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Michèle Rubirola, une médecin engagée crée la surprise à Marseille

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Marseille (AFP)

Elle était challenger et a finalement fini en tête du premier tour des municipales à Marseille: médecin dans les quartiers Nord pour l'Assurance maladie, Michèle Rubirola, 63 ans, a multiplié les combats, de l'écologie à l'accès au logement dans une ville marquée par de fortes inégalités.

"Je ne me suis pas levée un matin en me disant +Je veux être maire de Marseille+", confiait pendant la campagne l'élue écologiste aux yeux entourés de Khôl, désignée après moult atermoiements tête de liste du Printemps Marseillais.

Cette liste d'union de la gauche, rassemblant notamment le PS, des Insoumis et d'ex-EELV, a permis à cette spécialiste de la médecine de prévention de l'emporter le premier tour, démentant les derniers sondages.

Sur l'ensemble de la ville, où le scrutin a lieu par secteur, Michèle Rubirola, qualifiée de candidate de "l'ultra-gauche" par sa rivale des Républicains Martine Vassal, a devancé la "dauphine" du sortant Jean-Claude Gaudin, avec 23,4% des suffrages exprimés, contre 22,3%.

Rien n'est joué pour autant pour la candidate discrète et peu à l'aise à l'oral, dont la liste est sortie en tête dans trois des huit secteurs de la ville et qui devra nouer des alliances pour obtenir le maximum de conseillers municipaux et espérer remporter la mairie centrale.

Petite-fille d'immigrés napolitains et espagnols, cette Marseillaise qui a grandi et vit toujours dans un quartier où se mélangent les classes sociales, au Rouet, adhère dans les années 70 aux combats des mouvements altermondialistes et écologistes.

Féministe, antimilitariste, elle rejoint le plateau du Larzac et se bat pour la libéralisation de l'avortement et la contraception, manifeste au site nucléaire de Creys-Malville et rejoint en 2002 les Verts.

- Mao, Lénine et Trotski -

"La lutte sociale et environnementale" a toujours été mon engagement, explique à l'AFP celle qui est aujourd'hui responsable d'un programme d'éducation thérapeutique pour des malades chroniques pour la plupart en situation de vulnérabilité sociale, au centre de prévention de la caisse primaire d'Assurance maladie dans les quartiers Nord.

Localement, la conseillère départementale élue depuis 2015 se bat contre la construction d'un parking sous un parc de la ville et l'abattage d'arbres. Elle rejoint l'association "Habitat alternatif social" qui s'active pour trouver des logements notamment aux personnes exclues, séropositives ou encore atteintes de maladies mentales. Elle préside également "Europe Social Projet Recherche Innovation", une association qui travaille avec les personnes vivant dans la rue.

L'élue qui pendant ses 15 années comme médecin de famille dans les quartiers populaires soignait une patientèle plutôt jeune, ouvre aussi un point d'écoute pour les adolescents, un sujet que celle qui fut déléguée à la santé et à la jeunesse lors de son mandat d'adjointe à mairie dans le 2e secteur connaît bien.

A 17 ans, la jeune femme quitte le foyer familial, écrasée par un père communiste au "caractère méditerranéen". Quand elle est enfant, il la fait jouer sur ses genoux à un jeu de mémoire avec des images de Mao, Lénine ou encore Trotski.

"J'ai grandi dans l'idée d'une égalité sociale entre les peuples", explique Michèle Rubirola qui dans son enfance se rêvait médecin bénévole en Afrique.

Sportive, elle intègre la première équipe mixte de l'Olympique de Marseille, qu'elle doit finalement quitter en raison de son trop jeune âge, et est une basketteuse accomplie.

Mère de deux filles de 38 et 32 ans, respectivement violoncelliste et éducatrice spécialisée pour les toxicomanes, et d'un garçon de 23 ans encore étudiant, elle se dit aujourd'hui "confiante dans la dynamique" engagée par le Printemps Marseillais. Mais, "légaliste", elle acceptera aussi une éventuelle décision de report du second tour des municipales.

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