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Coronavirus: l'opposition attaque le gouvernement sur la pénurie de masques

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Paris (AFP)

Après les soignants, l'opposition politique s'indigne à son tour de la pénurie de masques face à l'épidémie de coronavirus, tandis que le ministre de la Santé pointe la baisse des stocks d'Etat initiée il y a plusieurs années.

"C'est catastrophique, les masques n'arrivent pas. Donnez-nous les vrais chiffres, reconnaissez que l'État est dépassé", a lancé jeudi soir devant le Sénat le chef du groupe des sénateurs LR Bruno Retailleau, tandis que le député LR Eric Ciotti a écrit à Emmanuel Macron pour dénoncer le "manque d'anticipation de commandes de masques", et demandé d'en "accélérer la fabrication".

"Il n'y a eu aucune anticipation sur cette crise, affirmait dès mardi la présidente du Front national Marine Le Pen, selon qui "en réalité le pouvoir a adapté son discours à la pénurie qui existait".

Plusieurs professions en première ligne face à la pandémie (médecins, infirmiers, pharmaciens, et vendredi les pompiers) ont fait état ces derniers jours de pénuries de masques, indispensables à leurs personnels pour éviter la propagation du virus au contact des patients ou clients.

Tout en dénonçant des vols "inacceptables" dans des hôpitaux, le gouvernement a reconnu mercredi des "difficultés logistiques" dans la fourniture de masques, et assuré le lendemain que 30 millions avaient été livrés depuis trois jours aux pharmacies ou établissements de soins. L'Etat dit avoir des stocks de 100 millions de pièces.

"Jusqu'à la semaine dernière le gouvernement a relativisé la menace et considéré que les moyens disponibles étaient suffisants. C'est cette absence de juste évaluation qui nous a fait prendre un retard considérable", affirme à l'AFP le porte-parole du PS Pierre Jouvet.

Le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon écrit sur son blog qu'"on paie cher le retard à l'allumage du gouvernement, les jours pendant lesquels il aurait fallu produire nuit et jour des masques et des tests".

"Merci aux Chinois de nous aider!", ajoute-t-il, alors que la Chine a fait parvenir un million de masques à la France cette semaine.

- "Autre mandature" -

Le ministre de la Santé Olivier Véran pointe, lui, la baisse continue des stocks depuis plusieurs années.

"La base est que nous étions un pays pas préparé du point de vue des masques à une crise sanitaire en raison d'une décision prise il y a neuf ans", a-t-il assuré jeudi soir au Sénat.

"En 2010, il y avait dans notre pays un stock d'Etat d'1 milliard de masques chirurgicaux et 600 millions de masques FFP2" mais "quand je suis arrivé au ministère il y avait 150 millions de masques chirurgicaux et aucun masque FFP2", a-t-il détaillé.

En effet en "2011, 2013, il a été décidé que ce milliard de stocks n'était plus indispensable tant les capacités de production mondiales de masques étaient désormais intenses, notamment en Asie", a expliqué M. Véran.

Un document publié le 16 mai 2013 par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), et citant un avis du Haut conseil de santé datant de juillet 2011, estime en effet que "le dimensionnement des stocks est sous-tendu par", entre autres, "les capacités de fabrication et d'approvisionnement pendant une crise".

Or "la crise sanitaire a frappé la Chine, premier pays producteur au monde" lors de la pandémie actuelle de coronavirus, souligne M. Véran.

Le ministre de la Santé insiste sur la date du changement de doctrine en France: on était en "2013, pas 2020, 2013, c'était une autre mandature".

Le président de la République était alors François Hollande et sa ministre de la Santé Marisol Touraine.

Sollicité par l'AFP, François Hollande n'a pas souhaité réagir.

Mais côté PS on tempête: "ça suffit de toujours renvoyer la responsabilité et de jouer la défausse, dénonce Pierre Jouvet. Depuis le mois de janvier l'alerte est donnée. Il était possible de réquisitionner toutes les industries capables de le produire."

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