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Landes: les infirmiers libéraux comme des soldats "en sabots de bois"

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Mont-de-Marsan (AFP)

"On parle beaucoup du manque de masques, mais nous manquons de tout le matériel de protection: masques, gants, blouse de surprotection, produit désinfectant, matériel pour protéger nos véhicules… ", dit Laetitia Brouste, infirmière libérale qui se compare, avec ses camarades des Landes, "aux soldats qui partaient en 1914 avec des sabots de bois".

Comme eux, "les infirmières qui vont devoir intervenir chez des patients atteints par le nouveau coronavirus vont se retrouver en première ligne avec le même manque désarmant de moyens", se désole cette présidente départementale du Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux.

L'épidémie de Covid-19 n’a pas encore explosé dans le département. 20 cas étaient recensés dimanche soir par l'Agence Régionale de Santé.

Mais comme partout ailleurs, ces soignants, qui passent leurs journées en visite, craignent de devenir un vecteur de transmission du virus et de contaminer leurs patients ou leur famille, faute d’être équipés.

Pour Marlène Sorin, c'est la débrouille. Cette maman de deux enfants, qui rencontre environ une vingtaine de patients chaque jour, multiplie les procédures pour limiter les risques de contamination.

"J’utilise un masque chirurgical que je garde sur le visage toute la journée, durant ma tournée", détaille-t-elle, "je me lave les mains très souvent, je désinfecte régulièrement le volant, le levier de vitesse, la clé et les poignées de ma voiture avec des lingettes".

Puis "lorsque j’arrive chez moi le soir, je redésinfecte mon véhicule, je me lave les mains, je me déshabille dans mon garage et je mets aussitôt les vêtements dans le lave-linge pour ne pas entrer dans la maison avec les vêtements que j’ai portés durant la journée. Et je file aussitôt à la douche", ajoute-t-elle.

- "En première ligne" -

Même scénario pour Anna Roque, dont les deux enfants ont 4 ans et 20 mois. "Je me mets à poil sur la terrasse quand je rentre chez moi et je fais une machine tous les jours de mes affaires", raconte-t-elle.

Dans les Landes, les infirmiers libéraux viennent de recevoir des masques distribués par les pharmacies. "Nous en avons reçu dix-huit par personne, ce qui est très loin d’être suffisant", déplore Laetitia Brouste, "d’autant qu’il ne s’agit que de simples masques chirurgicaux et pas de masques FFP2 ou FFP3".

Alors, chacun essaye de récupérer, là où ils le peuvent, du matériel qui servira de protection.

"Il y a par exemple de nombreuses usines agroalimentaires qui pourraient nous fournir des surblouses de protection", dit-elle en prévoyant un appel aux dons.

D’autres secteurs ont déjà prêté main forte, comme des concessionnaires automobiles de l’agglomération de Mont-de-Marsan. Ils ont donné des rouleaux de housses en plastique pour protéger les sièges de voiture.

Dans le département, une équipe de dix infirmiers et infirmières volontaires ont déjà donné leur accord pour intervenir auprès des patients atteints par le virus. Pour le moment, ils n'en ont pas.

"On va se retrouver en première ligne avec un manque cruel de moyens", répète Mme Brouste, "alors que le président de la République a répété que le pays était en guerre, nous demandons que les premiers combattants soient armés correctement".

Leur syndicat national a déjà fait savoir qu'ils voulaient, a minima, ne souffrir d’aucune rupture d’approvisionnement en masques et en solution hydroalcoolique, "si tel n’était pas le cas, nous recommanderons aux infirmières et infirmiers libéraux de ne prendre en charge aucun malade du Covid 19", indique leur site internet.

Marlène Sorin insiste : "Je fais tout ce que je peux pour me protéger au mieux, protéger mes patients, protéger ma famille. Mais malgré toutes ces précautions, je me vois comme dangereuse".

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