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Le coronavirus continue à terrasser les marchés boursiers

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Paris (AFP)

La défiance restait le maître mot lundi sur les marchés avec de sévères reculs boursiers tant en Asie qu'en Europe, liés aux inquiétudes sur les négociations en cours aux Etats-Unis pour un plan de relance géant, ainsi qu'à une cascade d'avertissements sur résultats.

A Hong Kong, l'indice Hang Seng a reculé de 4,4% alors que Sydney chutait de 5,6% et Wellington de 7,6%, sur fond d'annonce de confinement général en Nouvelle-Zélande.

Ailleurs sur le continent, Singapour était également en chute de 7,5% alors que Séoul perdait 5,5%.

L'indice composite de Shanghai a terminé en baisse de 3,11% alors que Shenzhen reculait de 4,26%.

Tokyo a toutefois fait exception, tirant son salut de l'affaiblissement du yen et du décollage de SoftBank Group, porté par un plan XXL de cessions d'actifs et de rachats d'actions.

En Europe le rouge dominait à l'ouverture, effaçant le petite éclaircie de fin de semaine dernière. Paris a perdu 4,44%, Francfort 4,40% et Londres 4,79%.

L'échec dimanche au Congrès américain d'un projet de loi visant à mobiliser jusqu'à près de 2.000 milliards de dollars en soutien à l'économie pesait lourdement.

Malgré d'intenses négociations, la Maison Blanche, les républicains et les démocrates du Congrès n'ont pas su s'accorder dimanche pour parvenir à un premier vote.

Les cours du pétrole ont également chuté après cette nouvelle. Le baril de Brent a perdu encore 2,2%, à 26,38 dollars, alors que le WTI prenait 1,4% à 22,95 dollars à 06H30 GMT, signe de la volatilité sur le marché, entre pandémie et guerre des prix entre les principaux pays producteurs.

Le marché de la dette se stabilisait pour sa part avec des mouvements limités tant en Europe qu'aux États-Unis.

"Ces baisses rapides et sans précédents illustrent à quelle vitesses nous sommes passés d'une légère crainte sur la santé publique à une récession mondiale", commente Stephen Innes, analyste pour AxiCorps.

"Alors que les marchés européens tentaient de se stabiliser", ils sont de nouveau "sous forte pression à l'ouverture en raison de la baisse de Wall Street vendredi soir" et des désaccords persistants entre démocrates et républicains sur le contenu du plan de soutien, a souligné Tangi Le Liboux, un stratégiste du courtier Aurel BGC.

"Nous pouvons toutefois supposer que les deux camps vont parvenir à régler leur différend, mais la progression de la pandémie force les investisseurs et les analystes à réviser continuellement à la hausse son coût déjà exorbitant".

La série d'avertissements sur résultats ou de mesures d'économies drastiques, comme à Paris pour TF1, Saint-Gobain, Airbus, Total, Kering, en témoignait lundi matin.

Le transporteur aérien Singapour Airlines a également annoncé garder au sol la majorité de sa flotte jusque fin avril, ajoutant faire face au plus grand défi de son existence.

"Toute estimation chiffrée reste un exercice à la précision hautement aléatoire à ce stade" et "certaines statistiques économiques attendues dès cette semaine, comme les inscriptions hebdomadaires au chômage (jeudi aux Etats-Unis), pourraient illustrer de manière concrète l'impact énorme de l'épidémie", a noté M. Le Liboux.

Selon lui, "nous continuons de penser que les marchés n'ont sans doute pas fait leur point bas, mais nous sommes incapables de dire si la baisse va se poursuivre cette semaine ou si les marchés vont parvenir à se stabiliser au moins temporairement après l'annonce des plans de soutien massifs annoncés par les gouvernements et les Banques Centrales. Jusqu'à présent, la propagation de la pandémie n'a pas permis aux marchés de reprendre leur respiration".

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