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Municipales 2020 : pour LREM, de très modestes victoires et peu d'espoirs

Agnès Buzyn, la candidate de La République en Marche à Paris, aux côtés du Premier ministre Édouard Philippe à Paris, le 10 mars 2020.
Agnès Buzyn, la candidate de La République en Marche à Paris, aux côtés du Premier ministre Édouard Philippe à Paris, le 10 mars 2020. © Martin Bureau, AFP

Le parti présidentiel, La République en Marche, n'a pas réussi à s'implanter dans la vie politique locale. À l'exception de victoires des ministres tel que Franck Riester et Gérald Darmanin, la LREM ne semble pas en mesure de s'emparer de villes importantes.

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Sans surprise, les municipales n'ont pas permis l'implantation de La République en marche dans le paysage politique locale lors du 1er tour des municipales du dimanche 15 mars. Malgré quelques victoires, le parti présidentiel a enregistré un premier tour décevant, souvent relégué en troisième ou quatrième position.

Deux victoires de ministre, Édouard Philippe en ballotage

Lot de consolation pour le mouvement présidentiel : plusieurs des candidats qu'il soutenait ont été réélus dès le premier tour. D'abord, les membres du gouvernement Gérald Darmanin à Tourcoing (Nord) ou Franck Riester à Coulommiers (Seine-et-Marne).

Le Premier ministre, Édouard Philippe, qui n'appartient pas à LREM mais qui en a reçu le "soutien", est pour sa part en ballottage au Havre, avec 43 % des suffrages recueillis, 9 points de plus que son adversaire PCF. Le second tour s'annonce incertain, en raison d'un faible réservoir de voix pour le chef du gouvernement.

Des maires sortants investis tirent leur épingle du jeu

Parmi les quelque 600 têtes de listes que La République en marche a présentées dans les communes de plus 9 000 habitants, environ la moitié étaient "investies", l'autre "soutenues". Parmi ces derniers, nombre d'entre eux sont des sortants, qui ont bénéficié – à l'instar des autres partis – d'une prime à la continuité. Et peuvent laisser à LREM l'espoir d'atteindre son objectif de faire élire 10 000 conseillers municipaux.

Ainsi, à Angers, le sortant Christophe Béchu (ex-LR, soutenu par LREM dont il n'est pas adhérent) a facilement été réélu avec environ 55 %. Peut-être la meilleure performance de la soirée : à Saint-Dié-des-Vosges, le sortant David Valence, lui-aussi soutenu par les marcheurs, a été réélu à près de 72 %. Et le maire de Nevers, Denis Thuriot, dûment encarté LREM, a été réélu à 51 %.

Beaucoup de ballotages défavorables

Mais derrière ces quelques performances, La République en marche essuie des gadins spectaculaires : à Limoges, Monique Boulestin arrive en quatrième position avec 7,9 % des voix. À Toulon, la députée Cécile Muschotti recueille environ 7 % des suffrages, à Arles, la députée Monica Michel arrive en cinquième position avec 5 %. La députée Alice Thourot, à Montélimar, est quatrième avec 11,40 %.

À Paris, alors que l'élection semblait jouée d'avance il y a un an pour le parti présidentiel, la représentante de la majorité présidentielle Agnès Buzyn est en troisième position (entre 17 et 18 %) derrière Anne Hidalgo et Rachida Dati. Le dissident et ex-LREM Cédric Villani est annoncé à entre 6,7 et 8 %.

Pour les figures de proue du mouvement présidentiel, l'heure est également à la déception : Thomas Cazenave, à Bordeaux, arrive en troisième position avec moins de 13 % ; à Perpignan, le député Romain Grau doit se contenter de la quatrième place avec 12,4 % ; à Rennes, la députée Carole Gandon est troisième avec environ 14,5 % ; à Nantes, la députée Valérie Oppelt est quatrième avec moins de 13 %.

Mais ce sont dans des villes où La République en marche pouvait raisonnablement espérer la victoire que les espoirs ont été sérieusement douchés : à Strasbourg, Alain Fontanel est derrière EELV, à environ 20 %.

Pire : à Besançon, Éric Alauzet est troisième, loin derrière EELV, mais aussi LR, avec moins de 20 %.

À Lille, Violette Spillebout arrive également en troisième position, avec environ 18 %.

Enfin, même chez les sortants qu'ils ont soutenus, LREM accuse des déconvenues : à Nancy, le maire Laurent Hénart est en ballottage défavorable. Et à Biarritz, le sortant MoDem Michel Veunac arrive en... cinquième position avec moins de 13 %.

Demeure la question des fusions – pour les listes qui ont recueilli au moins 5 % des suffrages exprimés –, soutiens ou retraits pour le second tour, si tant est qu'il ait lieu dimanche prochain. La République en marche a fixé une ligne rouge : tout faire pour empêcher la victoire du Rassemblement national, question qui se pose principalement à Perpignan.

Ailleurs, les tractations commencent. Dernier délai : mardi, 18 h, pour le dépôt des listes en préfecture, même si aucune grande ville ne semble en mesure d'être remportée.

"Dans de nombreuses villes, LREM va devenir une force d'alternance", se réjouit-on toutefois chez les marcheurs, qui espèrent "des élus locaux sur qui on va pouvoir compter". Et d'autant mieux implanter localement le mouvement présidentiel d'ici les régionales de 2021 et la présidentielle de 2022.

Avec AFP

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