ans qui ne peuvent pas recourir au télétravail "ont droit automatiquement" à un arrêt maladie, sur demande de l'employeur, a indiqué la ministre du Travail Muriel Pénicaud: l'Etat prendra en charge "intégralement" le chômage partiel demandé par les entreprises pénalisées.

Si les mesures annoncées jeudi par Emmanuel Macron face à la "plus grave crise sanitaire depuis un siècle" marquent un tournant dans la gestion de la crise, les municipales sont bien maintenues.

Alors que la campagne électorale s'est arrêtée vendredi à minuit, les mairies mettent les bouchées doubles pour assurer la bonne tenue du scrutin tout en respectant au mieux les consignes sanitaires. Les bureaux de votes devront être nettoyés, les files d'attente évitées et les distances de sécurité respectées.

Edouard Philippe a fait part de sa "conviction" qu'il est possible d'"organiser dans de bonnes conditions" le premier tour mais également le second le 22 mars.

La Ligue de football professionnel (LFP) a pour sa part acté vendredi la suspension immédiate et "jusqu'à nouvel ordre" de la Ligue 1 et de la Ligue 2. Athlétisme, judo, gym et triathlon français ont aussi suspendu compétitions et rassemblements.

- Plan blanc maximal -

Les mesures économiques "coûteront des dizaines de milliards d'euros", a prévenu le ministre des Finances, Bruno Le Maire. La Bourse de Paris a fini vendredi sur un maigre rebond (+1,83%) au lendemain d'une débâcle historique (-12%).

Dans les hôpitaux, le gouvernement a déclenché le "plan blanc maximal", ordonnant aux hôpitaux et cliniques d'annuler toute chirurgie non-urgente pour accueillir le maximum de malades du coronavirus; ils disposeront pour cela de "tous les moyens financiers nécessaires".

Des "cellules éthiques de soutien" devraient être mises en place dans les établissements pour aider les médecins obligés de choisir quels patients soigner en priorité si les services de réanimation étaient débordés par l'épidémie de coronavirus, selon les recommandations du Comité consultatif national d'éthique (CCNE).

Dans un entretien au Monde, le patron de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, a assuré que son organisation n'a "jamais, de mémoire de professionnels", été confrontée à un phénomène d'une telle ampleur avec une telle rapidité et une aussi forte complexité", ni même "d'une telle violence". Et si les équipes sont tout à fait "prêtes", dit-il, "ce serait mentir que de prétendre qu'on aborde cette épidémie dans les meilleures conditions".

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.