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Coronavirus: l'Euro reporté, défi logistique pas "insurmontable"

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Paris (AFP)

Billetterie, partenariats, logistique, calendrier... L'annonce mardi du report d'un an de l'Euro-2020 de football à cause du coronavirus place l'UEFA devant des enjeux multiples mais pas "insurmontables", avec l'occasion, un an après une crise sanitaire planétaire, de "fêter l'après" en 2021.

- Logistique -

Premières difficultés, les questions logistiques. Les stades hôtes peuvent avoir été réservés pour d'autres évènements en 2021, les camps de base également. "L'UEFA devra vérifier s'ils sont toujours disponibles", liste Jacques Lambert, le patron du comité d'organisation de l'Euro-2016 en France.

Autres "soucis", selon l'ancien préfet, la location de bureaux dans toutes les villes hôtes devra être prolongée d'un an, les contrats des équipes d'organisation locales également.

Toutefois, "rien n'est insurmontable au vu des enjeux globaux", estime M. Lambert.

- Supporters -

Autre contrainte majeure, celle de la billetterie, avec de nombreux fans ayant réservé leurs voyages en amont.

L'instance a tenu mardi à "rassurer" les détenteurs de billets quant à la possibilité d'obtenir un remboursement "intégral" s'ils ne pouvaient pas assister au tournoi en 2021.

Le réseau Football Supporters Europe (FSE) qui représente les groupes nationaux de fans, a immédiatement salué une décision qui "va limiter l'impact financier pour les supporters".

- Diffuseurs -

La confédération européenne pourra difficilement oublier les diffuseurs, eux qui avaient généré un total de 1,024 milliard d'euros de droits TV pour l'Euro-2016.

Le report va bouleverser les chaînes. "Mais comme ce sera reprogrammé aux mêmes dates, avec les mêmes horaires théoriques, on peut imaginer que les choses puissent être plus faciles" pour prolonger les contrats de droits TV, pointe Jérôme Neveu, dirigeant de l'agence de marketing Advent.

Ainsi, Florent Houzot, le directeur de l'antenne de beIN Sports, diffuseur en France de la compétition, a d'ores et déjà promis que l'Euro serait diffusé "en intégralité" sur ses chaînes en 2021.

- Partenariats -

Coca-Cola, Heineken, Volkswagen... Quid des partenaires de la compétition, qui comptaient sur sa tenue cet été pour doper leurs ventes ? Peuvent-ils se retirer ?

"Le marketing sportif marche dans la durée", rassure Jérôme Neveu. "Un événement qui est reporté (...) ne remet pas en cause la stratégie générale", ajoute le spécialiste.

"Pour les sponsors, c'est presque plutôt un plus qu'un moins, dans la mesure ou leurs droits vont se trouver prolongés d'une année", confirme Jacques Lambert.

- Calendrier -

L'été 2021, date choisie pour la reprogrammation de l'Euro, promet un casse-tête sur le calendrier.

L'Euro féminin (7 juillet - 1er août 2021 en Angleterre), est prévu dans cette fenêtre et se chevauchera même géographiquement avec la compétition masculine. Par ailleurs, un Euro espoirs est aussi prévu en juin en Hongrie et en Slovénie. Sauf à vouloir organiser ces trois compétitions de l'UEFA en même temps, un report peut permettre d'alléger le programme, d'autant que l'été 2022 sera libéré, le Mondial au Qatar n'ayant lieu qu'à l'automne.

Il faudra toutefois négocier avec la Fifa et son président Gianni Infantino, déterminé à faire de son nouveau Mondial des clubs à 24 équipes une réussite au mois de juin 2021. Mais l'UEFA a salué mardi l'attitude ouverte de la Fifa, prête à faire "tout ce qui est nécessaire pour faire fonctionner ce nouveau calendrier".

- Politique -

Point essentiel: convaincre les 12 Etats organisateurs, dont la santé financière sera forcément dégradée par la crise sanitaire, de repartir pour un an de préparation, avec les coûts que cela implique.

Les Etats "vont forcément se poser la question", souligne Jean-Baptiste Guégan, professeur en géopolitique du sport. "Mais paradoxalement, la dispersion (dans 12 pays) qui faisait la faiblesse de cet Euro du point de vue sanitaire peut en devenir la principale force, car cela va diluer les coûts".

- Coûts -

La facture du report, justement, va poser des questions dans les semaines qui viennent. Qui pour payer les 300 millions d'euros, coût de l'opération estimé par un spécialiste du marketing ? L'UEFA peut-elle légitimement demander de l'aide aux ligues européennes, en contrepartie du fait que le report leur permet de terminer leurs championnats respectifs ?

"Il y aura assurément des coûts mais les recettes d'un Euro sont largement suffisantes pour les couvrir", estime Jacques Lambert.

- Symbolique -

L'UEFA a longtemps pensé pouvoir résister aux impératifs sanitaires et n'a pris de décision franche que tardivement. "Les fédérations sportives se croient souvent indépendantes des Etats, mais la réalité est toute autre. Le premier enjeu pour l'UEFA sera sa crédibilité", remarque Jean-Baptiste Guégan.

Selon ce spécialiste, il y a toutefois une opportunité de sortir de cette crise par le haut. "Comme les Jeux de Barcelone signaient l'après-Guerre froide, comme ceux de Tokyo devaient signer l'après-Fukushima, l'Euro-2021 pourrait être l'occasion de fêter l'après" coronavirus, glisse-t-il.

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