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Virus: week-end de silence et d'isolement en Italie

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Rome (AFP)

Rues désertes, commerces et parcs fermés: l'Italie a entamé son premier week-end d'isolement dans un silence pesant, juste interrompu par une minute d'applaudissements pour les personnels soignants engagés dans la bataille contre l'épidémie de coronavirus.

Dernières mesures, Milan et Rome ont fermé leurs parcs, jardins publics et aires de jeux pour éviter les rassemblements.

Au coeur de la Ville éternelle, les 80 hectares de la célèbre Villa Borghese restent toutefois accessibles aux rares joggeurs et promeneurs souvent accompagnés de leurs chiens qui parfois se saluent à bonne distance d'un mouvement de main, escortés par les cris des oiseaux, seuls à déchirer un étrange silence.

Même vide irréel au Vatican, près de la place Saint-Pierre fermée et gardée par la police, près du Colisée ou encore dans les ruelles d'ordinaire si animées du Trastevere où doivent sonner les cloches des églises à 19H00 GMT. Les quelques bus qui passent sont quasiment vides, sous la grisaille de ce samedi.

Plusieurs autres villes du nord au sud comme Naples, Bologne, Pavie ou Pescara, ont également fermé leurs parcs. A Naples, les autorités ont prévenu qu'elles mettraient en quarantaine forcée ceux qui seraient dehors sans raison impérieuse ou professionnelle.

Quelque 157.000 personnes ont été contrôlées et 7.000 feront l'objet de poursuites pour ne pas avoir respecté les interdictions de rassemblement et restrictions aux déplacements, a annoncé samedi le ministère de l'Intérieur.

- "L'Italie ne s'arrête pas" -

A Bari (Pouilles, Sud), le maire Antonio Decaro est allé en personne chasser d'un parc ses administrés réunis sous le soleil. "Vous ne pouvez pas rester là. On doit tous rester à la maison, c'est dangereux. A la maison, à la maison !", l'entend-on dire sur une vidéo diffusée sur Twitter.

Si le Sud a été relativement épargné jusqu'à présent, le président cette région des Pouilles, Michele Emiliano, ne cache pas son inquiétude, s'offusquant sur Facebook de la décision de personnes originaires de sa région de fuir le Nord où ils travaillent: "Vous nous apportez de nombreux autres foyers de contagion que nous aurions pu éviter".

Dimanche, il n'y aura ni repas en famille ni messe, interdits. Comme chaque jour, celle du pape sera diffusée en direct.

Vendredi, les Italiens sont allés par milliers sur leur balcon ou à leur fenêtre pour chanter leur hymne, Fratelli d'Italia, et jouer de la musique. Samedi, ils comptent récidiver après avoir à la mi-journée adressé une minute d'applaudissements aux personnels soignants. Ceux-ci sont épuisés, sous pression, surtout en Lombardie, la région de Milan, qui compte 890 des quelque 1.300 morts dans le pays.

"L'Italie ne s'arrête pas", a affirmé le chef du gouvernement Antonio Conte lors d'une vidéo-conférence avec les partenaires sociaux à qui il a annoncé la fourniture d'équipements de sécurité et de masques de protection.

Mais signes supplémentaires d'un pays en léthargie, Ferrari a annoncé l'arrêt pour deux semaines de la production de ses bolides dans ses usines de Maranello et Modène (centre), les élections régionales prévues au printemps devraient être reportées et le deuxième aéroport de Rome, Ciampino, a vu décoller le dernier avion avant sa fermeture, à destination de Nuremberg, en Allemagne.

- Crainte d'une nouvelle augmentation des cas -

Pour répondre aux inquiétudes pour la troisième économie d'Europe, le gouvernement doit présenter ce week-end un décret détaillant les mesures pour soutenir particuliers et entreprises: report du paiement des factures et de la TVA, moratoires sur le remboursement des prêts, assimilation de la quarantaine à un arrêt-maladie,...

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a affirmé vendredi que l'Europe était désormais l'"épicentre" de la pandémie et l'Italie est toujours de très loin le pays le plus touché du Vieux continent.

Selon la Protection civile italienne, la pandémie montre des signes de ralentissement dans les communes de Lombardie et Vénétie initialement confinées, dans le Nord du pays.

Mais il faut s'attendre à une nouvelle augmentation des cas en raison de comportements constatés le week-end dernier, durant lequel des "foules" se sont rendues sur des plages ou dans les stations de ski du nord en dépit des mesures de confinement, selon la Protection civile.

A la mi-journée, le vice-ministre italien de la Santé Pierpaolo Sileri a de son côté annoncé sur Facebook qu'il avait été testé positif au nouveau coronavirus et qu'il s'était mis à l'isolement à son domicile.

Si le remplissage de ses avions ne permet pas d'assurer une séparation suffisante de ses voyageurs, Alitalia leur imposera dorénavant de porter un masque.

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