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Coronavirus : au mépris des recommandations, les gares de Paris prises d'assaut

Des voyageurs en gare de Paris Montparnasse, le 17 mars 2020, après l'annonce d'un confinement général en France pour une durée d'au moins quinze jours.
Des voyageurs en gare de Paris Montparnasse, le 17 mars 2020, après l'annonce d'un confinement général en France pour une durée d'au moins quinze jours. © Thomas Sanson, AFP

De nombreux Parisiens se sont rués vers les gares mardi pour vivre le confinement général en province. Les spécialistes et le gouvernement s'inquiètent de ce comportement contre-productif pour endiguer la propagation du coronavirus. 

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Les scènes rappellent l'exode des Français en juin 1940. Avant même l'annonce lundi 16 mars du confinement général par Emmanuel Macron, beaucoup de Parisiens ont décidé de faire leurs valises et de sauter dans leur voiture ou le train pour rejoindre le reste de la France. Un comportement qui pourrait contribuer à propager le virus dans des zones jusque-là peu touchées.

Dans la matinée du 17 mars, alors que la limitation drastique des déplacements devait entrer en vigueur à midi, les gares parisiennes ont littéralement été prises d'assaut par ceux qui souhaitent rejoindre leur résidence secondaire ou leur famille et passer la période de confinement loin de Paris, dans des logements plus grands ou simplement à la campagne.

 

 

Il faut être "raisonnable"

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, s'est inquiété de ce phénomène d'"exode" des habitants des grandes métropoles vers des régions moins peuplées ou moins exposées, estimant que ce phénomène pouvait contribuer à "la dissémination du virus dans d'autres".

"Il n'était pas question d'empêcher les gens de partir mais je leur demande d'être particulièrement raisonnables et, quel que soit leur lieu de résidence, de rester chez eux", même s'ils habitent au bord de la mer ou dans des lieux proches de la nature.

Les dernières études sur le nouveau coronavirus ont mis en avant qu'une grande partie des contaminés étaient asymptomatiques, c'est-à-dire qu'ils ne présentent pas de symptômes, ou très peu, mais restent infectés et contagieuxe. Ces personnes peuvent transmettre le virus aux plus fragiles. Rentrer chez ses parents ou ses grands-parents se mettre au vert n'est donc pas la meilleure idée, d'autant que, selon les derniers chiffres, l'Île-de-France compte actuellement plus de cas confirmés de coronavirus que tout autre région en France.

"Vous risquez de provoquer la mort de vos proches", résume, glacial, le docteur Laurent Thines sur Twitter.

"Il fait beau c'est le printemps tu as envie de voir tes potes mais tu #restecheztoi pour préserver la vie de tes parents, de tes grands-parents en stoppant la propagation de ce foutu #coronavirus", ajoute Rémi Salomon, représentant des médecins de l'AP-HP, également sur Twitter.

Le comportement est d'autant plus dramatique que, dans les gares ou les trains bondés, les mesures de "distanciation sociale" sont difficiles à respecter aux vues des affluences. La SNCF a mis en place des mesures d'hygiène pour endiguer la propagation. L'entreprise ferroviaire a également appelé les voyageurs à repousser leurs voyages en permettant le remboursement sans frais de tous les billets.

Limitation du trafic

Cependant, le secrétaire d'État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a annoncé que le gouvernement allait aller plus loin et a annoncé fortes réductions du trafic des transports terrestres et aérien.

Côté SNCF, le trafic devrait s'établir à "environ 50 % cette semaine (...) entre 30 et 40 % la semaine prochaine".

"Nous allons réduire la fréquence et la cadence des trains longue distance pour éviter par ces phénomènes – entre guillemets – d'exode, que le virus circule davantage sur le territoire", a déclaré Jean-Baptiste Djebbari sur LCI.

À l'échelle locale, si une desserte minimale sera maintenue pour les personnes ayant besoin d'aller travailler ou de se rendre à l'hôpital par exemple, "nous allons progressivement réduire l'offre de transports publics" dans les jours qui viennent, a-t-il ajouté en évoquant les bus, les métros, les RER et les TER.

À l'échelle internationale, il a souligné qu'en dépit de la fermeture des frontières extérieures de l'espace Schengen à compter de ce midi (11 h GMT), la libre circulation resterait de rigueur entre les pays de l'Union européenne, "avec parfois des contrôles aux frontières".

En ce qui concerne le trafic aérien, "une réduction d'à peu près de 80 % (du) programme d'Air France" est envisagée, a-t-il déclaré sur LCI, en précisant que cette chute du trafic "va être durable, plusieurs semaines voire un mois et demi à deux mois".

"Les vols des jours prochains vont essentiellement être des vols de rapatriement", a-t-il expliqué.

Avec Reuters

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