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Coronavirus : la France va plonger dans la récession, des nationalisations envisagées

Bruno Le Maire le 4 mars 2020 à l'Élysée.
Bruno Le Maire le 4 mars 2020 à l'Élysée. © Charles Platiau, Reuters

Le gouvernement français s'attend à voir le PIB reculer de 1 % en 2020 et dégaine un arsenal de mesures pour aider les entreprises en difficulté, jusqu'à envisager des nationalisations si besoin.

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Le gouvernement français a déclaré "la guerre économique" au coronavirus et n'exclut pas de nationaliser certaines grandes entreprises en danger dans une économie qui va tomber en récession. Cette "guerre économique et financière (...) elle sera durable, elle sera violente, elle doit mobiliser toutes nos forces", a martelé mardi 17 mars le ministre de l'Économie Bruno Le Maire sur RTL, au lendemain de la déclaration de "guerre" d'Emmanuel Macron contre le Covid-19.

"La guerre sanitaire, j'espère que c'est une affaire de semaines. La guerre économique et financière, c'est une affaire de mois. Il faudra donc du temps pour faire redémarrer l'économie, pour lui redonner toute sa puissance", a encore souligné Bruno Le Maire.

En attendant, la France va plonger dans la récession cette année, a prévenu le ministre, avec un PIB attendu en recul de 1 % en 2020, loin de la croissance de 1,3 % prévue par le gouvernement avant l'apparition du virus. Mais il a insisté sur le fait que cette prévision était "provisoire", en fonction "de l'évolution de l'épidémie dans les semaines à venir et de notre capacité à surmonter cette crise".

"Nationalisation si nécessaire"

Pour limiter les dégâts, notamment des faillites en cascade d'entreprises, trop fragiles pour encaisser un arrêt total de leur activité pendant des semaines, le gouvernement va dégainer un arsenal immédiat de 45 milliards d'euros. L'essentiel — 32 milliards d'euros — passera en report ou annulation de charges sociales et fiscales, déjà en place depuis plusieurs jours.

"Notre objectif est de faire en sorte que le tissu économique et que le tissu productif français puissent surmonter cette crise", a observé le Premier ministre Édouard Philippe sur France 2. "Si l'entreprise meurt, quand la crise sera passée — et elle passera — alors il n'y aura plus personne pour repartir".

Les dispositions de chômage partiel pour les salariés contraints de cesser de travailler coûteront 8,5 milliards d'euros sur deux mois, a précisé Bruno Le Maire lors d'une conférence téléphonique avec la presse.

"Tous les moyens" à disposition seront utilisés "pour protéger les grandes entreprises françaises, a affirmé le ministre, y compris des opérations de prise de participation et même de "nationalisation si nécessaire". Édouard Philippe a confirmé mardi soir que des nationalisations n'étaient pas exclues.

"Le gouvernement est prêt à aider"

Certains groupes, à l'image d'Air France-KLM, vivent un supplice en Bourse et ont vu leur capitalisation fondre en quelques jours. "On sait que dans les transports aériens il va y avoir beaucoup d'entreprises qui vont avoir beaucoup de mal à passer cette crise, et l'État, la France, le gouvernement est prêt à aider", a déclaré Édouard Philippe mardi soir.

La désorganisation des chaînes de production du fait des mesures de confinement conduit de plus en plus d'entreprises à réduire ou même à suspendre complètement leur production pour abaisser leurs coûts. Renault, PSA, Michelin, ont ainsi annoncé la fermeture de leurs usines en France et Airbus a suspendu sa production dans le pays et en Espagne pendant quatre jours.

Pour les petites entreprises comme pour les micro-entrepreneurs et les travailleurs indépendants, Bruno Le Maire a détaillé l'action du "fonds de solidarité", annoncé la semaine dernière. Doté de 2 milliards d'euros, il soutiendra ceux qui "ont perdu, entre mars 2019 et mars 2020, 70 % de leur chiffre d'affaires".

Conséquence logique de cette mobilisation d'ampleur : la dette publique dépassera la barre des 100 % du PIB cette année, a prévenu Bruno Le Maire.

Plombé par le recul de l'activité et les dépenses de soutien aux entreprises, le déficit public devrait lui grimper à 3,9 % du PIB, a annoncé le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin aux Échos. Avant l'épidémie, le gouvernement comptait le ramener à 2,2 % du PIB après 3,1 % l'an dernier.

Avec AFP

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