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Les civils, premières victimes des neuf années de guerre en Syrie

Des enfants syriens après un bombardement à Misraba dans la région de la Gouta en Syrie, le 4 janvier 2018.
Des enfants syriens après un bombardement à Misraba dans la région de la Gouta en Syrie, le 4 janvier 2018. © Bassam Khabieh, Reuters

Depuis mars 2011, la guerre en Syrie a fait au moins 384 000 morts, dont plus de 116 000 civils, et des millions de réfugiés et déplacés. Elle entre dans sa dixième année sans perspective de paix, avec des combats qui se concentrent désormais dans la région d'Idleb. 

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La guerre en Syrie entre dimanche 15 mars dans sa dixième année. Après neuf ans de conflit, le régime de Bachar al-Assad a réussi à se maintenir à la tête d'un pays à la population épuisée et à l'économie laminée. Dans le même temps, des puissances étrangères aux intérêts divergents jouent des muscles.

Au moins 384 000 personnes, dont plus de 116 000 civils, ont péri dans le conflit, déclenché en mars 2011 avec la répression sanglante de manifestations prodémocratie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

À la veille du neuvième anniversaire de la guerre, l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Geir Pedersen, a déploré la durée et la nature "horrible" du conflit, "preuve d'un échec collectif de la diplomatie".

Grâce au soutien des alliés russe et iranien et au prix de bombardements dévastateurs, le régime a repris à partir de 2015 les régions perdues au profit des insurgés, et contrôle désormais plus de 70 % du pays.

La Russie et la Turquie entament des patrouilles dans la province d'Idleb

Le principal front de la guerre aujourd'hui, dans la région d'Idleb, ultime grand bastion jihadiste et rebelle dans le nord-ouest, jouit depuis début mars d'une trêve précaire, après plusieurs mois d'une offensive du régime.

En vertu du cessez-le-feu, des patrouilles conjointes de la Russie et de la Turquie, qui soutient, elle, des groupes rebelles, ont débuté dimanche à Idleb. Des véhicules blindés et de la police militaire russes sont parti de Tronba, dans la province d'Idleb, pour parcourir la route stratégique M4, comme prévu par un accord signé vendredi.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a déploré cette semaine "une décennie de combats qui n'a apporté que des ruines et la misère". "Les civils payent le plus lourd tribut", a-t-il dit dans un tweet.

11 millions de déplacés et de réfugiés

C'est à Deraa, au sud, que l'étincelle de la révolte est partie, en 2011 : des adolescents, inspirés par le Printemps arabe en Tunisie et en Égypte, avaient écrit sur les murs de leur école des slogans anti-Assad.

Les manifestations ont gagné les grandes villes. Avec la répression, des factions rebelles sont apparues. Le conflit s'est encore complexifié avec la montée en puissance des jihadistes, notamment du groupe État islamique, et l'intervention de puissances étrangères.

La guerre a provoqué l'exode de plus de 11 millions de personnes, déplacés et réfugiés, se pressant parfois aux portes de l'Europe. "Des centaines de milliers de personnes ont été arrêtées, kidnappées ou sont portées disparues. Les violations des droits humains, les crimes, les destructions et le dénuement ont atteint une échelle monumentale", s'est ému samedi Geir Pedersen.

Cinq armées étrangères interviennent en Syrie

Appuyé par l'allié russe, le pouvoir est reparti à l'assaut en décembre de la région d'Idleb, avant d'accepter un cessez-le-feu entré en vigueur le 6 mars. Mais l'offensive a entraîné la mort de près de 500 civils, selon l'OSDH, et a déplacé environ un million de personnes, d'après l'ONU.

Non seulement toutes les initiatives diplomatiques visant à mettre un terme à la guerre ont échoué, mais aujourd'hui pas moins de cinq armées étrangères interviennent d'une façon ou d'une autre en Syrie.

Les troupes iraniennes et russes sont venues à l'aide du régime, un temps affaibli face aux rebelles et aux jihadistes.

Les troupes américaines, stationnées aujourd'hui dans le nord-est où les Kurdes jouissent d'une semi-autonomie, ont activement participé à la lutte anti-EI, mais veulent aussi enrayer l'influence iranienne.

Tout comme Israël, qui mène régulièrement des frappes contre des positions du régime, de l'Iran ou du Hezbollah libanais.

La Turquie voisine, qui soutient des groupes armés locaux, a elle déployé des soldats dans le nord du pays, voulant, entre autres, éviter un nouvel afflux de réfugiés.

La guerre a par ailleurs laminé les infrastructures du pays, entraînant des destructions estimées à quelque 400 milliards de dollars.

Avec AFP

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