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Coronavirus: premier week-end à la maison, l'armée à la rescousse

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Paris (AFP)

Malgré le printemps et le week-end, les Français sont appelés à respecter scrupuleusement le confinement instauré contre le coronavirus alors que l'armée doit soulager samedi le Grand Est avec un nouveau transfert aérien de patients

Un avion militaire médicalisé a décollé d'Istres (Bouches-du-Rhône) samedi matin vers Mulhouse, où il embarquera des patients atteints du nouveau coronavirus à destination de l'Aquitaine.

Il s'agit du second A330 Phénix de l'armée de l'air utilisé en quelques jours pour évacuer vers d'autres régions des malades d'Alsace, région particulièrement touchée par l'épidémie.

A Mulhouse, où l'hôpital est totalement saturé par un afflux croissant de malades, un hôpital militaire est en cours de déploiement, ont constaté des journalistes de l'AFP.

La marine nationale va également évacuer ce week-end des patients de Corse vers le continent.

Les autorités françaises insistent plus que jamais sur la nécessité de bien respecter le confinement imposé depuis mardi pour freiner une épidémie de coronavirus qui a déjà tué 450 personnes dans le pays, le jugeant insuffisamment respecté.

- "Ne partez pas" -

"Ne partez pas en week-end", a insisté vendredi le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon. "Vous risquez de transporter sans le savoir le virus des grandes villes vers les campagnes" ou d'arriver "dans une zone où il n'y a pas forcément d'infrastructures sanitaires" adaptées.

Les restrictions seront appliquées "de façon plus stricte encore", a prévenu le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, avec des contrôles dans les gares (seulement 15% des trains grandes lignes circulent) et les aéroports. Des amendes forfaitaires de 135 euros seront dressées en cas de "violation des interdictions de se déplacer hors de son domicile".

Des personnes déjà verbalisées pour sorties non justifiées ont été placées en garde à vue pour "mise en danger de la vie d'autrui".

Les fermetures de lieux emblématiques se sont multipliées, des quais de Seine à Paris à la promenade des Anglais à Nice, où un couvre-feu sera imposé dans les tout prochains jours, selon l'entourage du maire.

- Prolongation probable -

La prolongation du confinement, décrété jusqu'à fin mars, "n'a pas été actée", selon Christophe Castaner. Mais tout laisse penser qu'elle le sera, comme en Italie, qui enregistre le plus de décès au monde (plus de 4.000, devant la Chine).

"La crise va s’intensifier au cours de la semaine qui vient et le nombre de cas graves et de morts augmentera", a martelé Jean-François Delfraissy, le président du conseil scientifique sur le Covid-19, samedi dans Le Monde.

"Notre message majeur est que le confinement, dans l’état actuel des ressources, est la seule façon de casser la courbe de l’épidémie et d’éviter que le système de soins explose en vol. Ce n’est pas la meilleure des solutions mais c’est la moins mauvaise", selon ce spécialiste.

Le confinement pourra cesser "quand le virus ne circulera plus", a jugé Olivier Véran, le ministre de la Santé, estimant le nombre de malades en France à 20.000. La majorité d'entre eux ne sont pas testés, donc pas détectés.

L'épidémie a causé à ce jour la mort de 450 patients (78 supplémentaires vendredi) et entraîné l'hospitalisation de 5.226 malades, dont près de 1.300 en réanimation, selon le ministère de la Santé. Près de 1.600 patients ont quitté les hôpitaux, guéris.

"La moitié des patients en réanimation ont moins de 60 ans", a rappelé Jérôme Salomon, qui a prévenu, en écho à l'Organisation mondiale de la santé, que l'épidémie touche aussi des "adultes jeunes".

Le ministère a reçu le renfort du médecin réanimateur Antoine Tesniere, nommé samedi "conseiller en charge du Covid-19".

- Perte d'odorat -

Les sept régions les plus touchées sont le Grand Est, la Corse, l'Ile-de-France, les Hauts-de-France, la Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône Alpes et désormais la Nouvelle-Aquitaine.

"Face à l'urgence et à l'ampleur de l'épidémie", notamment en Ile-de-France, les hôpitaux de Paris (AP-HP) lancent un appel pressant aux "professionnels médicaux et paramédicaux disponibles dans les semaines à venir pour renforcer les équipes de ses 39 hôpitaux."

Concernant les symptômes de la maladie, les autorités signalent "une recrudescence des cas d'anosmie". Il s'agit d'une "disparition brutale de l'odorat sans obstruction nasale et qui peut survenir de façon isolée", qui nécessite d'appeler son médecin traitant pour éviter toute automédication.

Sur le sujet sensible des masques, alloués en priorité aux soignants mais que de nombreuses professions au contact du public réclament, le gouvernement a reconnu des "difficultés logistiques".

- Applaudis aux fenêtres -

De nombreux médecins et un collectif de personnalités, dont l'épidémiologiste Catherine Hill, appellent le gouvernement à "organiser la production de masques" et à "tester et isoler les personnes contaminées".

Le Parlement a adopté définitivement vendredi le volet financier des mesures d'urgence face au coronavirus, mais les débats se sont éternisés à l'Assemblée sur l'autre texte permettant d'instaurer un état d'urgence sanitaire, repoussant son adoption au week-end.

Combiné au projet de loi d'urgence voté en première lecture au Sénat et qui sera examiné samedi par l'Assemblée nationale, le texte prévoit 45 milliards d'euros pour aider les entreprises en difficulté et financer le chômage partiel des salariés.

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