Accéder au contenu principal

F1: le coronavirus repousse le "Big Bang" d'un an

Publicité

Paris (AFP)

La pandémie du coronavirus bouleverse complétement l'horizon de la Formule 1, désormais contrainte de repousser d'un an son "Big Bang" initialement prévu pour 2021.

Cette "révolution" règlementaire devait voir arriver l'an prochain des bolides totalement repensés dans leur conception pour leur permettre de se suivre plus facilement et de se dépasser pour créer des courses plus animées.

Actuellement, les F1 ont beaucoup de difficultés à rouler l'une derrière l'autre en raison des turbulences aérodynamiques qu'elles génèrent. En supprimant de nombreux ailerons et en autorisant le retour de la technique dite à "effet de sol", ce nouveau règlement vise à leur permettre de se rapprocher lorsqu'elles roulent à pleine vitesse. Les moteurs, eux, restent sur la base actuelle de la technologie hybride.

En conséquence, les écuries devaient effectuer en 2020 deux saisons en une, disputant celle-ci tout en préparant leurs nouvelles monoplaces pour la suivante. Mais après l'annulation ou le report des sept premiers Grands Prix, elles se trouvent confrontées à un calendrier en kaléidoscope.

"On a l'impression de passer notre temps à faire des plans", constatait dépité Frédéric Vasseur, chef de l'écurie Alfa Romeo, mardi, alors que le premier GP de l'année n'aura pas lieu avant début juin en Azerbaïdjan, au mieux.

Cela ne donne pas nécessairement plus de temps aux ingénieurs pour travailler sur les futurs bolides puisque la "trêve estivale", normalement prévue pour août, a été avancée à mars/avril pour libérer le calendrier, faire des économies et assurer l'équité sportive, alors que des mesures de confinement empêchent certains d'aller à l'usine.

La Fédération internationale de l'automobile (FIA), architecte de ce nouveau règlement élaboré en collaboration avec les dix écuries du plateau et le promoteur de la F1, s'est rendue à l'évidence jeudi et a repoussé l'échéance d'un an. Les châssis de cette année seront donc encore utilisés en 2021.

La raison en est essentiellement financière. Confrontées à une diminution du nombre de Grands Prix cette année, les écuries, surtout les moins dotées, auraient eu de la peine à financer les investissements nécessaires à la construction de nouvelles F1. Pour encore davantage soulager cette pression, la FIA a indiqué qu'elle étudiait également le "gel potentiel de certains éléments" utilisés cette année.

Selon des sources proches des discussions, la nature exacte des éléments qui seraient gelés doit encore être déterminée, toutes les écuries --qui ont voté à l'unanimité le report des nouvelles règles-- n'étant pas d'accord. Des groupes de travail ont été constitués pour trouver des solutions.

Le passage à des roues plus grandes avec des pneus plus fins, qui était également prévu, serait lui également reporté.

- Niveler les écarts -

En revanche, le deuxième volet du "Big Bang", à savoir le plafonnement des coûts de fonctionnement d'une écurie de F1, est lui maintenu.

Il limite à 175 millions de dollars (160 millions d'euros environ) le budget annuel, au lieu des quelque 500 millions de dollars (450 M EUR) qu'avoisinent les plus grosses équipes comme Ferrari et Mercedes.

Renault, mais aussi les "petites" écuries comme Haas, Williams et AlphaTauri, y tiennent particulièrement. C'est pour elles le moyen de niveler les écarts actuels et d'espérer se rapprocher du peloton de tête actuellement composé de Mercedes, Ferrari et Red Bull-Honda.

Il sera appliqué dès 2021 comme prévu, puis de manière encore plus rigoureuse en 2022, la FIA ayant indiqué jeudi étudier avec les équipes "d'autres moyens de réduire les coûts de manière significative".

Le report des nouvelles règles intervient aussi au moment où le marché des transferts des pilotes est en pleine expectative.

Lewis Hamilton, le sextuple champion du monde et tenant du titre, arrive en fin de contrat chez Mercedes, tout comme le quadruple champion allemand Sebastian Vettel chez Ferrari.

Le Britannique a souvent décrit comme un nouveau défi l'arrivée des nouvelles monoplaces, soulignant qu'il voulait être un "pionnier" de cette nouvelle ère. La conquête d'un septième titre cette année ferait de lui à 35 ans l'égal de Michael Schumacher mais la perspective de conduire encore en 2021 les mêmes monoplaces pourrait l'amener à réfléchir sur la suite de sa carrière.

Vettel, de son côté, a souvent critiqué les voitures actuelles et qualifié la domination actuelle de Mercedes --qui risque désormais de se prolonger en 2021-- d'"ennuyeuse".

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.