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Coronavirus: avec son report-surprise, Roland-Garros s'attire des critiques

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Paris (AFP)

Son report à l'automne en raison de l'épidémie de coronavirus, annoncé à la surprise générale mardi, vaut à Roland-Garros les foudres d'autres tournois, US Open en tête, et de joueurs et joueuses tombés des nues. Et crée la perspective d'un calendrier infernal, avec deux Grand Chelem bout à bout.

- Décision unilatérale... -

Au moment de s'expliquer sur le report de Roland-Garros à fin septembre-début octobre, au lieu de mai-juin d'habitude, le président de la Fédération française de tennis (FFT) Bernard Giudicelli n'en a pas fait mystère. "J'ai échangé avec les présidents de l'ATP, de la WTA et de l'ITF (la Fédération internationale, ndlr) avant la prise de décision, nous avons informé les autres tournois du Grand Chelem, mais c'est vrai que c'est une décision qui nous appartient au final, parce que nous sommes seuls comptables des moyens et des actions que nous conduisons."

Et la Laver Cup, lucrative compétition-exhibition dans laquelle est largement impliqué Roger Federer, dont la version automnale de Roland-Garros va chevaucher la quatrième édition prévue à Boston, du 25 au 27 septembre ? "On a informé Tony Godsick (patron de l'événement et agent de Federer, ndlr) de notre décision, mais nous ne l'avons pas consulté", reconnaît Giudicelli.

On comprend aisément que ce n'est pas la concertation qui a présidé à la reprogrammation de Roland-Garros, une semaine après la fin théorique de l'US Open, et en même temps que dix tournois ATP et WTA, plus la Laver Cup.

"L'option qui nous semblait complètement inenvisageable, c'était de supprimer Roland-Garros du calendrier. On a recherché la quinzaine la moins pénalisante pour les autres circuits", défend le président de la FFT.

- ...qui fait grincer des dents -

Si ATP et WTA restent pour l'instant silencieux, la décision de Roland-Garros n'a pas été accueillie à bras ouverts, en particulier par la Fédération américaine de tennis (USTA), organisatrice de l'US Open.

"Une telle décision ne devrait pas être prise unilatéralement, et l'USTA ne le ferait qu'après avoir consulté les autres tournois du Grand Chelem, l'ATP, la WTA, l'ITF et nos autres partenaires, y compris la Laver Cup", insiste-t-elle sur Twitter.

"Cette annonce a été une surprise pour nous et nos partenaires, la Fédération australienne de tennis, la Fédération américaine et l'ATP" et "soulève beaucoup de questions", souligne de son côté la Laver Cup, évènement imaginé sur le modèle de la Ryder Cup en golf, qui oppose une équipe européenne - dans laquelle Federer est annoncé, comme chaque année - à une sélection du reste du monde.

"Déjà à guichets fermés", son intention est claire : se "maintenir aux dates prévues".

Au-delà de leur surprise - à l'image du "Excusez-moi ???" tweeté, en français, par l'ex-N.1 mondiale japonaise Naomi Osaka - des joueurs se montrent critiques, notamment du manque de concertation chronique dans la gouvernance du tennis mondial.

"C'est une période tellement difficile. Améliorer la communication et travailler ensemble pour trouver des solutions devrait être la priorité. Pas faire cavalier seul et prendre des décisions égoïstes et arrogantes", attaque le Canadien Vasek Pospisil, membre du conseil des joueurs de l'ATP, particulièrement remonté.

"La FFT a agi seule sans se soucier d'aucun autre acteur du tennis", dénonce le Britannique Jamie Murray, ex-N.1 mondial en double et frère d'Andy.

"Je pensais que les instances du tennis étaient censées travailler ensemble désormais ? Que deviennent les tournées européenne et asiatique programmées ces semaines-là ?", s'interroge-t-il.

"Une décision forte sans consultation... J'aime trop Roland-Garros pour en dire du mal mais j'ai un peu peur du retour de bâton", présage le Français Edouard Roger-Vasselin.

Passé "un sentiment de surprise", "je ne doute pas que très rapidement, l'envie de venir disputer le tournoi fédèrera tout le monde", répond seulement Giudicelli.

- Vers un enchaînement infernal -

Tout le monde, vraiment ? Avec un enchaînement théorique US Open/Roland-Garros, du dur new-yorkais à la terre battue parisienne, hyper exigeant physiquement et mentalement, la question se pose. A moins d'un report de l'US Open, envisagé mais pas décidé "à ce stade" par l'USTA, qui réorganiserait complètement la saison.

Quid de Rafael Nadal, sacré 12 fois Porte d'Auteuil, mais tenant des deux trophées ? A 34 ans et un nombre incalculable de blessures, aura-t-il la capacité d'encaisser un tel enchaînement ?

Quant à Federer, le télescopage avec sa Laver Cup n'augure rien de bon.

Qu'en pense enfin le N.1 mondial Novak Djokovic ? Aucun des membres du "Big 3" n'a encore réagi à cette nouvelle donne.

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