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Attentats du 13 novembre 2015 : 20 suspects renvoyés aux assises, dont Salah Abdeslam

 Salah Abdeslam, dessiné le 5 février 2018, lors de l'ouverture de son procès au tribunal de Bruxelles.
Salah Abdeslam, dessiné le 5 février 2018, lors de l'ouverture de son procès au tribunal de Bruxelles. © Benoit Peyrucq, AFP

Il y aura bien un procès des attentats du 13-Novembre de Paris et de Saint-Denis. Selon le parquet national antiterroriste (Pnat), 20 personnes vont être renvoyées devant la Cour d’assises, dont Salah Abdeslam, après la publication, lundi 16 mars, de l’ordonnance des juges d’instructions chargés des attentats.

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Quatre ans et demi après les attentats du 13 novembre 2015 perpétrés dans la capitale et à Saint-Denis, l'enquête menée par cinq juges d'instruction vient d'arriver à son terme, avec le renvoi devant les assises de vingt suspects.

Parmi ces derniers, figure notamment le Franco-Belge Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos qui ont frappé des terrasses de bar et la salle de spectacle du Bataclan au cœur de la capitale, ainsi que les abords du Stade de France, lors de ces attaques revendiquées par l'organisation État islamique (OEI).

Cette ordonnance de mise en accusation, un document de 348 pages hors annexes signé le 16 mars dont les conclusions ont été dévoilées par un communiqué du parquet national antiterroriste (Pnat), suit les réquisitions de celui-ci, formulées fin novembre. Elle est encore susceptible de faire l'objet d'un appel, ce qui ne devrait pas retarder le procès.

Plus de 1 750 parties civile attendues

Celui-ci est prévu pour démarrer en janvier 2021 et durer six mois. Des travaux ont d'ailleurs déjà commencé au cœur de l'historique palais de justice de Paris, situé sur l'île de la Cité, afin de construire une salle d'audience suffisamment grande et sécurisée pour accueillir les débats.

En plus des accusés, plus de 1 750 parties civiles, ainsi que des centaines d'avocats et de journalistes, sont attendus.

"Je me félicite de la décision rendue par les juges, mais compte tenu des circonstances actuelles, je ne sais pas si ce dossier va être audiencé dans les délais que l'on prévoyait", a réagi auprès de l'AFP Me Olivier Morice, avocat de 35 familles, faisant allusion à l'épidémie de coronavirus sévissant notamment en France.

Le calendrier judiciaire est en effet lui aussi frappé d'incertitude vu l'onde de choc du coronavirus : Nicole Belloubet a ordonné dimanche la fermeture de l'ensemble des tribunaux, dont l'activité sera réduite aux "contentieux essentiels", et appelle au report des procès d'assises pour freiner le virus.

Six absents visés par un mandat d'arrêt

Quatorze des suspects sont aujourd'hui aux mains de la justice française ou de son homologue belge dans ce dossier, dont des logisticiens, convoyeurs et intermédiaires présumés.

Onze d'entre eux sont placés en détention provisoire et les trois autres sous contrôle judiciaire. Six autres personnes sont visées par un mandat d'arrêt, dont un homme détenu en Turquie, Ahmed Dahmani.

La plupart des cinq autres suspects sont présumés morts en zone irako-syrienne mais, faute de certitude sur leur sort, ils seront tout de même jugés.

Salah Abdeslam, détenu en France depuis près de quatre ans et placé à l'isolement, sera ainsi jugé notamment pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle", "meurtres en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste". Au cours de l'enquête, il a quasi-systématiquement gardé le silence face aux magistrats instructeurs qui l'ont convoqué une dizaine de fois.

Les juges ont aussi ordonné le renvoi devant les assises, pour complicité des ces crimes, de plusieurs membres présumés de la cellule jihadiste franco-belge également à l'origine des attentats du 22 mars 2016 à Bruxelles qui ont fait 32 morts : Mohamed Abrini,  Sofien Ayari, Mohamed Bakkali, Osama Krayem.

Le Belge Oussama Atar, soupçonné d'avoir planifié les attentats depuis la Syrie, sera lui jugé par contumace pour "direction d'une organisation terroriste" et "complicité de meurtres en bande organisée".

Ce vétéran du jihad, identifié sous le nom de guerre d'"Abou Ahmed" et considéré comme un émir de l’OEI, n'a jamais été interpellé. Il est considéré comme mort par des services de renseignements.

Avec AFP

 

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