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Coronavirus : avec un pays presque à l'arrêt, une semaine inédite s'ouvre pour les Français

Un homme marchant devant un restaurant fermé, le 15 mars 2020, à Lyon.
Un homme marchant devant un restaurant fermé, le 15 mars 2020, à Lyon. AFP - JEFF PACHOUD

Entre la fermeture des écoles et des commerces non essentiels, le télétravail ou le chômage partiel et le confinement, les Français s'apprêtent à vivre une semaine inédite en raison de la pandémie du Covid-19.

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La situation est exceptionnelle et la semaine qui s’ouvre lundi 16 mars sera inédite pour les Français, privés de la plupart des lieux publics, et invités par ailleurs à télétravailler tout en s'occupant de leurs enfants en attendant d'éventuelles mesures encore plus radicales, comme le confinement généralisé, pour tenter d'enrayer l'épidémie.

Face à ses concitoyens jugés "indisciplinés" quant aux mesures de "distanciation sociale", le président Emmanuel Macron doit trancher la lourde question d'un éventuel confinement obligatoire de toute la population. Et ce pour une longue durée, comme l'ont déjà décidé l'Italie ou l'Espagne.

Le gouvernement a déjà enjoint dimanche les Français à respecter les consignes pour freiner la propagation du coronavirus après une hausse sans précédent des décès et contaminations dans le pays.

Contrairement à une idée largement répandue jusque-là, "les formes graves sont signalées chez des adultes sans pathologies antérieures" et pas seulement "chez des personnes âgées ou fragiles", avertit la Direction générale de la Santé.

Selon un décompte publié dimanche soir par l'agence nationale de santé publique, Santé Publique France, le bilan de l'épidémie a grimpé dimanche à 127 morts et 5 423 cas confirmés, soit 36 morts et plus de 900 cas supplémentaires en 24 heures. Plus de 400 personnes sont hospitalisées dans un état grave. Un premier décès lié au coronavirus a notamment été enregistré en Outre-mer : il s'agit d'une femme de 86 ans, décédée en Martinique. C'est la plus forte augmentation quotidienne des cas et décès depuis l'apparition du virus en France, qui est officiellement entrée samedi dans le stade 3 de l'épidémie.

"Je conjure les Français de respecter les mesures de restriction sociale"

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a appelé l'ensemble de la population à prendre conscience de la gravité de la situation et à limiter les interactions sociales, alors que de nombreux Français, notamment à Paris, ont profité dimanche du soleil printanier pour se presser dans les parcs et jardins publics.

"Nous sommes tous acteurs de la santé, les décisions que nous prenons au quotidien, la sortie que nous allons annuler, la soirée en famille ou le repas en famille que nous n'allons pas faire : tout cela est déterminant pour protéger la santé des Français. Le virus est invisible, il circule vite et il menace la vie des gens. Je conjure les Français de respecter les mesures de restriction sociale", a-t-il lancé sur France 2.

Pour répondre à l'urgence, le Premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé ce week-end la fermeture de tous "les lieux accueillant du public non indispensables à la vie de la nation", des fermetures entrées en vigueur dimanche qui s'ajoutent à l'interdiction des rassemblements de plus de 100 personnes.

Les cinémas, bars, discothèques, restaurants, centres commerciaux, bibliothèques, salles de spectacles, musées et établissements sportifs sont fermés jusqu'au 15 avril. Bars et restaurants peuvent toutefois "maintenir leurs activités de vente à emporter et de livraison".

>> À lire et à voir : "Élections municipales : vers un report du second tour ?"

Le gouvernement a également décidé de réduire drastiquement les transports longue distance, avec un trafic ferroviaire bientôt divisé par deux et seulement "quelques vols" internationaux. Les transports locaux seront toutefois épargnés.

La France va aussi renforcer à partir de lundi matin les contrôles à sa frontière avec l'Allemagne, a annoncé le ministère de l'Intérieur, sans toutefois la fermer partiellement comme l'a décidé l'Allemagne.

"Pas de pénurie" dans les magasins, assure Bruno Le Maire

Les commerces "présentant un caractère indispensable" comme les magasins d'alimentation, les pharmacies, les banques, les stations-services ou de distribution de la presse et de tabac sont épargnés, tout comme les services publics.

Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a de son côté assuré qu'il n'y aurait "pas de pénurie", tout en demandant aux Français de ne pas multiplier les achats de précaution. "Nous devons tous ensemble montrer plus de discipline dans l'application de ces mesures", a exhorté le Premier ministre.

Les crèches, établissements scolaires et universités ferment lundi dans toute la France. Seuls "les enfants de moins de 16 ans des personnels indispensables à la gestion de la crise sanitaire" seront admis dans les établissements scolaires, les autres bénéficieront d'enseignement à distance, au moins jusqu'aux vacances de printemps.

Pour les entreprises, le ministre a également annoncé un assouplissement des "règles de recrutement, de travail de nuit, sur les heures supplémentaires".

Malgré les mesures sanitaires dans les bureaux de vote, la participation au premier tour des élections municipales a fondu à un niveau inédit, autour de 46 % – portant l'abstention à 55,25 % contre 36,5 % en 2014. Un effondrement historique qui nourrit des interrogations grandissantes sur le maintien du second tour, alors que de nombreux élus demandent son report.

Dans ce contexte, Édouard Philippe a annoncé depuis Le Havre qu'experts scientifiques et partis politiques seraient consultés "en début de semaine", en espérant obtenir un "consensus républicain" sur le sujet.

Avec AFP

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