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Coronavirus: le Parlement mobilisé en formation serrée pour valider les mesures d'urgence

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Paris (AFP)

A crise inédite, réponse inédite: l'Assemblée nationale et le Sénat, examinent jeudi en configuration minimale les mesures d'urgence pour affronter l'épidémie de coronavirus, qui seront votées au pas de charge, sur fond de vives inquiétudes de l'exécutif pour l'économie.

A l'heure du confinement général et alors qu'une vingtaine d'élus ont déjà été contaminés par le virus, pas question de se rassembler en nombre dans les hémicycles.

Dès 09H00 au Palais Bourbon, la séance de questions au gouvernement (QAG) s'est tenue dans une ambiance empreinte de gravité, avec seulement une vingtaine de députés et une demi-douzaine de ministres présents.

Hommages aux soignants, respect du confinement, pénurie de masques de protection, sort des salariés...: pressé de répondre, Edouard Philippe a réaffirmé la mobilisation totale de l'exécutif face à cette "crise sanitaire d'une ampleur inégalée", fustigeant les trafics de masques ou louant les "initiatives de solidarité".

Après ce moment sans accroc, les quelques élus désignés pour siéger au nom de leur groupe ont donné leur feu vert en commission, tant à l'Assemblée qu'au Sénat, aux textes présentés après les annonces d'Emmanuel Macron lundi.

Puis, les députés ont entamé dans l'après-midi l'examen d'un projet de loi de finances rectificative (PLFR) qui anticipe un lourd impact du coronavirus sur la consommation et les recettes fiscales, et se veut une "première étape". Le ministre Bruno Le Maire a prévenu d'emblée que le coronavirus menaçait l'existence même de la zone euro et posait la question de "l'avenir politique de notre continent".

Du côté du Sénat, à majorité de droite, les travaux ont repris en début d'après-midi avec une séance de questions raccourcie, en présence d'une cinquantaine d'élus. Le Premier ministre a prévenu là aussi que la pandémie provoquerait "un coup d'arrêt puissant, massif, brutal" à l'économie.

La sénatrice communiste Laurence Cohen a accusé le gouvernement d'"enfumage", lançant: "il y a combien d'euros débloqués pour la santé ? Il n'y en a pas".

- tractations en coulisses -

Le Sénat doit lui se pencher sur le second texte d'"urgence", qui prévoit la déclaration d'un "état d'urgence sanitaire" par décret, autorise le gouvernement à prendre par ordonnance une série de mesures pour soutenir les entreprises et acte le report "au plus tard au mois de juin 2020" du second tour des municipales.

Le début de l'examen du texte a été retardé, en raison de conciliabules de dernière minute entre gouvernement et groupe LR, notamment sur l'élection des nouveaux maires prévue en cette fin de semaine.

Les sénateurs ont notamment prévu en commission que l'état d'urgence sanitaire soit "déclaré pour une durée de deux mois", ou fixé au 24 mars le délai limite de dépôt des candidatures pour le second tour - délai que le gouvernement veut différer.

Après un premier vote dans chacune des deux chambres attendu dans la soirée, les deux textes feront la navette et devraient être validés définitivement dès vendredi.

Le chef de file des députés LREM Gilles Le Gendre table sur un "état de concorde" au vu du choc "violent" du coronavirus.

Côté LR, on fait état d'un "climat d'union nationale", le chef de file des députés Damien Abad mettant en avant "esprit de responsabilité et sens du devoir". Mais le groupe n'exclut pas des amendements pour renforcer le volet économique, notamment sur le chômage partiel.

A l'autre bout de l'hémicycle, les députés communistes assurent être "dans une logique très constructive", tandis que Jean-Luc Mélenchon (LFI) a indiqué qu'il "votera sans doute" favorablement même si "ça ne fait pas la maille".

Pour l'heure, le Parlement se concentre sur les "textes vitaux".

Mais "notre démocratie est vivante", a écrit mercredi le président du Sénat Gérard Larcher (LR) sur Twitter, son homologue de l'Assemblée disant aussi sa volonté de "faire vivre" la démocratie et poursuivre la mission de contrôle du gouvernement. Les députés ont déjà siégé à plusieurs reprises dans des circonstances exceptionnelles, comme durant l'épidémie de grippe espagnole à partir de 1918.

Des QAG auront lieu à l'Assemblée à nouveau mardi prochain, et les deux mardis suivants.

Le dernier bilan concernant le Palais Bourbon a fait état de 26 cas de coronavirus dont 18 députés. Deux sénatrices ont aussi été contaminées, M. Larcher donnant des "nouvelles rassurantes" à leur sujet.

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